Les femmes du Périgord (retour sur l'info)
Paru dans L'Essor Sarladais en septembre 2011
Une exposition sur les femmes du Périgord
Vingt-cinq sont mises en avant aux Archives départementales à Périgueux
Jusqu’au jeudi 15 septembre, il est possible de visiter l’exposition réalisée par Victoria Man-Estier, aux archives départementales de la Dordogne à Périgueux (9 rue Littré). Consacrée aux Femmes du Périgord et commandée par le conseil général, elle a été conçue par Victoria Man-Estier. Cette journaliste, mariée à Claude Estier, écrit et œuvre depuis trente ans pour la cause des femmes*. Elle habite dans le XVIIIe arrondissement de Paris, mais séjourne depuis une trentaine d’années dans le Périgord Noir, d’abord à Vitrac puis, depuis quelque temps, sur la commune de Coux-et-Bigaroque. Elle y viendra encore plus maintenant, puisque sa fille, Elena, est la nouvelle conservatrice chargée des grottes ornées au Centre national de préhistoire de Périgueux.
C’est en 2010, au pied du Sacré-Cœur, qu’a germée l’idée de cette exposition. L’an passé, on a fêté le centenaire de la Journée de la Femme. A cette occasion, Victoria Man-Estier a réalisé pour la mairie de XVIIIe arrondissement de la capitale une exposition sur 18 femmes qui ont fait l’histoire de ce quartier : on y retrouve, entre autres, Louise Michel et, déjà, Joséphine Baker. “ Lors de l’édition 2010 du Périgord à Montmartre, c’est en discutant avec le président Bernard Cazeau que m’est venue l’idée d’une exposition sur le même thème, mais à propos de la Dordogne. ” Les élus périgordins acceptent cette proposition, et Victoria Man-Estier se met au travail. Elle se documente, rencontre les familles ou les dépositaires de la mémoire, dont beaucoup sont toujours dans le département... Vingt-cinq figures émergent, de la religieuse, à la prophétesse en passant par la peintre ou la résistante. Elle écrit les textes, recherche des images pour illustrer et met parfois la main à la pate en dessinant elle-même.
Une plaquette. In fine, les quatre couleurs du Périgord sont là : et le Noir est le plus représenté, avec neuf femmes mises en avant. Parmi elles, Les Petites Vénus, des statuettes préhistoriques “ superbes et émouvantes ”, ou madame Pataud, jeune femme de 16 ans découverte aux Eyzies, qui remonte à 27 000 ans. “ C’est la plus ancienne de nos Périgordines, il y a de grandes chances qu’elle soit morte en couche. ”
Plus près de nous, il y a l’incontournable Joséphine Baker, la journaliste de Laroque-Gageac Jacqueline Bérard-Quélin, “ fondatrice du Siècle**, avec son mari ”, Marie de Hautefort ou Denis de Sonneville-Bordes, une préhistorienne. A chaque fois, c’est une rencontre passionnante avec une femme dans son époque.
Pour ceux qui ne pourront pas se rendre avant le 15 septembre aux Archives, rien n’est perdu. Les panneaux devraient en effet vadrouiller dans les différentes communes d’où sont originaires les femmes mises en avant. Saint-Cyprien, Castelnaud, entre autres, sont donc en programme, à une date indéterminée. En plus, Victoria Man-Estier se bat pour que le conseil général réalise une plaquette à partir de l’exposition. Une occasion de plus pour mettre en avant les femmes : “ Les acquis des femmes sont récents, et cela reste un long combat. Beaucoup de jeunes filles d’aujourd’hui ne le savent pas. ”
G. Boyer
* Sur le thème de la femme de Paris, à lire Le Paris des femmes célèbres, que Victoria Man-Estier a rédigé avec Sybil Canac, Gilles Targat réalisant les photos. 14,90 m TTC. 256 pages. éditions du chêne.
** Un cercle parisien où se réunissent les plus grands dirigeants politiques et économiques français, ainsi que certains journalistes.
Découverte de la Vallée de la Dordogne (vidéo CDT)
Une vidéo datant de fin 2013 intitulée "Dordogne Périgord : Découverte de la Vallée de la Dordogne" par le Comité Départemental du Tourisme de la Dordogne.
Retour sur l'info : vrai désaccord autour des fosses septiques
Article paru en août 2011 dans L'Essor Sarladais
Canton de Carlux : la redevance de la discorde
Michel Cuvillon dénonce les choix politiques de l’intercommunalité
“ Il faut dire la vérité aux citoyens. Ne pas les prendre pour des andouilles. ” Et puisque les élus et les délégués communautaires ne veulent pas le faire, il la dira la vérité, Michel Cuvillon ! “ Je maîtrise parfaitement la chose publique ”, annonce tout de go celui qui présente un CV d’ancien élu local, ancré à gauche, en Pays minier pendant vingt-cinq ans. Venu à l’action citoyenne après Mai 68, l’actuel habitant de Calviac est un passionné de la vie politique. Depuis son arrivée en Carluxais en 1997, il a continué d’observer ce qui se passait. Jusqu’au jour où la marmite a débordé, le lançant de nouveau dans l’action.
“ Je suis à la recherche de rien du tout ”, précise celui qui avoue ne pas se retrouver du tout dans le PS actuel. N’empêche qu’en envoyant régulièrement son Poil à gratter gratuit (PAGG) depuis un an et demi à 1 300 foyers du canton de Carlux, il va finir par être très connu. Plus, peut-être, que les “ pignoufs ” dont il soumet les actes à la critique acerbe de sa plume.
Fosses septiques.
Tout a commencé à Calviac. Le premier numéro du PAGG évoque un projet de boulangerie installée dans un local appartenant à la mairie. L’intérêt de la collectivité est bafoué, selon Michel Cuvillon. Les élus ne veulent rien entendre. “ Coup de bol, un problème financier a fait déraper le projet ”, annonce l’ancien professeur d’histoire-géo.
Mais déjà le Spanc pointe son nez. Service public de l’assainissement non collectif, il est l’objet principal des foudres du rédacteur du PAGG. “ La communauté de communes du Carluxais-Terre de Fénelon (3CTF) a créé un emploi pour le Spanc. Mais comment allait-on le financer ? Ces cornichons ont décidé de faire payer la redevance d’avance. C’est illégal ”, dénonce-t-il. Il décrit ses appels répétés à la raison auprès de la 3CTF depuis des mois. “ C’est la surdité complète ”, dit-il. L’ancien prof cite force références au droit expliquant le pourquoi du comment des erreurs de gestion accomplies par l’institution. “ Quelqu’un d’abusé a le droit de résister. Une redevance ce n’est pas une taxe ! La taxe c’est le fait du roi. Au contraire, la redevance sanctionne un service rendu précédemment.
” Résultat, il a déposé fin juillet un recours devant le tribunal administratif de Bordeaux pour faire annuler des délibérations* liées au Spanc. La réponse de la 3CTF est attendue “ dans les deux mois ”. Et d’affirmer que si le juge lui donne raison, “ les responsables du Spanc devront démissionner, car il y a bien des limites à l’irresponsabilité et à l’incompétence ”.
Incompétence. Le mot est lâché. “ Les collectivités territoriales ont un déficit de licenciés en droit ”, selon Michel Cuvillon. Le Sarladais, comme le reste du pays, perd à cet amoncellement de petites commu-nes et communautés de communes, aux moyens limités. “ Les gens compétents n’ont pas la parole. ” Les lois de décentralisation, votées au début des années 80, ont donné trop de pouvoirs à des gens non préparés. “ Comment voulez-vous que le maire d’une commune de 200 âmes, qui n’a pas l’expérience de la gestion d’une collectivité de 5 000 habitants, s’y retrouve, le jour où il est propulsé à la tête d’une telle structure ? ”, lance-t-il dans une référence à peine voilée à Vincent Flaquière, maire de Simeyrols et président de la 3CTF (lire ci contre).
“ Parce qu’on ne nous écoutait pas, nous avons monté une association de défense locale fin 2010. Nous sommes 70 adhérents ”, informe celui qui en est le président et qui assume seul la rédaction, l’impression et l’envoi du PAGG, quelques amis lui donnant tout de même toners d’imprimante et feuilles A4 de temps à autre.
Michel Cuvillon continuera de dénoncer : la construction “ d’un WC pour touristes à 130 000 euros ”, le centre aéré cantonal de Carsac à 100 000 euros par an... Il met ces sommes en parallèle de sombres réalités : par exemple il y a 329 demandeurs d’emploi (sur 5 200 habitants) dans le canton. “ Ici, la seule réponse, c’est le tourisme. Les jeunes sont obligés de partir pour trouver un travail. Les élus doivent être au service de la population d’ici et pas de celle d’ailleurs ! ”
Michel Cuvillon soutient l’idée d’une grande intercommunalité, le bassin de vie de Sarlat, qui serait selon lui à même de mener une politique locale ambitieuse, pour répondre aux besoins de la population locale, en terme d’emplois notamment. Loin des querelles de clocher communales et cantonales.
Guillem Boyer
* Délibérations votées par le conseil communautaire de la 3CTF en avril et juin.
“ Il ne propose jamais de solutions ! ”
Vincent Flaquière défend les actions de la communauté de communes
Le président de la communauté de communes (CC) du Carluxais-Terre de Fénelon (3CTF), Vincent Flaquière, a rencontré pour la première fois Michel Cuvillon début 2010. “ Nous avons eu deux heures d’une discussion qui fut parfois virile. Je lui ai proposé de faire des suggestions aux élus. Quelques jours après, il envoyait aux habitants son premier numéro du Poil à gratter, dans lequel il m’attaquait. ” Cela n’a pas plu au professeur des écoles à la retraite, maire de Simeyrols depuis 2001. Il faillit porter plainte... Depuis, il ne veut plus avoir de relations avec celui qu’il considère comme “ un malade. Il a la nostalgie de son passé d’élu. Mais il ne propose jamais de solutions ! ”
Sur le paiement anticipé de la redevance du Service public d’assainissement non collectif (Spanc), Vincent Flaquière s’explique.“ Un technicien de la 3CTF a en charge les contrôles des installations. Nous avons commencé par envoyer des factures après les contrôles, mais nous avions beaucoup d’impayés. Cela nous a conduit à opter pour un fractionnement anticipé de la redevance. C’est la solution qui nous apparaît la plus cohérente. ” Et il ajoute : “ Il n’y a pas une communauté de communes de la région ayant un Spanc en gestion qui n’utilise le paiement anticipé de la redevance. Michel Cuvillon va-t-il toutes les attaquer ? ” Vincent Flaquière souligne aussi que le projet de Spanc de la 3CTF a été accepté par la préfecture.
Emploi. Face au recours déposé par Michel Cuvillon au tribunal administratif, le président de la 3CTF ne se défile pas : “ Nous allons rédiger un mémoire présentant le fonctionnement de notre Spanc. Et si le tribunal annule finalement les délibérations que nous avons prises, les conséquences seront peut-être étonnantes. Que ferons-nous à la place ? ” En ce qui concerne le projet de halte nautique à Saint-Julien-de-Lampon, ce que Michel Cuvillon appelle le WC à 130 000 euros, “ l’Etat nous avait demandé depuis plusieurs années de le mettre en place. Le projet coûtera 110 000 euros et sera subventionné à 78 %. ”
Vincent Flaquière se sent aussi investi d’une mission en terme d’emploi. Il rejette les accusations du président de l’association de défense locale qui affirme que les élus “ bricolent ”. “ Notre économie locale, c’est principalement le tourisme, car l’agriculture a presque disparu. Il faut soutenir ce secteur. ”
Le rédacteur du Poil à gratter propose que les communes du canton rejoignent le bassin de vie de Sarlat. Mais le maire de Simeyrols affirme que de nombreux élus locaux sont réticents à aller avec la CC de Sarlat-Périgord Noir, notamment pour des questions financières. “ Le projet de piscine couverte va plomber les finances ”, prévoit-il. La 3CTF fusionnera en 2013 avec la communauté de communes du Salignacois.< Evidemment, c’est une erreur... selon Michel Cuvillon.
Guillem Boyer
La communauté de communes du Carluxais Terre de Fénelon
Créée en 2000, elle a fusionné en 2003 avec la communauté de communes Pays de Fénelon. Elle a accueilli au 1er janvier 2011 la commune de Carsac-Aillac. Elle compte 5 341 habitants, répartis dans 11 communes, et regroupe toutes celles du canton de Carlux.
Retour sur le mouvement contre la loi Travail en Dordogne
Une brochure qui revient sur le mouvement contre la loi Travail en France mais plus particulièrement en Dordogne.
Elle sera prochainement en vente en version papier et PDF. Me contacter pour tout renseignement ou pour en réserver un exemplaire.
Sommaire
1) Début 2016, page 3.
2) Le mouvement jours après jours, page 5.
3) Conclusion, page 44.
4) Le chômage et la loi Travail, page 51.
5) L'économie de la Dordogne, page 54.
Retour sur l'info (juillet 2011) : au tribunal de Sarlat, les tutelles
Article paru en juillet 2011 dans L'Essor Sarladais
Protection des majeurs, tutelles... Une partie du quotidien du tribunal de Sarlat
Le service de protection des majeurs fait partie des missions du tribunal d’instance de Sarlat. C’est la magistrate Séverine Sibé qui remplit le rôle de juge des tutelles. Avec l’équipe de greffières, elle traite les demandes de sauvegarde de justice, de curatelle et de tutelle qui émanent des cantons de Sarlat, Carlux, Villefranche-du-Périgord, Domme, Saint-Cyprien, Salignac, Le Bugue et Belvès.
Le service a en charge environ 1 000 dossiers. Une trentaine sont en instruction et attendent une décision. “ Au mois de mai 2011, nous avons eu 22 demandes de mesure de protection. C’est beaucoup. Et le nombre de dossiers déposés augmente chaque année ”, décrivent les greffières.
Personnes âgées dépendantes, jeunes majeurs handicapés qui n’ont pas la capacité de gérer leur argent, victimes d’AVC, alcooliques, toxicomanes, individus atteints de dépression ou de maladie mentale : tous ces profils, et bien d’autres, peuvent être placés sous mesure de protection. “ Il faut écouter les personnes dans leurs difficultés au quotidien et croire, plus fort qu’elles, qu’elles peuvent s’en sortir. ” Séverine Sibé aime parler de cette fonction si particulière de juge des tutelles. Chaque cas est différent. “ Il y a des rencontres incroyables, on pourrait écrire une nouvelle à chaque fois. ” Toute la difficulté est de prendre la meilleure décision, celle qui garantit un retour le plus rapide possible à l’autonomie. “ Notamment pour les jeunes, nous ne voulons pas les garder trop longtemps sous mesure de protection. ”
800 dossiers à réviser.
Accompagnement avant tout : c’est le credo de la juge qui œuvre depuis trois ans à Sarlat. Les majeurs protégés ont toujours la possibilité d’être reçus, d’écrire à la juge. “ Je suis à leur disposition. Je réponds à tous les courriers ”, affirme Séverine Sibé. Pour connaître au mieux leur situation réelle, elle arpente régulièrement les lieux où ils vivent (maisons de retraite, foyers de vie, établissements pour personnes handicapées). L’occasion aussi d’animer une mission collective qui ne peut fonctionner correctement qu’avec la collaboration efficace des mandataires judiciaires, des médecins, des notaires.
Le service des tutelles ne manque pas de travail. “ La réforme de 2007 a pour but de remettre la personne protégée au centre. C’est louable ”, estime la greffière Anne-Marie Le Junter. Encore faut-il des moyens pour revoir tous les dossiers. Car sinon, le risque est de procéder aux auditions à la va-vite. “ Il nous faudrait trois fois plus de temps et de personnels ”, affirment les greffières. Toutes les mesures prises avant 2007 doivent être revues avant 2013. Il reste encore 350 dossiers à réviser sur les 800 de départ. “ L’arrivée d’un demi-poste de greffier supplémentaire, après la fermeture du tribunal de Gourdon, nous a été profitable ”, constate Séverine Sibé.
Les tutelles ont parfois mauvaise presse : “ C’est parce que les reportages ne montrent que ce qui ne marche pas, considère Anne-Marie Le Junter. Les gens craignent de venir au tribunal. Ils imaginent que c’est un lieu uniquement répressif. ” Alors que c’est tout le contraire, selon Séverine Sibé, qui insiste sur la notion de service public que rend la justice dans ce cas. Une mesure de protection peut créer des frustrations, de la souffrance. Mais le but est de redonner une autonomie aux personnes, de les relancer, pas de les garder indéfiniment. “ Je leur dis d’être présents dans la ville, d’aller au cinéma, d’être des citoyens. ” Transformer un malheur en une chance de rebondir, quand cela est possible.
Guillem Boyer
Les étapes
La procédure de protection d’un majeur passe par certaines étapes, que Séverine Sibé décrit ici.
1. Recevoir la requête de la part des familles, des aidants ou de la personne elle-même.
2. Ouvrir le dossier. “ Nous nous assurons que toutes les branches de la famille sont informées de l’ouverture d’une demande de protection. Car, parfois, il y a des conflits familiaux... ”
3. Convocation des personnes pour l’audition. “ Si le majeur ne peut pas se rendre à l’audition, nous pouvons rendre une ordonnance de non-audition. Nous auditionnons aussi toutes les personnes souhaitant être entendues. Lors de l’entretien, il faut déterminer l’opportunité de l’ouverture d’une mesure de protection, la nature de la mesure à mettre en place et qui l’exercera. Nous donnons toujours la priorité à la famille. ” La magistrate précise aussi : “ Nous sommes formés à identifier les dangers de prédation, de maltraitance, de détresse et d’isolement social ”.
4. Envoi du dossier au procureur, pour avis. “ Le vice-procureur chargé du service civil au tribunal de Bergerac est Charles Charollois. Il représente l’intérêt général et doit, à ce titre, être informé de la procédure. Il nous renvoie un avis. Presque tout le temps il y a accord. ”
5. Ouverture de la mesure. “ Nous avons alors un important travail de greffe à accomplir. Nous notifions la décision au majeur protégé, à la personne chargée de la mesure, ainsi qu’au requérant. ”
Ensuite vient le temps du contrôle de la gestion du mandataire judiciaire. Les mesures sont à durée déterminée.
La décision du juge peut aussi faire l’objet d’un recours devant la cour d’appel de Bordeaux.
Le mandataire judiciaire
“ Les mandataires judiciaires (MJ) ne sont pas des gestionnaires de patrimoine, tient à rappeler Séverine Sibé. L’intérêt des mesures de protection réside dans l’accompagnement social qui doit être accompli. Les mandataires doivent être proches des majeurs protégés, faire naître des désirs, les aider dans leur orientation. ” Aider la personne à dépasser sa vulnérabilité : voilà l’objectif fixé par la juge au MJ.
Des obligations pèsent sur la personne désignée, explique la juge des tutelles. “ Le MJ peut être familial, associatif ou individuel. Il doit dresser dans les trois mois l’inventaire du patrimoine du majeur. Il a de lourdes responsabilités puisqu’il a qualité pour percevoir et affecter les ressources. ” Chaque année, il dépose un bilan de la gestion, qui est contrôlé par le greffe.
“ Une des nouveautés de la réforme de 2007 est la notion de laissé à libre disposition ”, décrit Séverine Sibé. Après avoir effectué toutes les dépenses, il peut rester de l’argent que le majeur protégé peut utiliser comme bon lui semble. “ Mais quand la personne perçoit les minima sociaux, il n’y a pas de laissé à disposition... ”, confie la juge.
GB
L’Union départementale des affaires familiales, l’Association des mandataires judiciaires, le Safed et la MSA Tutelles sont des structures habilitées à être mandataires judiciaires auprès des majeurs protégés en Sarladais. Chaque mandataire judiciaire peut avoir entre 40 et 75 dossiers à sa charge.
Le certificat
Pour le tribunal d’instance de Sarlat, 21 médecins sont habilités par le parquet de Bergerac à délivrer le certificat qui servira à la requête saisissant le juge des tutelles. Ils ne sont pas forcément psychiatres.
Le certificat vient attester de la vulnérabilité, de l’altération physique ou mentale de la personne pour laquelle une requête est en cours. Il coûte 160 euros.
L'information devient davantage « a work in progress »
La logique de l'information en ligne est de lancer une info à l'état brut (parfois même approximatif), puis de la corriger, de la modifier ou de l'enrichir sans cesse, chaque heure, chaque instant... L'information devient davantage « a work in progress », une matière qui se développe, une sorte de conversation, un processus dynamique de recherche de la vérité, plutôt qu'un produit fini.
L'explosion du journalisme, Ignacio Ramonet, éditions Galilée, 2011. p.13
"Il faut changer l'ADN des journalistes"
La pratique journalistique elle-même – atteinte d'une crise systémique – est à reconstruire et à réinventer. « L'ADN de l'info a changé, il faut changer l'ADN des journalistes », affirme un expert en nouveaux médias ; et pas seulement le code génétique de la presse écrite...
L'explosion du journalisme, Ignacio Ramonet, éditions Galilée, 2011. p.11
Retour sur l'info : la précarité des emplois liés au tourisme
Article paru dans L'Essor Sarladais en juillet 2011
Travail saisonnier : améliorer le dialogue social entre employeurs et salariés
Œuvrer pas à pas pour améliorer la situation des salariés saisonniers mais aussi de leurs employeurs. Et ne pas être catastrophiste. Ainsi pourrait-on résumer la démarche de l’équipe de l’Espace saisonnier de la Maison de l’emploi du Périgord Noir (MDEPN). Alors que la saison bat son plein, Chantal Berthomé ne nie pas les problèmes de salaires, de pénurie de main d’œuvre ou de logement. Mais elle cherche plutôt les voies d’avenir. Un dialogue social toujours plus important, dans un respect mutuel : voici la solution que la MDEPN tente de mettre en œuvre, en lien avec la Direccte Aquitaine* et des syndicats patronaux et de salariés.
Tout ceci entre dans une réflexion plus globale : d’une part, comment aider les salariés à sécuriser leur parcours, à se former, à bâtir leur vie sur le territoire ? D’autre part, comment permettre aux employeurs de disposer d’une main d’œuvre locale opérationnelle ? Le but à terme est ambitieux : que le bassin d’emploi du Périgord Noir devienne un lieu où il fait bon vivre pour les différentes catégories sociales. Un objectif qui ne peut devenir réalité que si élus, acteurs économiques et services de l’état travaillent main dans la main, souligne Chantal Berthomé.
Pour atteindre cet objectif, des outils sont mis en avant par la MDEPN (lire l’encadré). Ils sont une déclinaison locale de dispositifs qui existent dans toutes les régions françaises d’économie saisonnière. “ La spécificité de notre territoire, c’est qu’il a un déficit d’attractivité pour le salarié, notamment à cause des soucis de mobilité et de logement, estime Chantal Berthomé. Une autre particularité, c’est que la saison est longue, car il n’y a pas que le tourisme qui embauche des saisonniers. ” Cet été, cinquante entreprises (de chaque secteur employant des saisonniers) ont été ou vont être démarchées. Un débriefing sera effectué d’ici quelque temps.
Chantal Berthomé croit en la voie du dialogue. Et si, finalement, celui-ci s’avère impossible, elle rappelle que salariés mais aussi employeurs ont toujours la possibilité de se tourner vers l’inspection du travail et les prud’hommes.
GB
La charte et d’autres informations sont disponibles sur le site Web www.mdepn.fr, à la rubrique Espace saisonniers : les Guides. Cet espace contient aussi bon nombre d’informations sur les droits et devoirs des saisonniers et des employeurs.
* Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi.
Charte et fiche horaire
Qu’une relation saine entre les différents partenaires sociaux s’instaure et tout le monde y gagnera, estime Chantal Berthomé. “ Il y a de l’abus des deux côtés. Certains salariés ne se font pas payer leur période d’essai, par méconnaissance et parce que leurs patrons profitent d’eux. Mais il faut aussi évoquer ces employeurs qui se retrouvent le bec dans l’eau en pleine saison, lâchés par un salarié sur lequel ils comptaient ! ”
Les salariés saisonniers font des heures supplémentaires parfois (souvent ?) non ou mal rémunérées ? Leurs horaires ne sont pas respectés ? Autant de conflits potentiels. Face à cela, la MDEPN propose la fiche horaire. Dix mille ont été préparées et sont à la disposition des entreprises du Périgord Noir. Cela doit permettre de “ mieux maîtriser le temps de travail et favoriser le dialogue social ” entre salariés et employeurs. “
Certains ont déjà leur logiciel de gestion des horaires... Mais d’autres non, souvent parmi les petits patrons. Cette fiche pourrait bien leur être utile ”, explique la salariée de la Maison de l’emploi. Tout cela est basé sur le volontariat. D’ores et déjà, un exemplaire de cette fiche est en cours d’envoi à 300 entreprises. Elle est accompagnée d’un courrier soutenant la démarche, signé du président de la MDEPN, Jean-Jacques de Peretti.
Un autre dispositif : la charte de l’emploi saisonnier en Dordogne. Utilisée en HCR et HPA* depuis 2005, elle va être ouverte aux secteurs de l’industrie agroalimentaire, de l’agriculture et du tourisme de services. Elle a été signée par des syndicats patronaux (FDSEA, Umih, conserviers, Semitour) et de salariés (CFDT et CFE-CGC) en mai 2011. Imprimée sur une jaquette au format A4, Chantal Berthomé espère qu’elle sera attentivement lue par les deux parties lors de chaque embauche (lire l’encadré Le contenu de la charte). Et que le salarié glissera à l’intérieur son contrat de travail. Si elle est respectée, cette charte permettra une amélioration progressive, là où c’est nécessaire, des rapports entre patrons et salariés.
Avec cette charte sera aussi remis aux employeurs un Guide de compétences professionnelles. Ce petit livret est destiné aux employés : il servira à les professionnaliser et les incitera à la formation. Traversant les saisons, rempli au fur et à mesure des expériences par les patrons successifs, le guide est vu comme un moyen d’augmenter les compétences du travailleur et donc ses chances d’être recruté de nouveau.
GB
* HCR et HPA : secteurs économiques des Hôtels, café, restaurants (HCR) et de l’Hôtellerie de plein air (HPA).
Le contenu de la charte
Elle a pour vocation :
- d’aider les entreprises à afficher des principes d’éthique et d’organisation en accord avec une idée positive du travail en saison et de l’économie saisonnière ;
- d’aider les travailleurs saisonniers à faire reconnaître leur apport dans l’économie locale et leur place dans la vie de l’entreprise et du territoire.
On peut notamment y lire que l’entreprise s’engage à fournir des informations sur la durée, la nature du contrat [...] ; à répondre par écrit à chaque candidat à un poste [...] ; signer et remettre le contrat de travail lors de la prise de fonction [...] ; susciter l’implication personnelle d’un référent lors de la prise de fonction [...] ; respecter les conditions de travail et de repos, de rémunération et d’hébergement.
Le salarié doit s’engager notamment à informer l’employeur de l’acceptation ou non, dans un délai de quinze jours, de l’offre [...] ; de respecter la parole donnée en ne se désistant pas tardivement et abusivement [...] ; de respecter les dispositions du contrat de travail, les horaires [...] ; de contribuer à la bonne image [...] ; de respecter le logement.
Le saisonnier, cet inconnu
Le travail saisonnier, à travers ses composantes agricoles, touristiques ou agroalimentaires, est une des bases de l’économie du Périgord Noir. Et pourtant, quand on demande à Chantal Berthomé combien il y a de saisonniers qui travaillent dans la région... elle explique qu’il n’y a pas de chiffres disponibles. L’origine des saisonniers (locaux ou migrants) est aussi assez méconnue.
Heureusement, nous devrions bientôt en savoir plus. Chantal Berthomé et une de ses collègues ont réalisé une étude auprès d’une centaine d’employeurs et salariés. De plus, l’Insee se penche aussi sur la question des saisonniers en Périgord Noir. Les résultats de ces deux enquêtes seront dévoilés en septembre.
La Direccte informe
La Direccte d’Aquitaine a édité un petit livret à destination des entreprises. Il s’intitule “ Travail saisonnier en Aquitaine dans les HCR et l’HPA ” et comporte les chapitres suivants : Embauche ; Quel contrat de travail ? ; Le travail illégal est un délit ; Jeunes travailleurs de moins de 18 ans ; La prévention des risques-santé-sécurite ; Le logement ; Affichage et contrôle de la durée du travail ; Durée du travail ; Jours fériés ; Congés payés supplémentaires ; Repos hebdomadaire pour les salariés de plus de 18 ans ; Le travail à temps partiel ; La rémunération ; Prime liée à la baisse de la TVA dans la restauration.
Plus d’informations sur http://aquitaine.travail.gouv.fr
Pressions...
Le contact au jour le jour fait également courir le risque de multiples pressions d'élus, de responsables économiques, associatifs, qui souhaitent que le journal diffuse leurs positions ou qui refusent qu'on parle d'un problème qui les concerne. Il n'est pas facile d'être indépendant lorsqu'on est localier, encore moins d'être critique.
Le journalisme Jean-Marie Charon, Les Essentiels Milan p.31
Retour sur l'info : quand France-Tabac licenciait en 2011
Les salariés ont affiché des banderoles sur les grilles de l’établissement pour exprimer leur mécontentement (Photos GB)
Paru dans L'Essor Sarladais en juillet 2011.
France-Tabac : entre 24 et 50 licenciements
La direction de France-Tabac (FT) a annoncé la semaine dernière un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) à l’usine de Sarlat. Il porte sur 50 emplois, sur les 106 permanents que compte l’unité de première transformation. Plus précisément, il y aura tout d’abord 24 licenciements secs. En plus, 18 personnes vont se voir proposer un reclassement interne (temps partiel de 80 %). Enfin, 8 autres salariés vont recevoir une proposition de déclassement : ils devront accepter un poste moins qualifié, avec un salaire moins élevé. “ Nous allons proposer des départs volontaires. En fonction des réponses, nous verrons ”, explique Eric Tabanou, nouveau directeur de l’usine FT depuis quelques mois. Selon les décisions des salariés, le nombre de licenciements pourrait donc aller de 24 à 50. “ L’objectif est d’arriver à une trentaine ”, annonce le directeur, qui précise que la liste nominative définitive sera connue en août.
Les personnels visés par le plan social recevront un courrier à la fin du mois de juillet. Il s’agira principalement de personnels de la production, mais tous les services devraient être touchés. Une réunion du comité d’entreprise est prévue ce jeudi 30 juin pour peaufiner ce PSE. Quant aux inspecteurs du travail de la Direccte, ils devront dire, le 21 juillet, s’ils entérinent ou non ce plan.
A noter aussi que, depuis août 2010, FT s’est déjà séparé de personnels du siège administratif à Paris. Six personnes ont été ou vont être licenciées, sur un effectif de 14.
La PAC en cause.
Cette saignée dans les effectifs de l’entreprise est la conséquence de la réforme progressive de la Politique agricole commune (PAC), ces dernières années, qui a mis au plus mal la seule usine de première transformation du tabac en France. Ainsi, FT se retrouve avec un déficit de plus de 11 millions d’euros (ME) dans les caisses, au 30 juin.
Créée pour assurer la sécurité alimentaire des Européens, la PAC subventionne les producteurs agricoles qui, sans elle, seraient incapables de tirer un revenu par la simple vente de leurs marchandises. Par exemple, le prix commercial du tabac ne couvre même pas la moitié de son coût de production. Et même avec ces aides, depuis des dizaines d’années, la majorité des producteurs a disparu.
A partir de 2006, l’Union des dix coopératives françaises de tabac (UCAPT) a tout d’abord dû faire face à la première phase de la réforme des aides PAC versées aux quelque 2 200 producteurs français de tabac*. Ensuite, à partir de 2010, les tabaculteurs ont dit adieu à 40 ME supplémentaires**.
Le président de FT, l’Alsacien Rémy Losser, a dû faire des choix : l’an dernier, il a demandé et obtenu des clients de FT*** qu’ils augmentent le prix d’achat du tabac, entre 30 et 35 % selon la variété. Cela a rapporté 16 ME. En faisant, en plus, des efforts au niveau de la filière notamment, l’entreprise a réussi à économiser au total 28 ME. D’où cette demande d’une aide de 12 Mm minimum pour parvenir à compenser les 40 ME d’aides PAC disparus. Le problème, c’est que la crise agricole ne touche pas uniquement les producteurs de tabac.
Et le fromage du budget PAC est trop petit pour tous les convives. Depuis 2008, le ministère de l’Agriculture a eu à prendre en compte des revendications émanant de multiples secteurs agricoles aux revenus en berne : éleveurs bovins, laitiers, céréaliers, et aussi bien sûr tabaculteurs (qui ont manifesté le 3 novembre 2010 à Paris)... Entre autres. L’état a fait ses choix.
En novembre 2010, le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire a pris l’engagement de verser 12 ME par an à l’UCAPT jusqu’en 2013... Mais, après avoir perçu seulement 1,4 ME en 2010, la profession n’a pas encore reçu le moindre centime cette année. Ne voyant rien venir, les tabaculteurs ont réduit les surfaces d’implantation. “ Mais nous constatons un maintien de l’atelier tabac dans les exploitations, souligne Eric Tabanou. Preuve que les producteurs croient dans l’avenir de la filière. Et nous les encourageons dans cette voie ! ” Toutefois, cette réduction de la surface agricole consacrée au tabac a occasionné une baisse du tonnage travaillé à l’usine de Sarlat : 10 000 tonnes seulement devraient être traitées en 2011, contre 13 000 l’an passé, dans une unité qui peut traiter jusqu’à 24 000 t/an.
Les responsables de FT déclarent être en contact constant avec le ministère. Mais celui-ci est passé maître dans l’art de faire attendre. “ On nous a promis les 12 ME... Maintenant, nous n’en sommes plus qu’à 8,3 millions... ”, décrit Eric Tabanou. De plus, cette somme pourrait ne parvenir aux coopératives tabacoles qu’à la fin 2012. Et ce pourrait être non des aides mais des avances à rembourser.
FT a donc été réduit à cette grave décision : face à la baisse de la quantité de tabac traitée à l’usine, avec un déficit de plusieurs millions, elle a décidé de licencier des salariés. Une cellule de reclassement va être mise en place pour les aider dans leur reconversion professionnelle.
Mais la problème n’est pas réglé pour autant. Si aucune solution n’est trouvée, la vie même de l’usine est menacée à court terme. Ce serait alors la fin d’une institution du Sarladais.
Guillem Boyer
* Ils sont répartis sur 55 départements.
** En effet, l’état français a décidé de réallouer certaines aides européennes aux filières agricoles de son choix : c’est permis par l’article 68 du règlement CE de l’Union européenne du 31 janvier 2009.
*** Imperial Tobacco est le premier client de France Tabac avec 70 % de la production achetée.
Le président Rémy Losser est venu rencontrer les salariés de l’usine de Sarlat vendredi 24 juin (2011)
“ Les pouvoirs publics doivent être aussi dignes que les salariés de l’usine ”
“ L’Etat s’engraisse sur le tabac et affame les salariés et producteurs. ” Employé depuis longtemps à France-Tabac, Eric Tabanou est devenu directeur de l’usine il y a quelques mois. Il fait sien le slogan inscrit sur les banderoles accrochées à l’entrée de l’établissement par les travailleurs. Il voit dans ces licenciements la conséquence de la libéralisation de la PAC. “ Le marché doit réguler... Nous voyons ce que cela donne. ”
Le directeur souhaite féliciter le personnel. “ Je leur tire un grand coup de chapeau. Ils ont eu beaucoup de dignité. Ils ont continué de travailler et fait preuve d’un grand professionnalisme. Les pouvoirs publics doivent respecter leurs engagements et aider la filière. Ils doivent être aussi dignes que les salariés, qui sont aussi des électeurs. ”
Le directeur pointe les 8 à 10 000 emplois induits dans la filière. “ D’ores et déjà entre 800 et 1 000 saisonniers vont être touchés dans toute la France. ”
GB
Le secrétaire général UFPT-CGT dénonce la gestion
“ Avec une gestion volontaire, cette issue aurait pu être évitée. ” Le syndicat UFPT-CGT* ne voit pas exactement ce qui se passe de la même manière que la direction. S’il ne nie pas que les causes fondamentales de la situation sont à chercher dans la politique agricole menée par la France et l’Union européenne depuis des années, Eric Comparot, secrétaire général du syndicat, considère qu’il était aussi du rôle des dirigeants de France-Tabac (FT) de développer des voies nouvelles pour la production.
De plus, le syndicat dénonce la manière dont se sont passés les licenciements. Selon la CGT, des problèmes de personnes, au sein de FT, auraient conduit à privilégier le maintien de postes à l’usine de Sarlat au détriment des salariés du siège parisien.
Enfin, le syndicat décrit une atmosphère peu chaleureuse à FT. Entre les agriculteurs et les salariés, ce qu’on pourrait appeler un “ fossé de classe ” existerait. “ Pour le président Losser, qui est agriculteur, les salariés ne servent pas à grand chose. Et ceux de Paris encore moins ”, décrit un membre du syndicat.
GB
*Union fédérale des personnels du tabac, membre de la Fédération agroalimentaire CGT.
Nous n’avons pas réussi à joindre le délégué syndical CGT de l’usine de Sarlat.
L’hypocrisie de la campagne antitabac
Eric Comparot, secrétaire général de la CGT Tabac, rejoint sur ce point le directeur de l’usine de Sarlat, Eric Tabanou. La campagne antitabac menée par les pouvoirs publics depuis des années, si elle peut se comprendre sur le fond, ne devrait pas leur donner le droit d’abandonner la filière.
Le syndicaliste comme le directeur parlent “ d’hypocrisie ”. Dans ce marché, les prix sont fixés par l’Etat. Celui-ci empoche de juteuses recettes fiscales, chaque année, grâce à la vente de tabac (13 milliards d’euros en 2010). Et ce alors que les bénéfices des géants du tabac, Philip Morris, Imperial Tobacco et British American Tobacco notamment, sont en hausse.
“ A la base, le tabac en France était national. Cela permettait le contrôle. Or l’activité tabac dans le pays se réduit chaque jour un peu plus, décrit le syndicaliste, employé à Imperial Tobacco (ex-Altadis). Si cela continue ainsi, toute la production va se retrouver à l’étranger. La qualité des produits sera bien moins contrôlée. Des OGM sont par exemple probablement déjà présents dans les cigarettes vendues en France. ” Selon lui, la qualité du tabac est d’ores et déjà “ douteuse ” dans les cigarettes vendues en France, aujourd’hui.
La CGT souhaiterait que des moyens soient donnés à la recherche, afin, par exemple, de rendre le tabac moins nocif. Or, c’est l’opposé qui se passe actuellement. Le syndicat revendique une “ véritable politique de santé publique ”, qui “ doit s’appuyer sur une maîtrise nationale de la production et de la transformation du tabac et sur une politique de recherche et développement qui ne soit pas soumise aux intérêts capitalistes des fabricants dont l’objectif est essentiellement tourné vers des recherches renforçant l’addiction au tabac pour toujours plus de profits ”.
GB
Journalisme local
Le journalisme local, très prenant, est également une activité de contact direct, permanent, avec les lecteurs et les acteurs de la vie locale, qui sont souvent les mêmes. Il en découle deux questions sensibles : le localier doit être particulièrement vigilant et rigoureux pour toutes les questions qui ont trait à la vie privée des personnes. Une erreur, une maladresse, une indiscrétion inutile peuvent blesser, voire briser des vies professionnelles ou mettre au ban d'une communauté.
Le journalisme Jean-Marie Charon, Les Essentiels Milan p.31
Retour sur l'info. Savignac-de-Miremont : polémique autour de la mairie
Paru dans L'Essor Sarladais en juillet 2011...
Savignac-de-Miremont : polémique autour de la mairie
Les communes ont obligation de rendre les mairies accessibles aux personnes handicapées avant fin 2015. A Savignac-de-Miremont, dans le canton du Bugue, la mairie actuelle est constituée d’une salle... de 18 m2, dans le bâtiment autrefois dédié à l’école. Il y a forcément des travaux à réaliser pour la mettre aux normes. Georges Labrousse, le maire, s’est donc penché sur la question avec son conseil municipal. Trois études ont été menées. Après avoir été tenté, en 2009/2010, pour une rénovation-amélioration de l’existant, le conseil s’est finalement décidé, unanimement, à la construction d’une nouvelle mairie “ qui répond à toutes les normes ”. D’une surface de 100 m2, elle comporte un secrétariat, le bureau du maire, une salle de réunion et des locaux pour l’archivage et le matériel du cantonnier. Sans oublier un parking de 15 places, “ très nécessaire ”, selon Georges Labrousse.
L’Etat incite.
La commune a acquis le terrain adéquat pour ce projet. Et fait réaliser une étude. Ce fut le début de la polémique. Car le coût, 280 000 euros TTC, selon le maire, a fait bondir certains. Constitués désormais en collectif “ Pour Savignac ”, ils parlent quant à eux de 330 000 euros TTC et trouvent que cela fait beaucoup pour une commune de 163 habitants où la mairie n’est ouverte que quelques heures par semaine. Parmi eux, Anne-Marie Colinas, ex-conseillère municipale qui a démissionné pour protester (ainsi qu’un autre conseiller) contre “ ce gaspillage de l’argent public ”.
Le maire, élu en 2008 et conseiller municipal depuis 1971, trouve lui aussi l’addition salée. Mais il persiste à considérer le projet de construction comme la meilleure solution. Ce d’autant qu’il a le soutien du conseil général et de la sous-préfecture. Un financement par l’emprunt (160 000 euros) et par des subventions de l’état (50 000 euros) et du département (55 000 euros) est envisagé. Les travaux pourraient commencer fin 2011 pour une inauguration un an après.
Une réunion publique, il y a quelques jours, a rassemblé une cinquantaine de personnes. Les opposants au projet demandent “ un débat préalable, forme moderne de démocratie ”, comme l’explique Pierre Court, l’un d’entre eux. Leur pétition a recueilli près de 100 signatures. Ils dénoncent un projet pharaonique, et la hausse des taxes communales qui devrait suivre (30 à 40 % selon eux). Ce que le maire reconnaît, tout en indiquant que “ cela fait dix ans que l’on n’a pas augmenté la taxe d’habitation ”. Déçu par l’attitude de ses opposants, Georges Labrousse considère tout ceci comme de la basse polémique. “ Ils ont monté les anciens du village contre les nouveaux arrivants ”, pense-t-il, dans une commune qui compte notamment beaucoup de ressortissants britanniques.
Dans le contexte de la réforme des collectivités, certains, dont les opposants au maire, doutent de l’avenir des communes. Ils verraient bien la création de mairies intercommunales, ce qui permettrait de faire des économies d’échelle. “ Cela ne me gêne pas d’être dans un bâtiment partagé avec d’autres villages, affirme Georges Labrousse. Mais nous n’avons pas le droit. Chaque commune a obligation d’avoir sa mairie ! ”
Guillem Boyer
Mauzens, Manaurie, Saint-Félix...
A côté de Savignac-de-Miremont, trois autres communes du canton du Bugue ont des projets de rénovation ou de construction d’une nouvelle mairie pour répondre aux nécessités de mise aux normes. Le tout pour un montant cumulé de “ plus d’un million d’euros ”, selon les opposants à la construction de la nouvelle mairie de Savignac.
À Mauzens-et-Miremont (commune de 389 âmes), une nouvelle mairie de plain-pied de 80 m2 sera réalisée à la place de l’actuelle, située au premier étage. Le tout pour un coût de 270 000 euros, selon le maire François Castang. Le financement se fera sans hausse d’impôts, grâce à l’autofinancement et à des subventions du département et de l’Etat. A Saint-Félix-de-Reilhac-et-Mortemart (218 habitants), les travaux de rénovation de la mairie coûteront 173 000 euros, selon la secrétaire de mairie, Alice Fressard. Un emprunt va être réalisé, mais il ne devrait pas y avoir de hausse d’impôts. Il y aura aussi des aides du conseil général (45 000 euros) et de l’Etat.
Enfin, à Manaurie (172 habitants), une nouvelle mairie va aussi voir le jour pour répondre aux nouvelles normes. “ Nous sommes incités dans cette voie, insiste la secrétaire de mairie de Saint-Félix. L’état subventionne actuellement ce type de projets par le biais de la Dotation d’équipement des territoires ruraux*. ” Même remarque du côté de Georges Labrousse : “ Si nous voulons des subventions pour construire ces mairies, c’est maintenant ! Qui sait si l’état nous aidera toujours en 2014 ? ”
Des subventions publiques qui sont aussi des aides indirectes aux entreprises locales (du BTP notamment), dont beaucoup vivent des chantiers publics.
GB
* La DETR a été créée fin 2010 et remplace la dotation globale d’équipement (DGE) et la dotation de développement rural (DDR).
Etre les représentants des citoyens
Lles journalistes peuvent être tentés de devenir les relais des différents pouvoirs. Mais ils doivent s'interdire d'accepter un tel rôle, qui leur donnerait le sentiment de partager le pouvoir. Leur force au contraire est d'être les représentants des citoyens. C'est seulement ainsi qu'ils pourront s'affirmer comme exerçant un authentique contre pouvoir. Ce n'est pas leur talent, leur séduction, l'élégance de leur style qui leur permet de jouer ce rôle, mais plutôt une opiniâtre volonté d'enquêter, d'interroger, de mettre en doute.
Le journalisme Jean-Marie Charon, Les Essentiels Milan. p.29
Retour sur l'info : Aide alimentaire de la Croix-Rouge, vingt pour cent de bénéficiaires de plus
Paru dans L'Essor Sarladais en juin 2011...
Aide alimentaire de la Croix-Rouge : vingt pour cent de bénéficiaires de plus
Ils gardent le sourire malgré tout, les bénévoles de la délégation de Sarlat de la Croix-Rouge (CR) française. Il faut dire que leur braderie a toujours autant de succès. Vendredi 17 et samedi 18 juin, au Colombier, de nombreuses per-sonnes sont passées pour acheter, à prix modique, des vêtements, de la vaisselle ou des meubles.
Et pourtant, il y aurait motif à s’émouvoir devant l’augmentation du nombre de nécessiteux en Sarladais*. Ainsi, comme l’explique Arlette, une bénévole qui s’occupe de l’aide alimentaire, “ nous avons 20 % de bénéficiaires de plus par rapport à 2010, décrit-elle. Cela fait environ 80 personnes. Nous avons des jeunes, des personnes âgées avec de petites retraites... ” Cela ne concerne pas que des gens de Sarlat. Des bénéficiaires viennent aussi récupérer des colis alimentaires lors des permanences à Carlux et à Montignac.
Les sommes récoltées lors de ces braderies permettent à la CR de financer son fonctionnement. La remise de colis alimentaires a lieu deux fois par mois. Et ce sont des dons de personnes qui permettent d’alimenter les boutiques de la Croix-Rouge. “ Nous sommes là pour aider les gens, explique Daniel Clément, vice-président de la délégation. Si quelqu’un n’a pas les moyens d’acheter, nous pouvons lui donner des choses. Cela arrive quand une personne doit s’installer de nouveau, par exemple après un divorce.
” Les quelque 70 bénévoles de la délégation de Sarlat, emmenés par la présidente Françoise Lauvinerie, ont donc du travail en perspective. Quant à la prochaine braderie, elle est prévue en septembre et devrait de nouveau rencontrer bien du succès.
GB
* La délégation de Sarlat comprend cinq cantons : Sarlat, Carlux, Salignac-Eyvigues, Montignac et Domme.
Pas d'exclusion
« L'action des grands acteurs politiques sur le devant de la scène publique tend à masquer nombre de phénomènes, de groupes, d'opinions marginales qui ont du mal à se faire connaître. Il est du rôle des journalistes de les repérer, de se porter à leur rencontre et d'expliquer leurs préoccupations, même si celles-ci peuvent paraître très minoritaires. Il existe, de ce point de vue, une sorte de responsabilité du journalisme afin d'éviter que des courants de pensée, des composantes sociales, se trouvent exclus du débat public. »
Le journalisme Jean-Marie Charon, Les Essentiels Milan
Retour sur l'info : Une maternité à taille humaine
Karine Dupas (en vert) dans le bureau des sages-femmes de la maternité avec ses collègues (Photo GB)
Paru dans L'Essor Sarladais en juin 2011.
Une maternité à taille humaine
“ En 2003, la maternité du centre hospitalier (CH) de Sarlat était menacée de fermeture, explique le directeur Christophe Marillesse. La faute à un nombre d’accouchements insuffisants, en-dessous du seuil de 250 par an. ” Mais, parfois, le malheur des uns fait le bonheur des autres. La fermeture de la maternité de Gourdon, dans le Lot, fut décidée en 2004. Certaines mamans du nord et de l’ouest de ce département viennent désormais à Sarlat pour mettre au monde leurs enfants. D’où une augmentation significative, de 18 %, du nombre d’accouchements dans la maternité du centre hospitalier Jean-Leclaire.
En 2010, 446 accouchements ont été effectués. En 2011, la maternité est sur les mêmes bases, puisque 182 accouchements ont eu lieu sur les cinq premiers mois de l’année, contre 179 en 2010.
En 2009, il y avait eu seulement 384 accouchements. “ L’activité est fluctuante, confie le directeur. Il y a beaucoup de facteurs qui entrent en ligne de compte. A long terme, le dynamisme économique d’une région est important. ” Mais ce n’est pas ce qui a joué dans la baisse de la natalité en 2009. “ Cette baisse était démographiquement en rapport avec la baisse de la natalité en France ”, précise Karine Dupas, sage-femme responsable du service.
Papas plus impliqués.
Selon Christophe Marillesse, un des atouts de la maternité de Sarlat est son fort taux d’encadrement. “ Nous avons en moyenne deux naissances par jour. Cela laisse du temps pour chaque bébé ”, se réjouit-il. Ce qui permet un suivi très apprécié avant et après l’accouchement. “ Il faut que la patiente garde un bon souvenir de son passage ici ”, souligne Karine Dupas. La sage-femme met en avant l’ambiance familiale qui règne au sein du personnel. Selon elle, elle se répercute dans la qualité de l’accueil.
Afin d’aider les mamans à gérer leur stress à l’approche de l’accouchement, un médecin homéopathe fait des consultations auprès de celles qui le désirent. Après l’accouchement, un accompagnement à l’allaitement maternel est mis en place. “ Nous sommes dans l’esprit du label Amis des Bébés, promu par l’Unicef, décrit Karine Dupas. Il présuppose 75 % de mamans choisissant l’allaitement maternel. Ici, nous sommes autour de 70 %. ” Dans les cinq jours avant la sortie de la maternité sont aussi proposés des massages relationnels du bébé, des ateliers de portage, un accompagnement psychologique pour les parents. Un ostéopathe intervient aussi à la demande. Il peut permettre de supprimer certaines douleurs liées à l’accouchement pour le bébé, notamment au niveau du crâne.
Karine Dupas insiste aussi sur le rôle du père. “ Les papas sont plus présents désormais. Ils participent aux premiers soins du bébé. Il y a une séance spécifique pour eux pendant la préparation à l’accouchement. ”
Guillem Boyer
Chiffres
75 % de péridurales ; La maternité emploie 31 personnes équivalent temps plein (ETP), dont 11 ETP de sages-femmes, une dizaine d’aides-soignantes, sous la direction de trois praticiens hospitaliers, avec anesthésiste et pédiatre en plus.
Niveaux 1, 2, 3
Maternité de niveau 1, on ne procède à Sarlat qu’aux accouchements des grossesses supposées normales. Les accouchements difficiles sont dirigés vers les hôpitaux de Périgueux (niveau 2, il possède un service de néo-natologie) voire Bordeaux (niveau 3, avec un service d’urgence pédiatrique) pour certains cas compliqués.
Savoir intéresser le public à l'information délivrée
« Il faut être clair, précis, compréhensible, chasser toujours les ambiguïtés possibles. Il faut aussi savoir intéresser le public à l'information délivrée, susciter son attention. Pour cela, le mode de présentation est celui du récit. Le journaliste raconte toujours une histoire. Il met en oeuvre de qualités de style qui rendent son récit agréable, qui sollicitent aussi bien l'intelligence que la sensibilité de son interlocuteur. Un équilibre doit s'instaurer entre l'aspect attractif, spectaculaire du récit et son sérieux. »
Le journalisme Jean-Marie Charon, Les Essentiels Milan
Retour sur l'info : Problèmes de mobilité et de précarité pour les jeunes
On reconnait Bernard Musset, sous-préfet, Jean-Jacques de Peretti, Anne Guibert et Jeanne Rouanne, adjointe au maire.
Paru dans L'Essor Sarladais en mai 2011.
Un jeune qui cherche un travail n’a souvent que de faibles revenus, voire pas de revenus du tout. De nos jours, les emplois proposés exigent fréquemment un véhicule. Or, sans revenus, il est difficile de se payer le permis de conduire... Sans parler de la voiture. Dans ce cadre, comment trouver un travail ? C’est un cercle vicieux dans lequel sont enfermés des centaines de jeunes en Périgord Noir.
Lors de l’assemblée générale de la Mission locale du Périgord Noir (MLPN), vendredi 20 mai, le président de l’association, Jean-Jacques de Peretti, a souligné ce fait. “ C’est un des points les plus ennuyeux à gérer. ” En 2009, la MLPN fut à l’initiative du projet Cent permis pour cent jeunes en Dordogne. Ce projet “ marche bien ”, selon le maire de Sarlat. Il a permis à trente-deux personnes du Périgord Noir d’être aidées pour passer le permis de conduire. Au final, six d’entre eux l’ont obtenu. Vingt-trois sont toujours en cours de formation.
Permis B.
De plus, une vingtaine de cyclomoteurs sont disponibles dans les différents points d’accueil de la MLPN. Trente-trois contrats de location, d’une durée moyenne de sept semaines, ont été signés entre la Mission locale et des personnes suivies. “ Nous essayons de résoudre les problèmes de manière pragmatique ”, a déclaré Jean-Jacques de Peretti, prenant l’exemple de cette initiative.
Mais concernant cette mobilité, tout n’est pas réglé, loin s’en faut. En 2010, près de cinq-cents personnes suivies par la MLPN n’avaient aucun moyen de locomotion. Seul 1 jeune sur 2 disposait du permis B.
Et ce n’est pas le seul problème rencontré par les personnes suivies. A quoi sert en effet d’avoir une voiture... s’il n’y a pas de travail ? Certes, la hausse du nombre d’emplois proposés aux personnes suivies par la MLPN est de 5 % entre 2009 et 2010. Mais elle fait suite à une baisse de 11,8 % entre 2008 et 2009.
L’accès à l’emploi demeure la première préoccupation des jeunes gens qui franchissent les portes de la Maison de l’emploi de Sarlat ou des points relais. Loin devant le projet professionnel ou la formation. à propos de l’emploi, le président de la MLPN a déclaré : “ Il y a une reprise en ce moment. Les recrutements interviennent plus tôt que d’habitude. Les employeurs ont peut-être anticipé parce qu’il y a plus de réservations, de demandes. ”
En 2010, la Mission locale a proposé 304 formations, 103 contrats en alternance et 834 emplois. Ces derniers se situent, pour la plupart, dans les secteurs des services à la personne et à la collectivité (20,4 %), de l’hôtellerie-restauration, du tourisme, des loisirs et de l’animation (19,69 %), du commerce, de la vente et de la grande distribution (17,56 %) et de l’industrie (10,91 %).
Ces emplois sont très largement précaires. En effet, il s’agissait de 250 CDD, 221 CDD saisonniers, 95 CDD intérim, 73 CDD à temps partiel... et seulement 58 CDI (dont 18 à temps partiel). A ce sujet, Jean-Jacques de Peretti n’a pu que constater que “ la Mission locale ne crée pas les emplois ”.
GB
1 572 jeunes suivis
La Mission locale du Périgord Noir a été créée en 2003. Elle a pour mission d’accueillir des personnes âgées de 16 à 25 ans dans le but de les aider à organiser leur vie, sur tous les plans (emploi, formation, santé, logement). Elle fait partie du service public de l’emploi, ce qui implique un partenariat avec Pôle emploi pour le suivi des chômeurs âgés de 16 à 25 ans.
La MLPN intervient sur 146 communes du Périgord Noir, de Terrasson à Sarlat. En 2010, 174 permanences dans les chefs-lieux de canton ont été réalisées, sans compter les points d’accueil à Sarlat et Terrasson. Douze personnes travaillent au sein de l’association dont la directrice est, depuis 2000, Anne Guibert.
La Mission locale a disposé d’un budget de 521 000 € en 2010. Les subventions viennent de l’état (244 559 €), du conseil régional (109 980 €), des communautés de communes (80 597 €), du conseil général (31 000 €), du Pôle emploi (38 410 €), entre autres.
En 2010, la MLPN a suivi 1 572 jeunes entre 16 et 25 ans, sur les 6 780 présents sur le territoire, soit 23 % de cette tranche d’âge. Si l’on resserre aux jeunes actifs de 16-25 ans, ce sont plus de 40 % d’entre eux qui ont été reçus.
32 % des personnes suivies ont été reçus à Sarlat, 23 % à Terrasson, 8 % à Montignac et 5 % à Belvès, Carlux et Saint-Cyprien. La majorité ont entre 18 et 21 ans. 42 % sont titulaires d’un BEP ou d’un CAP, 26 % d’un niveau IV (bac ou brevet professionnel).
Les femmes sont plus nom-breuses à être suivies : 54,4 %. Mais leur part diminue d’année en année.
La MLPN accueille de plus en plus de monde. L’an dernier, elle a ainsi reçu 680 personnes en premier accueil, soit 13 personnes de plus qu’en 2009.
GB
La solidarité
« La solidarité, autre mantra chiraquien, s'étale partout en couches épaisses sans qu'on sache toujours clairement de qui avec qui (« Notre solidarité est aussi communicative », indique par exemple une publicité dans le Figaro Entreprises du 22 novembre 2001). A propos du lundi de Pentecôte non chômé, l'entourage de Jean-Pierre Raffarin estimait que « les Français ont compris, si ce n'est accepté, que ces sept heures de travail en plus permettaient de financer la solidarité » (Le Monde, 18 mai 2005). Mon boulanger vend ses pains au chocolat dans des sachets qui portent l'inscription « Economie solidaire et citoyenne - Pour les causes de l'enfance ». Il y a quelque chose de malsain dans cette façon de s'affirmer solidaires sans autre précision, c'est-à-dire évidemment solidaires de nous autres – même s'il arrive qu'ensemble, « nous » manifestions notre solidarité avec des populations victimes de catastrophes diverses. »2
Eric Hazan LQR La propagande du quotidien 2006
Retour sur l'info : Francis Landat : ” Nous manquons de noix “
Paru en juin 2011 dans L'Essor Sarladais.
Francis Landat : ” Nous manquons de noix “
Jeudi 9 juin s’est tenue la traditionnelle Journée de la noix, à Cénac-et-Saint-Julien. Sur le site d’une des deux usines de la Coop Cerno, les producteurs ont pu rencontrer des professionnels qui exposaient du matériel spécifique à la production de noix. De l’information technique était aussi dispensée par les techniciens de la coopérative bien sûr, mais aussi par l’Inra, la Station expérimentale de Creysse (Lot), la chambre d’agriculture. à midi, un grand repas a réuni plus de trois cents personnes, dont le député Germinal Peiro.
Francis Landat est producteur de noix à Beaumont-du-Périgord depuis 1991. Président de la Coop Cerno depuis 2005, il évoque pour notre journal cette édition 2011 ainsi que la situation de la nuciculture (production de noix).
Aujourd’hui, où en est le marché de la noix ?
Francis Landat : Il faut dével-opper la production car nous manquons de produits. Que ce soit en noix en coque ou en cerneaux. Nous sommes donc obligés d’acheter des noix en France ou à l’étranger, au Chili, aux Etats-Unis ou en Moldavie, par exemple. De plus, le prix du produit augmente chaque année.
Quelles sont les raisons de cette bonne conjoncture ?
FL : C’est un produit très demandé. Il se vend bien. Peut-être parce qu’il est sain et recommandé par la médecine. Même quand on ne produit pas en agriculture biologique, il y a très peu d’intrants : seulement deux à trois traitements par an par exemple.
Conseilleriez-vous aux agriculteurs qui ne l’ont pas encore fait d’ouvrir un atelier noix sur leur exploitation ?
FL : Pourquoi pas ? Nous sommes une région qui est historiquement productrice de tabac. Aujourd’hui, cette production est en grande difficulté. Celle de la noix a plutôt le vent en poupe. Par contre, je conseille aux jeunes agriculteurs qui veulent s’y mettre de le faire rapidement. Car il faut tout de même du temps pour se dégager un revenu. Et cela même si, de nos jours, de nouvelles variétés de noix, notamment venues des Etats-Unis, ont une croissance plus rapide que notre variété principale, la franquette.
Au moment où l’élevage ou le tabac sont dans la difficulté, la production de noix est dans une situation différente...
FL : Les conditions climatiques, le Gouvernement, tout semble être contre l’élevage... La majorité de nos adhérents ont plusieurs ateliers sur leurs exploitations. Mais nous remarquons que de plus en plus de nuciculteurs se concentrent sur cette production.
La production de noix s’est beaucoup mécanisée. Dans le passé, pour traiter vingt hectares de noyers, à la main, il fallait vingt personnes pendant un mois ! Aujourd’hui, sur son exploitation, grâce au matériel mécanique, mon fils traite seul les vingt hectares de noyers... La production est beaucoup plus confortable.
Que pensez-vous de cette édition de la Journée de la noix ?
FL : C’est notre 18e édition. Au départ nous la faisions chaque année. Maintenant c’est tous les deux ans. En terme d’affluence, c’est une de nos plus grosses journées. Nous avions plus de trois cents personnes au repas. Et six cents personnes sont attendues sur la journée. Le temps, un petit peu pluvieux ces derniers jours, est peut-être pour quelque chose dans cette réussite...
Propos recueillis par Guillem Boyer
La Coop Cerno
Fondée en 1983, la coopérative Coop Cerno compte aujourd’hui 500 adhérents qui détiennent 2 300 ha de vergers, dont 300 en bio (et 300 en conversion). Près de 400 adhérents se trouvent dans le Sarladais. D’autres se trouvent dans le Lot, en Charente, en Gironde et dans le Lot-et-Garonne.
Les deux entités de la Coop Cerno sont la coopérative d’une part, Cerno SAS, d’autre part. La première achète les noix des adhérents. La seconde vend les fruits aux industriels, aux boulangers, aux huileries. En tout, Coop Cerno emploie 30 salariés. Les deux tiers travaillent dans les deux usines de tri et de conditionnement de la coopérative. L’une, destinée aux cerneaux de noix, est située à Cénac, près du siège. L’autre, où a eu lieu la Journée de la noix, se trouve ZA de Pech-Mercier et traite les noix en coque.
La production a été de 2 600 tonnes en 2009 et 2 400 en 2010. “ Si cette année la sécheresse n’est pas trop marquée, nous pourrions en avoir 2 800. Pour le moment, ce n’est pas catastrophique pour la nuciculture, précise Thierry Ginibre, reponsable technique de la coopérative. Nous avons une belle floraison, mais de petites noix. ”
Thierry Ginibre confirme les propos du président de la coopérative : “ La tendance est à la hausse de l’activité noix dans les exploitations. ”
GB
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