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Tout et le reste
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La Ligue à Léon : épisode 3

8 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #fiction, #Politique

Chapitre 1 :
Au-dessus, il y a le soleil


 

Un gris lundi d’octobre 1998. George Smith, directeur du pôle Europe de l’Ouest à la CIA, est en charmante compagnie.

Un dessin animé est diffusé sur le téléviseur installé contre un mur de la pièce : un chat colérique essaye d’attraper une souris trop maline pour lui.

Le téléphone du bureau sonne.

« Brigitte, pouvez-vous arrêter quelques instants ? », dit-il dans un parfait français.

« Allô, oui ?, soupire-t-il.

– Monsieur Smith, Monsieur Watson est dans la salle d’attente, annonce sa secrétaire à l’autre bout du fil. C’est votre rendez-vous de 10 heures.

– Il est un peu en avance. Faites-le attendre cinq minutes. Je termine un dossier. Je viendrai le chercher.

– Très bien, Monsieur Smith. » La secrétaire raccroche. L’homme colossal, physique de footballeur américain, atteint de strabisme, se replonge dans le dossier en question.

« C’est bon Brigitte, tu peux y aller, on se revoit cet après-midi pour le brief, annonce-t-il en français à la dame blonde et mince, en tailleur élégant.

– D’accord George. A tout à l’heure », répond-elle, souriante, d’une voix de fumeuse.

Brigitte Lespoir se glisse derrière un grand rideau sombre qui recouvre tout un mur près de la fenêtre. Il dissimule une porte par laquelle la quadragénaire peut sortir discrètement.

George se recoiffe, réajuste son costume, puis va chercher son cher ami qui l’attend à côté. Dans le téléviseur, le chat a réussi à saisir la souris quelques instants, mais elle s’est échappée. Il faut tout recommencer…

Patrick Watson, un des sous-directeurs de la division Europe de l’Ouest, costaud, grand et gras, est affalé dans un confortable canapé Chesterton. Ses yeux marron, très rapprochés, sont dissimulés sous un épais mono-sourcil très noir et broussailleux. Un regard particulier, comique, qui généralement attire irrésistiblement la sympathie de ses interlocuteurs.

Quand il voit George, Patrick sourit et se lève avec un dynamisme surprenant, vu son embonpoint. Il tient un dossier de documents papier dans ses mains. « J’étais avec Brigitte Lespoir, glousse George, alors qu’ils s’apprêtent à entrer dans le bureau.

– Comment va-t-elle ?

– Bien. On doit la rejoindre avec ma femme sur l’île de Bernstein, ce week-end. Il y aura tous nos amis et des filles. Et d’autres membres du projet Président France 2000/2025. Tu es le bienvenu.

– Peut-être, je ne sais pas encore », répond d’un air indifférent Monsieur Watson en s’asseyant sur le fauteuil en cuir situé devant le bureau de son chef. Il se racle la gorge, prêt à commencer son topo dès que Smith lui en donnera l’ordre.

Monsieur Smith se prépare un café et en propose un à son subordonné en l’appelant « mon cher ami ». Avant d’arriver au sommet de la pyramide de la CIA, tous deux ont passé des années sur le terrain à mener des actions en Europe ou en Asie. Ces souvenirs les unissent. Watson accepte d’un hochement de tête, tout en relisant des documents posés devant lui, sur le même coin du bureau où Brigitte Lespoir a posé ses fesses étroites, cinq minutes plus tôt.

« Je sais que tu n’as pas beaucoup de temps, George. Donc je te résume le plan Président France 2000/2025.

– Oui, je dois aller voir le Patron dans vingt minutes. On a un call Secret Défense avec le Secrétaire d’État. Il sera fort aise de voir comme le projet avance. Je le feuilletterai ensuite plus tranquillement.

– Pour la France, l’agenda est parfait. Nous sommes dans les temps. Les fondations ont été posées à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Je ne remonte pas plus tôt, même si évidemment notre travail avait commencé avant. Nous avons pris le contrôle total et définitif de son économie avec le Plan Marshall. Nous avons financé une partie des syndicats patronaux et ouvriers, notre concurrent soviétique s’occupant des autres. Nous avons entamé la destruction de la culture française en exportant nos musiques, nos films, nos marchandises.

Nous avons sapé son Empire colonial. Il a été presque totalement démantelé en une quinzaine d’années, grâce à la collaboration de l’URSS, du PC et des divers mouvements anticoloniaux. La perte de certaines régions en Afrique, au Sahara ou en Indochine a permis de priver la France de son accès à l’énergie pas chère, que ce soit le pétrole, le gaz ou l’uranium, ainsi qu’à des métaux et autres matières premières nécessaires pour l’industrie. C’était le but à atteindre, car un pays sans énergie bon marché est voué à la vassalisation.

C’était la première phase du nœud coulant. Nous financions évidemment les groupes d’opposition, surtout de gauche, pour affaiblir le régime gaulliste. L’URSS soutenait le PCF et la CGT. Impossible d’échapper à l’ingérence étrangère.

– Parfaitement, une bonne manœuvre. J’adore ces dessins animés Disney…

– Ils n’ont pas vieilli, c’est sûr. A cette époque, la situation économique était meilleure, si ce n’est florissante. Ces péripéties furent donc correctement acceptées, si ce n’est souhaitées, par les Gaulois. On est rentrés dans le dur dans les années 1970. Les Français, n’ayant plus possibilité de s’approvisionner en énergie dans leur propre empire, ont été violemment frappés par le choc pétrolier. Ils auraient alors pu décider de faire voler en éclat le partenariat avec nous. Mais c’était déjà trop tard. Leur volonté politique était brisée. Nous avons évincé De Gaulle pour anéantir tout espoir. Contrôlant leurs élites, nous avons pu les empêcher de remettre en cause ce partenariat. Cela a été le début de la politique de déficit structurel de l’État, dans laquelle nous demeurerons jusqu’à ce que l’objectif soit atteint. Ces déficits, cette dette, permettent la destruction méthodique du pays. Nous allons poursuivre cette démarche dans le cadre de Président France 2000-2025.

– Oui, elle doit aller au bout, pour manifester tous ses effets. Cela permet aux Etats-Unis d’étrangler peu à peu leurs adversaires et d’asseoir toujours davantage leur domination.

– Très bien, nous sommes en accord là-dessus », relève Monsieur Watson. Il prend deux gorgées de café.

« La France étant privée de l’accès à l’énergie pas chère, l’essentiel était fait. Je te l’ai dit, le principal était de lui arracher les puits de pétrole du Sahara en les rattachant au nouvel Etat algérien. Celui-ci était totalement sous notre contrôle. Le FLN était une marionnette codirigée par nous et les Russes. Son extrémisme dès 1954 a permis de détruire toute possibilité d’un maintien de l’Algérie dans le giron français, en annihilant les autres courants plus modérés, comme le MNA de Messali Hadj.

– La politique habile de la Françafrique permet à la France de tenir encore. Mais cela ne devrait pas durer plus que quelques années. Leurs élites sont consternantes de cupidité et de bêtise. Et les nouvelles générations sont pires encore. On a peine à croire qu’il s’agit du pays qui a dominé l’Europe pendant 1 500 ans.

– Le temps que cette génération disparaisse et il ne restera plus rien de ce glorieux passé… Même les Français ignoreront leur histoire. Nos programmes de révisionnisme historique mettant l’accent sur les crimes du catholicisme, de la royauté et du colonialisme sont véritablement très efficaces. Nous allons veiller à ce qu’ils soient largement diffusés auprès des étudiants et des professeurs, sous prétexte de partenariat avec nos universités.

– Sans énergie à prix modique, impossible de suivre la cadence imposée par le développement de l’économie mondiale. Le programme nucléaire français nous a gênés, mais pas assez pour contrecarrer notre plan.

– Oui, insiste bien là-dessus, car le président et nombre de ses ministres sont portés sur l’écologie.

– Nous finançons énormément tous les partis écologistes européens. Pas question d’arrêter. L’annulation du projet Phénix est un point excellent. Dominique (Voynet, NDA )et les autres Verts ont fait un super travail. Il faut aussi promouvoir les énergies renouvelables, au fonctionnement erratique et à la production totalement dépendante de nos entreprises ou de celles de Chine.

– La désindustrialisation a commencé dans les années 1970. Elle se poursuit à un rythme accéléré. Elle est directement liée à la fin de l’empire colonial, qui a permis d’augmenter énormément le prix de l’énergie en France. Face aux déficits permanents, les impôts sur le tissu économique ont explosé, affaiblissant les entreprises, sauf les plus grosses, dans lesquelles nous avons placé nos pions et que nous allons racheter les unes après les autres, grâce aux fortes capacités financières de nos opérateurs. Les bourgeois français, nourris à la mythologie universaliste post 1945, ont finalement assez peu résisté à l’américanisation. Notre travail pour faire passer Vatican II et les autres réformes a bien aidé.

– « La déchristianisation est une mamelle de la mise sous tutelle de la France », comme disait William…

– Il avait le sens de la formule. Il va bien ?

– Il coule une retraite paisible, il joue au golf en Floride…

– Une fois la désindustrialisation en place, tout a suivi. Le chômage a commencé à grimper, en parallèle d’une modification de la population jamais vue depuis les invasions barbares du Ve siècle. Parfait pour créer un état latent de guerre civile entre les Français et les immigrés, la plupart venus de l’ancien empire colonial. Les arrivants ont donc, en plus, ce qui ne gâte rien1, un a priori plus que négatif sur les habitants du lieu où ils se sont installés.

– On en arrive à la fin du communisme ?

– Oui, patron. Le PCF ayant été bien travaillé, il a validé la participation au Gouvernement et, quelques années plus tôt, la fin de tout ce que le marxisme portait de radicalité, avec comme fait symbolique l’abandon de la dictature du prolétariat en 1976. Son chef Georges Marchais avait eu un sursaut, évoquant en des termes crus les risques que l’armée industrielle de réserve, en devenant trop importante à cause d’un flot migratoire maintenu en période de crise, ne détruisit les avantages sociaux acquis par les travailleurs français.

– Ses propos sur les immigrés du foyer Sonacotra ont provoqué un scandale. Il s’est immédiatement excusé, c’était un peu pitoyable, exhibant ainsi sa domestication vis-à-vis des puissances économiques. Je m’en souviens, j’étais attaché culturel à l’ambassade à Paris à ce moment.

– Moi, j’étais alors à Bonn. Mais je termine mon introduction. Cela te paraît cohérent ?

– Oui, merci Patrick, très bon boulot, cela me rappelle tous les points essentiels. Je vais pas me gêner pour te pomper tout cela, si tu me permets l’expression !* Oh, un épisode de Daffy Duck a commencé. Quelle merveille !

– Pas de souci, cher ami*. Le PCF est redevenu un parti de Gouvernement en quelques années. Mitterrand a lancé l’opération Le Pen pour éviter de perdre les élections suite au tournant de la rigueur, il les a perdues quand même. Derrière ce spectacle de la mascarade démocratique, la démolition de l’État social et de l’industrie se poursuivait. Le plan Président France 2000-2025 a pour objectif de l’achever.

– Oui, nous avons parlé de cela avec Brigitte à l’instant. Nous nous reverrons avec les autres membres du projet cet après-midi pour peaufiner. Il y aura Blumstein de la banque Delwright d’ailleurs.

– Oui je ne l’aime pas beaucoup lui, mais il est indispensable.

– Il fait un travail formidable pour notre pays. Quels sont les principes directeurs que tu me proposes ?

– Continuer sur notre lancée, rien de bien original. Le système français est totalement sous notre contrôle. Il n’y a pas d’opposition qui ne soit dans notre main. Le Pen ou l’extrême gauche ont quelque latitude, mais ils sont emprisonnés dans un fonctionnement politique verrouillé. Avec l’Union européenne et l’euro, les Etats vont perdre toute souveraineté. Ajoutons à cela la cupidité et la rapacité séculaire des élites qui sont prêtes à tout pour s’enrichir, quitte à mettre le peuple sur la paille. J’ai oublié à ce sujet de te parler de l’immobilier, sur lequel nous allons lancer une grande offensive, avec nos banques partenaires, comme aux Etats-Unis. Les prix des appartements et des maisons devraient exploser, aggravant encore la crise sociale.

Dans le cadre du Plan Président France 2000-2025, il s’agira donc de gérer les soubresauts politiques qui ne manqueront pas d’intervenir, au fil des déroutes électorales des partis de Gouvernement. On s’attend aussi à des crises sociales régulières, mais cela ne génère pas tellement d’inquiétudes, car elles n’ont plus de force politique organisée pour leur donner une direction vraiment dangereuse. L’essentiel est de continuer le travail dans les partis, mais aussi de former les élites politiques et économiques afin qu’elles partagent notre vision d’un monde libéral porteur de paix, de démocratie et de progrès.

– Oui, c’est le mieux pour tout le monde. Ces satanés Français bornés doivent le comprendre. Il n’y a qu’un seul universalisme, c’est le nôtre.

– La clé, c’est la division de la classe ouvrière, laquelle était encore très puissante après la Seconde Guerre mondiale. Cette division est alimentée par son abandon par les partis de gauche et les syndicats, par l’arrivée permanente de nouveaux travailleurs venant gonfler les chiffres du chômage. Dans un tel contexte, nous avons peu à craindre. Ce qu’il faut éviter, c’est le réveil de la bête blessée, du monde ouvrier français, mais je n’ai plus trop de craintes à ce sujet. Cela fait depuis 1945 – 1940 même ! qu’on y travaille.

– Il faudra diminuer les droits sociaux, par exemple reculer l’âge de départ à la retraite, ce qui est parfait pour accroître encore le nombre de travailleurs sur le marché du travail et ainsi peser à la baisse sur les salaires.

– Nous avons aussi prévu de faire démanteler EDF et les grandes entreprises industrielles qui restent, au moyen surtout des écologistes et des partisans de l’Union européenne. On rachètera les fleurons industriels au fil des faillites et des dettes provoquées par des choix absurdes de dirigeants formés chez nous. On a le petit Thierry Breton qui est bien d’ailleurs. Très sympa. Il faut que je te le présente. C’est d’ailleurs là qu’intervient le projet Président France 2000-2025 avec Brigitte Lespoir et son attaché… Enfin, cher ami*, voilà les grandes lignes. Je pourrai évidemment entrer dans le détail au besoin.

– Superbe, bon travail Patrick. Je dois te laisser, je garde tes documents et je reviens vers toi tout à l’heure. »

Les deux hommes se séparent. Monsieur Watson quitte le bureau de son patron par la porte principale. Passant par celle empruntée par Brigitte Lespoir, Monsieur Smith rejoint les autres directeurs de la CIA Europe pour le brief avec le Secrétaire d’État.

Laissé seul dans la pièce, Daffy Duck discute avec Bugs Bunny sur l’écran du téléviseur.

1 Prononcé en français.

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La Ligue à Léon : épisode 2

7 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #fiction, #Politique

Voici La suite du premier chapitre...

 

Chapitre 0 :
Léon XIII, Trotski, XIV…


 

« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ?

Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter
une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ?

Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. »

Assis sur un des bancs de la Basilique de Saint-Denis, Gérald Forbiden lit l’Évangile selon Matthieu, notamment les versets 3 à 5 du chapitre 7. On est en milieu de journée, et il vient de quitter son travail. Il aime venir se reposer et méditer dans les lieux de culte catholique. C’est un moment hors du temps. Ensuite il ira distribuer des tracts siglés de la faucille et du marteau. Une toute autre ambiance, dans laquelle il se sent tout aussi bien.

Gérald Forbiden est ouvrier dans une petite scierie de Montreuil. La cinquantaine, il a un physique de coureur de fond. Il est coiffé d’une queue de cheval et doté d’un fort accent de la Meuse.

Il se demande encore comment il a pu devenir Trotskiste tout en maintenant une foi catholique ardente, sans évidemment en parler à ses camarades. C’est un de ses petits secrets, rien de bien grave.

Gérald Forbiden a découvert très jeune les méfaits du capitalisme : son père, ouvrier dans la vallée de la Fensch, a perdu deux doigts à l’usine. Avec sa mère, qui ne travaillait pas, il a élevé les 8 enfants du couple dans des valeurs de solidarité et de travail. Tous ont été au catéchisme. Gérald n’apprécia guère. Il ressentit une certaine hypocrisie dans cette communauté catholique ardennaise, où patrons et prolétaires se côtoyaient comme si tout allait bien, comme si les uns n’exploitaient pas les autres.

Après une période de rejet de la religion, vue comme l’opium du peuple, après être devenu un Gauchiste enragé, adepte de Mao, puis de Trotski, il a peu à peu renoué avec la spiritualité de son enfance, sans pour autant renier ses idéaux communistes. Il n’a pas confondu la religion, l’amour désintéressé des fidèles et des clercs avec la bureaucratie du clergé et la bonne conscience de Richards allant à la messe tous les dimanches.

Contrairement à la plupart de ses camarades, Gérald Forbiden pense beaucoup de bien de ce pape Léon XIII, souverain pontife entre 1878 et 1903, au moment de l’essor du mouvement ouvrier. Les Communistes en font le pape de la collaboration des classes, le pape anticommuniste, mais lui persiste à le voir, dans une vision plus subtile, comme l’éveilleur des consciences sur la pauvreté des prolétaires à cette époque.

Le maître à penser de Gérald Forbiden, Léon Trotski, est justement né au début de ce pontificat, dans une famille d’agriculteurs juifs aisés de la plaine ukrainienne. Est-ce parce que Vincenzo Gioacchino Pecci venait d’être mis à la tête de l’église de Rome que les parents du futur révolutionnaire ont voulu donner à leur nouveau-né le prénom qu’il s’était choisi ? Comme un hommage ?


 

Léon Trotski est généralement vu, en tant que Bolchévik, comme idéologiquement aux antipodes des successeurs de Pierre. Et pourtant, se dit Gérald Forbiden, une chose semble les rassembler, au moins, pour peu que l’on décide d’abandonner un instant ses œillères idéologiques pour croire les paroles de son adversaire : la volonté de rendre les êtres humains plus heureux, plus libres.

Gérald Forbiden pense à quelques Léon célèbres : Blum, né en 1872, un peu avant Trotski, qui s’est malencontreusement heurté au Mur de l’Argent des 200 Familles… Léon Bloy, le talentueux écrivain. Zitrone, le célèbre journaliste… Gérald Forbiden demande à la Vierge Marie de prier pour leurs âmes de damnés et d’intercéder auprès du Seigneur afin qu’il donne de bons prêtres et de bons papes à l’Église catholique. Celle-ci doit devenir un allié des syndicats et des partis ouvriers dans leur combat contre le capitalisme. C’est seulement ainsi que l’humanité sera sauvée. Le Retour du Christ pour le Jugement dernier pourrait bien correspondre au Grand Soir Communiste.

Il en appelle aussi à Thomas, son ange gardien, pour veiller sur lui dans ses activités de militant ouvrier d’atelier.

Qui sait, dans le prochain millénaire, quand ce sinistre Jean-Paul II, instrument du grand capital contre la patrie des travailleurs, sera rappelé à Dieu, aurons-nous un pape qui s’inscrira dans la voie de Léon XIII ?

Peut-être un Léon XIV pour proclamer la reprise du mouvement vers le progrès social et la concorde universelle ?

C’est tout ce que souhaite Gérald Forbiden, au moment de quitter le lieu de culte. Il se rend à la sortie d’un métro afin de distribuer, en compagnie d’autres Trotskistes croyants et pratiquants comme lui, quelques circulaires appelant à voter Arlette Laguiller pour l’élection présidentielle de 1995.

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Les 108 astres de la destinée des Girondins

6 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #Girondins, #Esotérisme, #fiction

Les 108 astres de la destinée des Girondins

Extrait  de ma prochaine parution, bientôt  en vente sur Amazon KDP

 

 

36 astres célestes

 

1 - le Héraut de Justice, le Grand Leader, Alain Giresse

2 – l’Astre de la Force, Aimé Jacquet

3 - l'Astre de Machination, Claude Bez

4 – l’Astre de Tranquilité, Henri Darchand

5 - l’Astre de Bravoure, Edouard Kargulewicz

6 - l’Astre de Vaillance, Bernard Lacombe

7 - l’Astre d’Intrépidité, Johan Micoud

8 - l’Astre de Prestige, Zinédine Zidane

9 - l’Astre de Courage, Lambertus De Harder

10 - l’Astre de Noblesse, Bernard Billate

11 - l’Astre de Richesse, Michel Benguigui

12 - l’Astre de Plénitude, Jean-Marc Ferreri

13 - l’Astre de Tacles, Gernot Rohr

14 - l’Astre de Fermeté, Marius Trésor

15 - l’Astre de Feintes, Pascal Feindouno

16 – l’Astre de Victoire, Jussiê

17 - l’Astre d’Espoir, Henri Arnaudeau

18 - l’Astre de Puissance, Dieter Muller

19 – l’Astre de Déséquilibre, Christophe Dugarry

20 - l’Astre d’Harmonie, Jean Tigana

21 - l’Astre de Rapidité, Benoît Trémoulinas

22 - l’Astre de Meurtre, Jean-François Domergue

23 - l’Astre de Subtilité, Yoan Gourcuff

24 - l’Astre d’Investigation, Geraldo Wendel

25 - l’Astre de Relance, Marc Planus

26 - l’Astre de Longévité, René Girard

27 - l’Astre de Résistance, René Gallice

28 - l’Astre d’Equité, Fernando Menegazzo

29 - l’Astre de Rouerie, Michel Pavon

30 - l’Astre de Domination, Alou Diarra

31 - l’Astre de Bonhommie, Lassina Diabaté

32 - l’Astre de Solidité, Manuel Garriga

33 - l’Astre de Débordement, Mathieu Chalmé

34 - l’Astre de Tempérance, André Chorda

35 - l’Astre de Larmes, Patrick Battiston

36 - l’Astre d’Habileté, Jean Swiatek

 

72 astres terrestres

1 - l’Astre du Génial Tacticien, Jean Pujolle

2 - l’Astre de la Grâce, Zlatko Vujovic

3 - l’Astre de Bravoure, Philippe Fargeon

4 - l’Astre d’Héroïsme, Ali Benarbia

5 - l’Astre de Gaucherie, Richard Witschge

6 - l’Astre de Vaillance, Lilian Laslandes

7 - l’Astre de Courage, Camille Libar

8 - l’Astre de Prestige, Thierry Fernier

9 - l’Astre d’Intrépidité, Enzo Scifo

10 - l’Astre d’Instruction, Marc Vernet

11 - l’Astre de Rectitude, Jaroslav Plasil

12 - l’Astre de Rupture, Marouane Chamakh

13 - l’Astre de Saut, Klaus Allofs

14 - l’Astre de Force, Marc Wilmots

15 - l’Astre de Vélocité, Ibrahim Ba

16 - l’Astre de Direction, Gabriel Abossolo

17 - l’Astre de Capacité, Daniel Dutuel

18 - l’Astre d’Assistance, Dominique Dropsy

19 - l’Astre de Secours, Ulrich Ramé

20 - l’Astre d’Efficacité, Pauleta

21 - l’Astre d’Effroi, Hector De Bourgoing

22 - l’Astre de Virtuosité, Didier Couécou

23 - l’Astre de Voyage, Charles Camporro

24 - l’Astre de Rugosité, David Jemmali

25 - l’Astre de Silence, Bernard Baudet

26 - l’Astre de Monolithisme, Gustave Depoorter

27 - l’Astre de Parade, Christian Delachet

28 - l’Astre de Centre, François Grenet

29 - l’Astre de Course, Kodjo Afanou

30 - l’Astre de Dextérité, Laurent Robuschi

31 - l’Astre de Clarté, Sylvain Wiltord

32 - l’Astre d’Attaque, Rolland Guillas

33 - l’Astre de Retraite, Alexei Smertin

34 - l’Astre de Plénitude, Jean-Pierre Papin

35 - l’Astre de Progrès, Cédric Carrasso

36 - l’Astre de Sinuosité, André Doye

37 - l’Astre de Dissimulation, Fernando Cavenaghi

38 - l’Astre de Singularité, Lamine Sané

39 - l’Astre de Talent, Pierre Bernard

40 - l’Astre de Raison, Dr Claude Montero

41 - l’Astre de Musique Benito Irola Diaz

42 - l’Astre de Victoire, Jean-Christophe Thouvenel

43 - l’Astre de Célérité, Bixente Lizarazu

44 - l’Astre Redoutable, Alain Roche

45 - l’Astre de Prise, Gaëtan Huard

46 - l’Astre de Démonialité, Carlos Henrique

47 - l’Astre de Contrôle, Victor Torres Mestre

48 - l’Astre de Réclusion, Claude Rey

49 - l’Astre d’Extinction, Léonard Specht

50 - l’Astre d’Isolement, Guy Calleja

51 - l’Astre de Destruction, Santiago Urtizberea

52 - l’Astre de Frappe, Jean Gallice

53 - l’Astre de Perfection, Jean-Louis Triaud

54 - l’Astre de Brièveté, Mariano

55 - l’Astre de Corne, Franck Jurietti

56 - l’Astre de Présidence, Henri Martin

57 - l’Astre de Secret, René Persillon

58 – l’Astre d’Équilibre, Marcio Santos

59 - l’Astre de Châtiment, Raymond Domenech

60 - l’Astre de Vision, Alain Afflelou

61 - l’Astre d’Enquête, Henri Saivet

62 - l’Astre d’Agressivité, Didier Sénac

63 - l’Astre de Classe, Jean-Luc Dogon

64 - l’Astre de Calcul, Jean-Didier Lange

65 - l’Astre de Formation, Pierre Labat

66 - l’Astre de Forme, Eric Bedouet

67 - l’Astre de Robustesse, Bernard Michéléna

68 - l’Astre de Voix, Gaby Camman

69 - l’Astre de Pieds, Cheik Diabaté

70 - l’Astre de Conscience, André Gérard

71- l’Astre de Stratégie, Elie Baup

72 - l’Astre de Succès, Laurent Blanc

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La Ligue à Léon : épisode 1

5 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #fiction, #Politique, #France

Prologue antiphrastique


 

Années 1980. Délaissant l’entrepreneuriat, Bernard Tapie et Silvio Berlusconi entrent en religion. Ils décident de se consacrer à l’étude de la mystique russe du XIXe siècle. Ils espèrent réunifier les deux grandes branches du christianisme, éloignées par les vicissitudes de l’histoire et l’appétit de pouvoir des grands hommes.

Les forces du Parti communiste français et de la Confédération générale du travail (CGT) ne cessent de croître. Les résultats électoraux sont meilleurs à chaque scrutin. Le nombre d’adhérents augmentent.

Le choc pétrolier du début des années 1970 a permis aux capacités industrielles de la France d’augmenter de 40 %. Une habile politique à l’égard du régime algérien1 a rendu l’accès au pétrole et au gaz quasiment gratuit.

Il est loin le temps où Pompidou pouvait dire : « Le jour où il y aura 300 000 chômeurs en France, ce sera la révolution ».

Il y a 150 000 demandeurs d’emploi dans le pays : ce scandale provoque les démissions successives des Gouvernements de droite.

Le Spartacus qui sommeille en chaque Français s’est réveillé.

Le pouvoir d’achat réel ne fait que grimper, même si l’organisme d’État (l’Insee) exagère encore les données, en ajoutant quelques pourcents. Ces mensonges, sans trop de conséquences, sont dénoncés avec humour par des économistes reconnus comme Emmanuel Todd.


 

Au pouvoir en 1981, la Gauche démolit le « Mur de l’Argent » des « 200 Familles » en quelques mois. L’étude de près de 200 ans d’histoire de ce courant politique permettait de douter qu’elle oserait le faire2. Il en a fallu du temps, mais ça y est, on peut le dire : la gauche est devenue de gauche.

La droite abandonne son apologie du libéralisme. Même être simplement Keynésien modéré devient suspect au RPR et à l’UDF.

Un jeune conseiller de Mitterrand, Jacques Attali, lui propose, pour apaiser les tensions entre les patrons et les ouvriers, de promouvoir les questions sociétales (droits des femmes et des homosexuels, antiracisme, écoles catholiques) au détriment de la lutte des classes. Cette option du « Diviser pour mieux régner » est rejetée par le Sphinx : « Je serai le président du prolétariat, ou rien ».

Première et seule « dictature du prolétariat » pérenne de l’histoire humaine connue, l’URSS progresse sous la houlette de dirigeants expérimentés et éclairés. Citons-les, pour leur rendre hommage : Léonid Brejnev (né en 1906), Vassili Kouznetsov (né en 1901), Iouri Andropov (né en 1914), Konstantin Tchernenko (né en 1911), Andreï Gromyko (né en 1909) et Mikhaïl Gorbatchev (un jeune, né en 1931).

Le budget est à l’équilibre, la production des biens de consommation courante s’améliore. Les Républiques vivent en harmonie, sous la guidée de plans quinquennaux bien menés. Le pluralisme politique est mis en place.

L’Union est un véritable contrepoison à la politique dévastatrice du grand capital international. C’est son existence qui permet ces progrès sociaux en Occident et dans le Sud. Miracle : le cancer lent, mais inarrêtable (la bureaucratie thermidorienne) dénoncé, dès les années 1930, par Léon Trotski, semble avoir été traité avec succès.

L’intégration de l’économie des démocraties populaires et de l’URSS se renforce à la fin des années 1980. C’est le déclenchement d’une accélération dans l’offensive des classes populaires. Le recul général des taux de profit des classes capitalistes occidentales semble inarrêtable.

L’heure est à l’enrichissement général des milliards de travailleurs et de paysans à travers la planète, au prix de la diminution des inégalités.

Les contradictions du mode de production capitaliste semblent décroître, dans le cadre d’un réformisme de bonne intelligence. Les dettes publiques ne cessent de baisser. Le système a visiblement décidé de s’effondrer lentement, de mourir en paix3.

Bref, tout va pour le mieux pour les classes populaires.


 


 

Comme cela ne s’est pas passé ainsi, revenons à la presque réalité.

1 Quelques opérations spéciales très subtilement menées par nos services extérieurs ont certes été nécessaires. Exceptionnellement, la fin peut parfois justifier les moyens. Quand on veut donner un avenir à son peuple, sans angélisme, il faut savoir ce qu’on veut…

2 Après les désastres de 1794, 1848, 1870, 1914, 1936 et 1945, entre autres.

3 « L’irrésistible évolution économique conduit nécessairement à la banqueroute du mode de production capitaliste ». Karl Kautsky, 1892, Le Programme socialiste.

A suivre...

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Comment étudiait Lénine ?

5 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #Russie, #Histoire, #Communisme

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