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Présentation de mon nouveau roman : Le Plus Grand Club du monde

24 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #fiction, #Girondins, #Football

Bonjour, je vous présente ici le premier chapitre de mon nouveau roman intitulé Le Plus Grand Club du monde.

PAS D'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE POUR L ECRIRE LOL

J'espère qu'il saura trouver son public. Je vais publier les chapitres sur ce blog, mais le mettre également en vente comme je le fais d'habitude, via Amazon. Si vous pouviez m'aider en faisant connaitre mon travail d'auteur, ce serait sympa. Hésitez pas à faire passer l'adresse de cette page à vos amis.

 

Bonne lecture

Guillem

Introduction


 

Je me rappelle la première fois

Dans les travées de Lescure ou Gallice

Et ce jour-là, je t’ai fait la promesse

Toute ma vie je chanterai pour toi

Bordeaux

La la la la la la la la la la

La la la la la la la la la la la


 


 

Bordeaux, 2 mai 2066


 

Chers Supporters, chers Camarades,


 

Qui ne connaît pas les Girondins de Bordeaux à notre époque ? Même les plus retors à notre superbe ballon rond ne peuvent ignorer notre mythique institution.


 

Neuf Ligues des Champions UEAAFA1, Quatre Superligues européennes, 17 titres de champions de France, des Coupes de France, des Coupes du Monde des Clubs, et je passe d’autres trophées et records que vous appréciez tant. Notre cher Bordelais Martin Mandorle, plus grand joueur de football de tous les temps, reléguant presque Messi et Maradona au rang de bons amateurs, n’a joué que pour ce mythique blason. C’est tout dire.


 

Le FCGB est devenu le principal club européen, après avoir végété dans les basses divisions des années durant. Belle résurrection ! Quel pied de nez à tous ces apôtres du foot business et de l’argent roi ! Un club sans milliardaire ni dictateur pétrolier à sa tête, avec des gens simples et bénévoles aux commandes, où des joueurs du cru, d’authentiques champions de football, acceptent de mouiller le maillot pour un salaire modique.


 

Notre modèle, au départ tant tancé, a depuis fait florès, en parallèle des profondes évolutions sociales et politiques qui ont conduit notre continent à s’extirper des griffes du grand capital sans foi ni loi, malgré les obstacles et les violences que les travailleurs ont subis et subissent toujours.


 

Des quantités de livres, de documentaires, des séries Netflix, deux journaux (dont un quotidien), une radio, des films et même un parc d’attractions plus tard, il semble que tout a été dit sur le club au scapulaire et sa mythique tribune. Et pourtant…


 

Ce petit livre va vous présenter un aspect méconnu du monde marine et blanc. Et puis vous savez que je n’ai jamais voulu m’exposer, être dans la lumière. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait par dévouement, par amour de l’humanité et du beau football. Tout l’argent dont j’ai pu être le dépositaire est sur un compte séquestre. Il ne m’appartient pas. Je ne suis propriétaire que des mes habits, achetés à la fondation Abbé-Pierre. Je vis toujours dans le logement social de ma pauvre mère et je prends le bus ou le tram, comme beaucoup d’entre vous...


 

Mais je vieillis. Bientôt viendra l’heure du grand départ vers d’autres cieux… Après toutes les sollicitations dont j’ai été l’objet ces dernières décennies, je vais donc aussi, dans ces pages, expliquer d’où je viens, qui je suis… Me dévoiler à vous, chers supporters. Et beaucoup d’entre vous apprendront que vous me connaissiez déjà, sans le savoir !


 

Et pour commencer, je vais enfin dévoiler ma véritable identité.


 

Vous serez probablement surpris. Et vous comprendrez que des étoiles veillent sur le FCGB et aussi sur vous !


 

Bonne lecture !


 

Gabriel Baudry, alias Giordano Bruno, député-maire, président du FCGB

NB : dans certains chapitres, la narration est à la 3e personne, mais ne pensez pas que le narrateur et son personnage sont deux individus différents ! C’est simplement la manière dont j’ai choisi de présenter le récit...

1Union européano-africano-asiatique de football association

A suivre...

Présentation de mon nouveau roman : Le Plus Grand Club du monde
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Passionnante Ligue des Nations de l'UEFA

24 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #Football, #Europe

Passionnante Ligue des Nations de l'UEFA
Passionnante Ligue des Nations de l'UEFA

Il y a déjà eu quatre éditions. La cinquième a lieu en 2026-2027.

Toutes les équipes inscrites à l'UEFA, sauf la Russie depuis 2022, sont qualifiées.

Elles sont réparties en quatre divisions (A, B, C, D), avec plusieurs poules à chaque échelon.

Ce système de promotion relégation est fascinant.

Nous entendons toujours parler de la première division 1, A, avec la France, l'Espagne, etc., mais la compétition est intense aussi dans les échelons inférieurs.

Regardons ce que cela donne pays par pays, pour chaque édition (promotions et relégations). Chaque lettre représente une édition (2018-2019, 2020-2021, 2022-2023, 2024-2025 et 2026-2027). 

A partir de 2028, il n'y aura plus que 3 niveaux.

Les faits que j'ai notés :

Les + :

L'Angleterre a été reléguée en 2e division, mais remonte en première dès cette saison.

La Géorgie est passée de la dernière à la deuxième division.

La Grèce est montée de D3 à D1 pour cette saison, tout comme la Norvège.

Le Kosovo est dans l'antichambre de l'élite, après être partie de la dernière division, tout comme la Macédoine du Nord.

La Turquie est remontée dans l'élite alors qu'elle était en 3e division il y a deux saisons.

Les - :

La Bulgarie, grand pays de football, végète en troisième division.

L'Islande est passée de D1 à D3 en trois saisons.

Promus cette saison : 

A : Angleterre, Grèce, Norvège, Pays de Galles, Tchéquie, Turquie

B : Irlande du Nord, Kosovo, Macédoine du Nord, Roumanie, Suède

C : Moldavie, Saint-Marin

Rélégués de la division supérieure en cette saison : 

B : Bosnie-Herzégovine, Ecosse, Hongrie, Israël, Pologne, Suisse

C : Albanie, Finlande, Islande, Kazakhstan, Monténégro

D : Azerbaïdjan, Lituanie.

 

Parcours de chaque équipe :

Allemagne : AAAAA

Albanie : CCBBC

Andorre : DDDDD

Angleterre : AAABA

Arménie : DCBCC

Autriche : BBABB

Azerbaïdjan : DCCCD

Belarus : DCCCC

Belgique : AAAAA

Bosnie-Herzégovine : BABAB

Bulgarie : CBCCC

Croatie : AAAAA

Chypre : CCCCC

Danemark : BAAAA

Ecosse : CBBAB

Espagne : AAAAA

Estonie : CCDCC

Iles Féroé : DDCCC

Finlande : CBBBC

France : AAAAA

Géorgie : DCCBB

Grèce : CCCBA

Hongrie : CBAAB

Irlande : BBBBB

Irlande du Nord : BBCCB

Islande : AABBC

Israël : CBBAB

Italie : AAAAA

Kazakhstan : DCCBC

Kosovo : DCCCB

Lettonie : DDDCC

Liechtenstein : DDDDD

Lituanie : CCCCD

Luxembourg : DCCCC

Macédoine du Nord : DCCCB

Malte : DDDDD

Moldavie : DCDDC

Monténégro : CCBBC

Norvège : CBBBA

Pays Bas : AAAAA

Pays de Galles : BBABA

Pologne : AAAAB

Portugal : AAAAA

Roumanie : CBBCB

Russie : BB suspendue

Saint-Marin : DDDDC

Serbie : CBBAA

Slovaquie : BBCCC

Slovénie : CCBBB

Suède : BABCB

Suisse : AAAAB

Tchéquie : BBABA

Turquie : BBCBA

Ukraine : BABBB

 

 

 

 

 

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Emmanuel Macron peut-il annuler l’élection présidentielle si la France entre en guerre ?

24 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #France, #Politique, #élections

Pour le moment, c'est du "complotisme"

 

Article à ressortir dans six mois, peut-être...

Emmanuel Macron peut-il annuler l’élection présidentielle si la France entre en guerre ?
Article de Romarik Le Dourneuf

Selon des théories circulant sur les réseaux sociaux, le président français serait tenté de provoquer une guerre avec la Russie dans le but d’annuler ou de reporter l’élection de 2027. Une stratégie improbable et compliquée à mettre en place FAKE OFF - Selon des théories circulant sur les réseaux sociaux, le président français serait tenté de provoquer une guerre avec la Russie dans le but d’annuler ou de reporter l’élection de 2027. Une stratégie improbable et compliquée à mettre en place

 

Et si Emmanuel Macron avait décidé de rester à l’Elysée un peu plus longtemps que prévu ? Les 18 avril et 2 mai prochains doivent avoir lieu les premier et second tours de l’élection présidentielle 2027. Après ces dates, un président de la République ne pouvant pas réaliser plus de deux mandats successifs, Emmanuel Macron devra donc indubitablement laisser les clés de l’Etat à son (ou sa) successeur(e). Pas si sûr, selon de nombreux internautes et influenceurs, qui assurent que le chef de l’Etat a un plan pour rester aux manettes : faire entrer la France en guerre afin de pouvoir activer l’article 16 de la Constitution qui lui donnerait les pleins pouvoirs, et notamment ceux d’annuler ou de repousser le scrutin de 2027. Une hypothèse déjà soulevée par Ségolène Royal en novembre 2025. Pour y parvenir Emmanuel Macron impliquerait toujours davantage la France dans la guerre entre l’Ukraine et la Russie pour provoquer Vladimir Poutine et pousser Moscou à frapper l’Hexagone. Dernière preuve en date, selon les partisans de cette théorie : la réunion avec les chefs des partis et candidats à la présidentielle au sujet de la situation en France destinées à préparer le terrain. Selon plusieurs internautes, la prise de parole du président prévue ce jeudi serait même une étape de plus vers l’établissement de son dessein.

 

Pour vérifier cette théorie, 20 Minutes a fait appel à Anne Levade, professeure de droit public et constitutionnaliste à l’Université Paris-1 Panthéon Sorbonne.

 

Première chose importante à noter : le président n’est pas compétent pour déclarer la guerre à un autre pays. Selon l’article 35 de la Constitution, pour qu’il y ait déclaration de guerre, il faut que celle-ci ait été autorisée par le Parlement. Sans prêter aucune intention larvée au chef de l’Etat, Anne Levade précise : « Si le président de la République se mettait à violer délibérément la Constitution, il pourrait y avoir une procédure de destitution engagée. » Dans le cas, envisagé ici, où c’est un autre pays qui attaquerait la France, rien dans la Constitution ne porte sur les conséquences en termes d'échéance d’une élection. « Il n’est pas du tout prévu dans la Constitution française qu’une élection, quelle qu’elle soit, devrait être reportée dans l’hypothèse où il y aurait une guerre qui aurait été déclarée », précise Anne Levade. De plus, comme le précise, la professeure de droit, le président n’intervient pas dans la décision de la date d’une élection présidentielle. Un calendrier est fixé par la Constitution de manière claire avec une régularité qui est à tous les cinq ans et c’est au gouvernement qu’il revient la charge de convoquer le corps électoral. Les seuls reports possibles envisagés dans la Constitution s’affichent à l’article 7 et concernent le cas d’un empêchement ou du décès d’un des candidats déclarés dans les sept jours précédents le premier tour ou dans l'entre-deux-tours. Et ce report se limite à trente-cinq jours après la date décidée initialement. Pour résumer, rien dans la Constitution n’autorise le président de la République à reporter ou à annuler l’élection présidentielle. Toutefois, si à l’occasion de cette guerre, la France était bombardée directement sur son territoire ou si ce dernier venait à être occupé, il ne serait pas possible de garantir la bonne tenue des bureaux de vote et la sécurité des électeurs.

 

« L’argument qui pourrait être avancé alors serait le cas de force majeure, il est prévu dans la Constitution de 1958 », explique Anne Levade. Ce cas de force majeure ne concerne pas directement l’état de guerre, mais il a été, par exemple, utilisé en 2022 par le Conseil constitutionnel à Mayotte après une catastrophe climatique « qui mettait en danger les électeurs et qui rendait matériellement impossible l’organisation du bureau de vote », explique la professeure. L’autre possibilité de report possible de l’élection serait la déclaration d’un état de siège, établi dans l’article 36 de la Constitution, décidé en Conseil des ministres et qui ne peut être décrété « qu’en cas de péril imminent résultant d’une guerre étrangère ou d’une insurrection armée ». Ainsi, si elle les jugeait « de nature à menacer l’ordre public », l’autorité militaire pourrait « interdire les publications et les réunions ». Cet état de siège ne dure que douze jours et ne peut être prorogé que par le Parlement.

 

Activer l’article 16 ? Un « putsch » qui ferait « pschitt » Enfin, le dernier argument avancé par les partisans de la théorie initiale, est celui de l’utilisation de l’article 16 de la Constitution qui donnerait « les pleins pouvoirs » au président de la République, qui pourrait alors décider de rester en place à sa guise. L’article en question indique en réalité que « lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacées d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des Présidents des Assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel ».

 

À ce sujet, Anne Levade décortique ce qu’elle qualifie de « fantasme » : « Les conditions de l’article 16 sont quand même très restrictives. De plus, il y a un avis qui est donné et publié par le Conseil constitutionnel. » Cet avis a été inséré à la Constitution après le seul usage de cet article pendant la Guerre d’Algérie par le Général de Gaulle qui l’avait maintenu, abusivement pendant cinq mois. « Si le président de la République, pris de folie, l’activait contre l’avis du Conseil constitutionnel, celui-ci pourrait être saisi au bout de trente jours pour faire constater si oui ou non, il y a lieu d’appliquer cet article 16. Donc il n’y aurait aucun sens à l’activer pour annuler ou reporter sine die une élection et encore moins pour installer une dictature pour les 25 prochaines années. Ce serait un coup d’Etat qui fait pschitt », conclut Anne Levade.

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Rakovsky sur l'Ukraine et la question nationale

23 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #urss, #Histoire, #Communisme

"En janvier 1919, Christian Rakovsky fut nommé par Lénine à la tête du gouvernement provisoire ukrainien. La même année, il devint Commissaire aux Affaires étrangères de la République ukrainienne et Président du Conseil de défense ukrainien. Étant simultanément membre du Comité exécutif central de l’Union et membre du Politburo du Parti communiste ukrainien, Rakovsky concentra entre ses mains un pouvoir personnel considérable. Il devait rester à ce poste jusqu’à sa révocation par Staline en 1923, et durant ces années, il fut, selon Trotsky dans ses Notes sur Rakovsky, « l’âme et le vrai chef de l’Ukraine »."

"Son attitude initiale envers la question nationale en Ukraine était très largement une continuation de ses vues antérieures. Ce qu’étaient ces vues concernant l’Ukraine se voit le plus clairement dans l’article qu’il écrivit sur les relations entre la Russie soviétique et l’Ukraine et qui traitait des effets d’une révolution socialiste sur les relations entre États et nations. Les relations entre les États soviétiques, disait Rakovsky, sont, dans leur essence, distinctes de celles entre les États bourgeois.

La différence est due, fondamentalement, aux différences de leur base économique. L’État bourgeois, produit de la propriété privée capitaliste et de la concurrence, est considéré comme la propriété privée de chaque classe dirigeante nationale. D’où un ordre étatique bourgeois qui se caractérise par la création d’« États nationaux séparés luttant les uns contre les autres ». Mais parce que la révolution socialiste élimine la propriété privée, elle élimine aussi la base de l’ordre étatique de la bourgeoisie : « les frontières entre États socialistes cessent d’avoir un caractère politique et deviennent de simples limites administratives ».

Ainsi, tandis que le plus démocratique des États bourgeois fait une distinction entre ses propres citoyens et les étrangers, l’une des caractéristiques les plus fondamentales de la constitution d’un État socialiste est « une suppression complète des privilèges nationaux ». L’envers de la médaille de la suppression du particularisme national est la centralisation. « La tendance d’une révolution socialiste est la centralisation politique et économique sous la forme d’une fédération internationale temporaire. » Cette fédération internationale ne devait pas être réalisée d’un seul coup mais seulement par « un processus de suppression du particularisme, de tous les préjugés démocratiques et nationaux ».

Rakovsky donne, comme exemple de cette tendance centralisatrice, la formation par l’Ukraine et la Russie de commissariats conjoints pour la guerre, les finances, le travail, les postes et télégraphes. Il attaque les nationalistes ukrainiens petit bourgeois pour « placer la question nationale au premier plan et sacrifier la libération sociale de la classe ouvrière ». Il était naturel, pensait-il, que les nationalistes se rangent du côté de la contre-révolution, que ce soit sous la forme des Blancs, des Allemands ou des Polonais. Le nationalisme en Ukraine était, pour Rakovsky, quelque chose « imposé aux masses » par l’intelligentsia et il n’en voyait la signification que comme une force au service de la contre-révolution. Nulle part à ce stade Rakovsky ne semble conscient des dangers du nationalisme et du chauvinisme russes.

Dans un article publié dans les Izvestia le 3 janvier 1919, après avoir souligné que les différences ethnographiques entre les Ukrainiens et les Russes étaient « en elles-mêmes insignifiantes », il affirmait que le « Le danger d’une mainmise nationale sous le pouvoir des Soviets est totalement inexistant ». Tout à fait dans le même esprit que dans son article de România Muncitoare en 1912, il soutenait que la révolution russe et le gouvernement soviétique créeraient les meilleures conditions pour le libre développement de chaque nation."

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Où va-t-on ?

22 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #Réflexion, #Politique, #France

Le peuple, saigné par l'inflation et les prix du carburant, va-t-il enfin intervenir dans l'arène politique pour défendre ses intérêts foulés au pied par la grande bourgeoisie et ses suppôts politiques ?

 

Ce serait à tout le moins nécessaire, pour ne pas continuer de s'enfoncer dans le paupérisme.

Une intervention de type Gilets Jaunes, mais beaucoup plus massive et beaucoup plus consciente politiquement, est préconisée.

Le gouvernement actuel est plus dur pour son peuple que ceux d'autres pays. C'est véritablement un régime de combat au service du Talon de Fer du Grand Capital, défendant des causes moralement ignobles comme l'impérialisme occidental en Europe de l'Est ou la colonisation génocidaire de la Palestine.

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Les escrocs du Tarot

22 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #Esotérisme, #Tarot, #Capitalisme

J'ai acheté ce livre en direct à son auteur il y a quelques années, via son site, dans les 50 euros environ.

Un très beau livre, très ésotérique, véritable œuvre d'art, certes.

Aujourd'hui il n'est plus réimprimé. Des escrocs essaient de le vendre près de 1000 euros. Consternant.

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Un dimanche allemand.

21 Septembre 2026 , Rédigé par Boyer Jakline

Cet article est reposté depuis 26-09..

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"L'appel de Kwangju", un film exceptionnel sur le Mouvement étudiant de Kwangju (1929-1930)

21 Septembre 2026 , Rédigé par Association d'amitié franco-coréenne

Cet article est reposté depuis Association d'amitié franco-coréenne.

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ES Saintes - Girondins : les notes des joueurs

21 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #Football, #Girondins

Notes sur 10

G. Lecroart 6

D. Bertrand 7

D. Capblanne 6

D. Dja Daouadji (C) 6

D. Bosc 6

M. M'Boup 7

M. Lavergne 6

M. Kalyvas 7

M. Pottier 6

A. Abderrebi 7

A. Diragbou 6

- - -  - -

A. Cebola 7

M. Ech Charrat (M'Boup) 6 

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ES Saintes - Girondins en Coupe de France : compte rendu

20 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #Girondins, #Football

Dimanche 20 septembre 2026 à 15 heures à Saintes en Charente Maritime, stade Yvon-Chevalier.

 

C'est le premier match officiel de la saison pour les Girondins 🟦⬜. C'est le troisième tour de la Coupe de France. Bordeaux a été exclu des compétitions nationales. Pourtant l'équipe est présente. Jamais les Girondins ne sont si tôt entrés en lice dans cette compétition. Le club a été professionnel sans interruption de 1937 à 2024.

L'équipe est celle prévue pour le championnat Régional 1. Elle est entraînée par Laurent Vergès.

On ne sait pas encore dans quelle division va jouer le club au scapulaire cette saison. Sixième échelon national ? Plus bas ?

L'équipe du FCGB est composée d'étudiants et de quelques actifs. On est loin du professionnalisme. La composition est affichée ci-dessus.

L'ES Saintes joue en départemental 2 . Évidemment ce sont des joueurs amateurs. Beaucoup de joueurs professionnels, comme les frères Brisson et Bruno Steck ont notamment joué dans ce club. Dominique Rocheteau, l'Ange Vert, est originaire de Saintes.

Le match a lieu à huis clos. La préfecture craint des débordements à cause des conflits entre supporters bordelais.

Des supporters girondins chantent depuis le pourtour du stade. Une banderole 'Le FCGB doit vivre' est attachée autour du stade. Le match commence avec du retard, pour protester contre les conséquences du huis clos pour le club recevant, privé de recettes et d'une belle fête pour ses bénévoles, joueurs et supporters. Les supporters FCGB sont également punis à cause des choix de la préfecture.

La pelouse est de bonne qualité.

Au début du match, après un coup d'envoi en mode rugby loin dans le camp marine et blanc, Saintes tente de mettre la pression aux Girondins, dont l'équipe est assez jeune. Les Bordelais résistent et le pressing se relâche au bout de quelques minutes.

 

Bordeaux prend alors possession du jeu puis parvient à marquer au bout de 16 minutes par Kalyvas d'une belle frappe enroulée.

Les joueurs de Charente Maritime courent après le ballon.

M'Boup marque d'une frappe de loin suite à un corner à la 31e minute.

Seul devant le but vide, Abderrabi frappe sur la barre transversale à la 38e minute. 

Les Saintais souffrent physiquement.

Au retour des vestiaires, à la 48e, Bordeaux aggrave l'écart. Sur un centre venu de la gauche, Cebola, entré en jeu à la mi-temps en lieu et place de Diragbou, marque seul à deux mètres du but.

Coup franc devant la surface de réparation saintaise à la 69e minutes : Tom Pottier tire au-dessus.

Nouveau coup franc très bien placé légèrement sur la gauche de la surface locale à la 71e minute. La frappe d'Abderrebi prenant la direction du coin bas gauche des cages est bien détournée en corner par le gardien.

A la 86e minute, suite à un coup franc sur la gauche des buts des Locaux, un Girondin frappe dans le petit filet.

A la 86e toujours, Abderrebi dribble plusieurs joueurs dans la surface de réparation puis est irrégulièrement mis au sol et obtient un pénalty, qu'il transforme lui-même. 4-0.

A la 88e, un local tacle durement notre joueur n°10, Tom Pottier, sur le côté droit, au milieu du terrain. Sans conséquences.

 

Qualification. Le staff et les joueurs ont le sourire, et les Saintais n'ont pas l'air si déçu que cela non plus ! L'écart, surtout physique, était trop grand.

Les joueurs vont saluer les supporters dans le coin du stade.

 

Au prochain tour, les Girondins recevront, si tout va bien, un ancien adversaire en quatrième division, l'AS Angoulême Charente, désormais supérieur à eux. Ainsi vont les Girondins, passés au rouleau compresseur du capitalisme pourrissant !

 

Allez Bordeaux 🟦 ⬜ ⚽ 

Tes supporters sont là !

💙🤍

Zoom football féminin

L'équipe féminine jouait en troisième division au Puy-en-Velay. Elle a gagné son premier match à domicile la semaine dernière.

Hélas hier les féminines se sont inclinées 3-2.

 

 

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La Ligue à Léon : épisode 13

18 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #fiction, #France

Chapitre 11 :
Distribution houleuse devant Ford

 

« Mais vous ne vous entendrez jamais ! C’est cousu de fil blanc ! Vous êtes trop différents », susurre Lisbeth Marty à l’oreille de François Pagès. Ils sont allongés l’un à côté de l’autre dans leur lit, dans leur chambre de leur appartement du centre-ville de Bordeaux. Il est 4 h 30 du matin.

« Il faut leur donner une chance, mais ils connaissent nos limites », répond François Pagès, scrutant sa bien aimée de son regard strabique.

Née dans une famille communiste, Lisbeth est devenue tout naturellement sympathisante du PCF. La famille est depuis toujours le principal filon de recrutement des nouveaux adhérents du parti.

Le 21 avril a jeté un froid entre eux. Mais l’amour a triomphé. Ils ne jugeront pas les idées politiques de l’autre. Ce qui les rassemble est plus fort que ce qui les sépare.

« Ma chérie, j’aime être avec toi, mais si tu pouvais dire à tes camarades qu’ils se calment.

– Je suis aussi choquée que toi, je ne suis pas d’accord avec ces méthodes d’un autre âge, mon chou.

– Malheureusement, je crains que ce ne soit que le début. La LCR a fait fort avec cette décision. L’extrême gauche semble renforcée, mais cela redouble la violence de nos adversaires.

– Le fait que le Parti des travailleurs soit sur la même ligne, c’est une bonne chose. On a vu que SUD, FO et certains syndicats de la CGT ont rejeté l’appel au barrage anti FN. Ils ne l’auraient pas fait si la Ligue ne vous avait pas tendu la main.

– J’ai l’impression que tu serais presque d’accord avec moi alors ?

– Non chéri, je reste persuadé que la situation est toujours meilleure avec un PCF et une gauche forts pour améliorer le sort des classes laborieuses. Et le FN n’est pas si éloigné que cela du fascisme, malgré vos dénégations… C’est un poison mortel pour la conscience de classe et les organisations populaires.

– On en a déjà parlé mille fois… Le fascisme est un mouvement social et politique situé dans un contexte bien précis. Celui où la domination bourgeoise sur le monde était remise en cause par l’existence de l’URSS et d’un fort courant révolutionnaire, le tout aggravé par une crise économique d’ampleur, consécutive au Jeudi Noir d’Octobre 1929, lui-même lié à la crise de surproduction classique du capitalisme dans sa phase impérialiste. Rien de tel ne menace le grand capital, hélas, et ce depuis au moins 1940… Bon, je dois me lever pour aller distribuer le bulletin d’entreprise de l’usine Ford. Je vais faire le café.

François Pagès embrasse sa fiancée et se dirige vers la cuisine. « Tu sais, hier à la réunion du Mouvement Jeunes communistes, au siège du PCF, il y avait 150 personnes. La salle était trop petite. On n’avait pas vu cela depuis… Je ne sais pas quand. L’arrivée du FN au second tour a été un électrochoc.

– C’est vrai, encore faut-il en tirer les bonnes leçons, Lisbeth Marty.

– C’est un processus… Les gens comprennent petit à petit. Je n’ai pas non plus été satisfaite du bilan de la Gauche Plurielle. Mais cela a empêché la droite de remettre en cause les retraites, les services publics…

– Toute chose qu’elle va à présent s’empresser de réaliser. La destruction des conquis sera encore plus rapide et brutale, car la gauche a désarmé et désespéré le peuple, en lui enseignant qu’on ne pouvait rien faire, qu’il n’y avait qu’une politique possible, celle de la bourgeoisie. Chirac va être élu avec 90 % des suffrages. Il aura une assemblée aux ordres. Ils vont pouvoir attaquer tous azimuts les classes laborieuses. Destruction des services publics, fermeture de services hospitaliers, de services fiscaux, d’écoles, au nom de la mutualisation et des économies d’échelles, remise en cause des droits au chômage, à la retraite, déremboursement des médicaments… Et le patronat pourra licencier et précariser tranquillement, pour faire toujours davantage de profits. Tu verras que, dans les années à venir, les fortunes des milliardaires vont monter à des niveaux jamais vus.

– Tu es inarrêtable, François. C’est ce qui fait ton charme. Je rends les armes. »

Tout en récitant son catéchisme trotskiste, François Pagès fait chauffer le café. Puis il petit-déjeune et se prépare à toute vitesse. Il sort de chez lui, monte dans sa Peugeot 205 rouge 3 portes, équipée de la direction assistée, et file vers l’usine.

Avec Dominique Trévisan, alias Kléber, un autre militant, instituteur à Eysines, ils diffusent le bulletin d’entreprise, comme tous les quinze jours. Celui-ci est composé de l’éditorial de l’hebdomadaire national au recto, et de brèves sur la situation dans l’entreprise au verso. Il est rédigé par François Pagès, alias Tumpa, avec la collaboration active de la dizaine de militants à l’intérieur du site, lequel regroupe quelque 4 000 salariés.

LO compte autour de 500 bulletins de ce type distribués tous les 15 jours, dans toute la France.

A seulement 28 ans, François Pagès, manipulateur radio de profession, a réussi à recruter des sympathisants actifs dans Ford. Au grand dam de Philippe Plain, leur ancien camarade, qui a quitté LO avec l’exclusion de VDT et rejoint la LCR il y a quelques années. Pour ce second tour au moins, ils sont d’accord : pas une voix ne doit aller à Le Pen. Mais aucune non plus à Chirac.

Le talent militant de François Pagès a été récompensé. Après quelques années à être sympathisant, simplement associé aux activités, mais sans pouvoir participer aux réunions de cellule, ni voter aux congrès, après avoir lu avec passion les dizaines de livres, romans, théorie, journaux que lui ont proposées les camarades… il est devenu membre de LO à part entière.

Avec François Pagès, deux anciens amis de lycée pro, désormais ouvriers à Ford, ont intégré l’organisation LO après qu’il les a convaincus. Ils ont ainsi le droit de vote au congrès, un privilège qui n’est pas donné à tout le monde, loin de là.

Un véritable exploit dans cette fin du XXIe siècle marquée par l’effondrement du « communisme réel », du militantisme ouvrier et avec lui de la conception marxiste du parti.

Attirer des jeunes vers LO : un miracle. Ce bâton de maréchal a valu à François Pagès d’être coopté au comité central de LO lors du dernier congrès qui s’est tenu, comme chaque année, début décembre.

 

Ce matin, la diffusion du bulletin est plus délicate. Beaucoup d’ouvriers, notamment les Maghrébins, ne comprennent pas la position de la LCR et de LO. Ils ont vraiment peur que le FN passe et les chasse de France. Un nombre assez élevé ne prend pas le tract ou le rend.

« Vous n’êtes pas avec nous », dit l’un.

« Je suis d’origine maghrébine, explique un salarié à Kléber, une casquette New York Rangers vissée sur la tête. Qu’est-ce que nous allons devenir si Le Pen passe ? Nous allons devoir retourner dans le pays de nos grands-parents ? Je ne le connais même pas.

– C’est techniquement impossible et ce serait même un risque de guerre civile que de projeter de renvoyer des millions de gens, répond mollement Kléber. Le FN ne gagnera pas les élections, mais même si c’était le cas, il ne pourrait pas le faire.

– Les Harkis et les Pieds Noirs ont bien été chassés eux en 1962, alors qu’ils étaient en Algérie depuis bien plus longtemps que nous sommes en France, réagit l’ouvrier à la casquette de base-ball. Si les Algériens ont réussi, pourquoi les Français ne le pourraient-ils pas ?

– Je ne vois pas les Français agir ainsi. Avec quelles forces armées mettre cela en place ? L’armée est devenue professionnelle, elle ne compte que quelques dizaines de milliers d’hommes, qui sont spécialisés dans les opérations extérieures », conclut Kléber. L’ouvrier le salue et entre dans l’usine.

Mais une bonne partie des travailleurs approuve la position de l’extrême gauche.

« Je vous soutiens, explique Parfait Kassongo, un jeune en contrat d’apprentissage, d’origine congolaise, très musclé, qui porte une discrète croix en or autour du cou. Il faut dire stop à cette mascarade.

– Oui, mais l’objectif est de construire cette force politique de défense des travailleurs, ce que ne fait plus la gauche », ajoute François Pagès, qui espère faire participer Parfait à la rédaction du bulletin.

Les discussions portent aussi sur les conditions de travail : hier, un ouvrier a eu la main écrasée, dans un atelier. Cela a donné lieu à un débrayage. En urgence, il a fallu ajouter une brève sur le sujet, dans le bulletin.

 

Deux voitures se garent au niveau du parking. Sept gars en descendent. François Pagès les scrute de ses yeux rapprochés. Ce sont des militants du PCF, dont certains qu’il ne connaît pas.

D’habitude, ils se disent bonjour poliment, mais le ton a changé.

« Eh, le bigleux ! Alors, vous venez faire votre propagande hitlérotrotskiste ? Barrez-vous de là ! »

Des costauds entourent Tumpa et Kléber, empêchant toute distribution des imprimés.

Mais la résistance s’organise vite, autour de Parfait, qui ne se laisse pas impressionner : « Arrêtez de faire vos malins, vous vous prenez pour qui ? »

 

Une dizaine d’ouvriers arrivent au même moment devant le portique et demandent à rentrer.

« Poussez-vous », dit l’un, en prenant un bulletin de la main-même de Kléber. D’autres l’imitent, saluant les Trotskistes d’un sourire ou d’une tape sur l’épaule.

Le passage à tabac n’est plus à l’ordre du jour. Le rapport de force est loin d’y être favorable. Le PCF et la CGT ont perdu de leur superbe, après quelques années à soutenir les Gouvernements socialistes.

« C’était une simple discussion, les amis ! », conclut Serge Perez, le secrétaire de la CGT, en s’éloignant avec les autres membres du PCF.

Mais il susurre à l’oreille de François Pagès : « Le bigleux, ne traînez pas ici, on sait qui vous êtes, on a les listes… »

Pas de doute, les semaines qui arrivent s’annoncent animées… Le ton a changé. Est-ce comme l’époque dont parlent avec émotion les vieux du parti, pendant les prétendues Trente Glorieuses, quand être Trotskiste pouvait te valoir de très sérieux problèmes ?

Mais la réaction des ouvriers a de quoi réchauffer le cœur de François Pagès.

« Le capitalisme est historiquement condamné, murmure-t-il à Parfait. Le stalinisme n’empêchera pas la révolution mondiale… »

L’ouvrier lui fait un clin d’œil et un geste de la main, puis rentre dans l’usine.

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La Mondialette va commencer

17 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #Football, #Jeu vidéo

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La Ligue à Léon : épisode 12

17 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #fiction, #France

Chapitre 10 :
Scène de ménage

 

20 h 30, dans un petit appartement d’un quartier du nord-est de Paris. Le chef de LO Robert Brassa est assis dans le canapé de son salon. Sa femme, Muriel, couturière de profession, est assise dans un fauteuil, à côté d’un guéridon sur lequel est posée une lampe. Elle a dans les mains le premier tome du roman de Robert Musil, L’Homme sans qualités.

Robert est concentré sur les différents reportages du journal télévisé de TF1. Muriel, avec laquelle il vit depuis près de 50 ans, regarde cela distraitement.

Robert Brassa écoute les commentaires des journalistes et des experts invités. En plein entre-deux-tours, c’est d’abord Philippe Seguin qui vient défendre Jacques Chirac. Puis nous avons Bruno Mégret qui promeut la candidature de Jean-Marie Le Pen.

Muriel espère enfin pouvoir passer une soirée avec son mari, à regarder un quelconque film sur une des six chaînes de la télévision, ou à visionner à nouveau Un Tramway nommé désir, avec Marlon Brando, un de leurs films favoris. Le parti est entre de bonnes mains, Robert Brassa peut un peu souffler.

Mais avant que ne commence la météo présentée par Sébastien Folin, né le 26 avril 1970 à Antananarivo (Madagascar), Muriel voit son mari se lever péniblement de son canapé. Claudiquant, il se dirige vers le buffet situé à l’autre bout de la pièce. Puis, il contourne la table et attrape son sac dans lequel sont rangés ses affaires du parti et son portefeuille.

« Tu sors, Robert ? », demande Muriel, d’une voix où percent une légère inquiétude ainsi qu’une franche déception.

« Oui, j’ai une réunion au parti. Frank va passer me prendre dans cinq minutes. Je vais me laver les dents », annonce le Chef. Il est déjà en train de se rendre à la salle de bains, empruntant, pour ce faire, le petit couloir mal éclairé au mur duquel sont suspendues des affiches des différentes fêtes de Lutte Ouvrière.

« Robert, reste avec moi, ce soir, chéri, passons un moment ensemble. Qui sait ce que nous réserve l’avenir. Profitons du moment présent. »

Une remarque inattendue de la part de sa femme d’habitude si discrète. Robert Brassa se tourne vers elle.

« Que dis-tu, chérie ? Tu sais bien que je suis obligé d’aller à ces réunions. Je préférerais rester tranquillement ici, mais nous sommes dans une situation compliquée. Les camarades se font attaquer dans la rue, les gens deviennent comme fous. On se croirait revenus à l’époque de la Libération, quand on a tondu les femmes ayant couché avec des Allemands et fusillé les Collabos.

– Justement Robert, tu n’en as pas assez ? Tu n’as pas depuis si longtemps joué à ce jeu de la politique pour avoir compris ce que cela valait vraiment ? »

Muriel a toujours eu des sentiments anarchistes, antiélectoralistes. Elle a autrefois milité à la CNT avec les réfugiés espagnols. Cela fait longtemps qu’ils ne se disputent plus pour des questions politiques.

– C’est la fin de mon parcours politique. Il ne me reste que quelques années, Muriel, c’est probable, mais je ne veux pas abandonner mon poste. J’ai des responsabilités. Je suis le dirigeant du parti, un des derniers présents depuis sa fondation ou presque. Je suis le faible dépositaire d’une immense tradition révolutionnaire. Je n’ai pas le droit de démissionner.

– Et qu’est-ce que cela t’apportera de continuer ? Tu n’es pas fatigué ? Contre qui te bats-tu ? Pour quoi te bats-tu ? Chéri, reste ici avec moi, profite d’un moment avec ta femme, combien de temps cela sera-t-il encore possible ? Le temps passe si vite.

– Mais qu’y a-t-il, Muriel ? Pourquoi de tels propos ? Tu es dépressive ?

– Non, je suis heureuse, fière de la belle famille que nous avons bâtie, mais je pense que tu es comme un enfant qui n’a toujours pas compris le sens de la vie… Tu arrives dans tes dernières années, Robert, ne te voile pas la face. Laisse ce manichéisme derrière toi, les bons, les ouvriers, les exploités, les méchants, les capitalistes, les banquiers… Ne crois-tu pas qu’ils ont leur part de malheur aussi ? Ne crois-tu pas que l’argent ne peut tout acheter ? A quoi te sert-il de te battre pour un monde nouveau si tu rends malheureuse ta femme en la quittant chaque soir pour une maîtresse insatiable ? Est-ce que tu crois qu’on peut rendre le monde entier heureux malgré lui ? Et ce en oubliant ses devoirs familiaux ? Je sais que nous n’avons jamais porté l’institution de la famille dans notre cœur, mais paradoxalement, nous en avons fondé une, et une belle. Le seul combat utile à mener maintenant, c’est pour elle. Laisse tranquilles Le Pen, Chirac, Jospin, Seillière et j’en passe.

– Tu veux que je lâche prise, comme dirait un adepte du yoga. Il n’y a plus de lutte de classe, plus de conflits, plus d’exploitation, nous sommes tous frères, c’est cela Muriel ? C’est ainsi que vous raisonniez à la CNT ? Je ne crois pas.

– Eh là, mon ami, tu t’égares. Il y a bien longtemps que je n’ai plus mis les pieds à la CNT. Je suis apaisée. J’ai un toit, de quoi vivre, des enfants et des petits-enfants. Je ne demande rien d’autre que passer quelques moments agréables avec un mari qui est toujours un gamin, apparemment.

– Tu as renoncé à la lutte, c’est ton choix, pas moi.

– Renoncer à la lutte ? Quelle honte, Robert ! Il fallait bien que quelqu’un s’occupe des enfants, leur père étant parti chaque jour et chaque soirée. Et quand bien même j’y aurais renoncé ? En quoi serait-ce inférieur à ton attitude ? Es-tu si sûr de toi que tu crois sérieusement que ton intervention peut changer quoi que ce soit à la situation ?

– Si tout le monde pensait ainsi, tel Jacques le Fataliste, nous serions toujours sous la monarchie absolue. Il faut des combattants pour entraîner la masse.

– Tu es plein de certitudes. Je crois que c’est Vladimir Lénine, ou bien Léon Trotski, qui disait que personne n’a jamais déclenché une révolution, non ? Les grands événements historiques sont le produit d’une myriade de petits événements qui s’incorporent les uns aux autres et débouchent sur une transformation de la quantité en qualité. Tu devrais prendre exemple sur tes modèles. Personne n’est indispensable et personne, malgré les prétentions des Marxistes à prédire l’avenir, ne sait pourquoi ni comment se déclenche une révolution.

– Tu dis vrai. Donc je devrais abandonner la lutte et cultiver mon jardin, tel un vulgaire petit-bourgeois qui ne manque de rien ?

– Tu devrais t’occuper davantage de ta femme et moins de la révolution, ça oui. Et quand bien même cela te déplaît, oui, tu es un petit-bourgeois, avec des revenus et une situation plus que confortables. Comme la plupart de tes camarades d’ailleurs. Comment pouvez-vous croire qu’être ouvrier en 2002 en France a quoi que ce soit à voir avec la condition ouvrière de l’Angleterre, de la France ou de la Russie du XIXe siècle ? Il n’y a pas un livre, d’un certain Vladimir Lénine, qui annonce l’embourgeoisement de l’aristocratie ouvrière ? N’est-on pas en plein là-dedans, en France, à notre époque ? Vous jouez à la révolution, mais vous vous goinfrez après chaque réunion de Flunch, de McDo et de Nutella…

– Certains camarades, mais pas moi, Muriel. Je mène une vie austère.

– Oui, mais vous vous confortez les uns les autres dans votre aveuglement. Lisez un peu Guy Debord. La société du spectacle, ce ne sont pas que les partis du capital, c’est aussi certains révolutionnaires en chambre qui ne travaillent plus depuis des années et dont les salaires de syndicalistes sont payés par leur infâme patron. Il y en a aussi à LO, et de plus en plus, comme tu le regrettes toi-même.

– Muriel, je ne veux plus parler avec toi, j’ai l’impression que tu ne m’aimes plus. »

Robert Brassa prend son sac et quitte l’appartement en claquant la porte. S’il sent que ce que lui a dit sa femme est vrai, il n’a pas encore le courage d’affronter la chose et de se soumettre à ces dures vérités, car cela signifierait renoncer à une situation de pouvoir fort agréable, qu’il occupe depuis des décennies.

Autre problème : il se croit indispensable.

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Bordeaux en images en 1989

16 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #Bordeaux, #Vidéo, #Histoire

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La Ligue à Léon : épisode 11

16 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #fiction, #France

Chapitre 9 :
LO étonnée par la décision de la LCR

3 mai 2002, siège de LO, dans un immeuble anonyme de la région parisienne. Les membres du comité central sont réunis. Certains ont l’esprit ailleurs…

Charcuterie, viande rouge, volaille, pains blanc et complet, préparations à base de légumes divers, large choix de vin et d’apéritifs, gâteaux salés et sucrés… Ce splendide buffet a été commandé à l’habituel traiteur du parti. Il attend les camarades à la fin de la session, comme un cadeau après les formidables résultats obtenus par Arlette Laguiller.

Le chef, Robert Brassa, alias Harpie, qui a commencé à militer pendant la Seconde Guerre mondiale, synthétise les derniers événements : « Les manifestations se sont bien passées en général ».

Puis, comme s’il voulait se contredire, il ajoute, après un silence de quelques secondes : « Notre présence dans les cortèges a été possible, mais avec d’énormes difficultés. Certains de nos militants et ceux de la LCR ont été molestés par des jeunes des quartiers populaires, par des Cégétistes ou par des membres du PCF. Ce fut le cas à Paris, Bordeaux, Lyon et Grenoble et aussi dans quelques autres villes plus petites, comme Montluçon, je crois. Deux sont en urgence absolue. Dans ces secteurs, nous demandons aux copains de se mettre en retrait, en attendant que l’hystérie du front anti Le Pen soit passée. »

« Un des camarades restera probablement paraplégique », se désole François Pagès, nom de parti : Tumpa. C’est un jeune, grand et brun, affublé de strabisme, membre de la cellule de Bordeaux. Des bruits se font entendre dans la pièce jouxtant la grande salle de réunion : ce sont les employés du traiteur, aidés de quelques militants, qui mettent la dernière main au buffet. Un serveur au visage boutonneux renverse une pleine carafe de sangria.

« Le fait que la LCR s’aligne sur notre position a dû radicaliser la gauche réformiste. Ils vont redoubler de provocations et d’agressions. Nous devons dire à tous les camarades de faire plus attention, à partir de maintenant », ajoute Claire Perret, alias Flamme. Cette militante parisienne, eurodéputée avec Arlette Laguiller, est atteinte de nanisme.

« A signaler que la police n’est pas intervenue pour stopper l’agression des camarades, complète François Pagès. Ils ont laissé faire, comme s’ils cautionnaient. Ils se sont interposés au dernier moment, juste avant qu’il n’y ait un mort. »

« Et nous avons reçu le fameux courrier de la Ligue, auquel nous devons répondre », poursuit José Mangue, avec son accent réunionnais chantant.

Première femme de l’histoire à être candidate à une élection présidentielle, Arlette Laguiller donne son avis : « Je n’aurais jamais cru possible que la Ligue prenne une telle décision. C’est courageux de leur part, car leur milieu petit-bourgeois est consterné, comme il fallait s’y attendre. Nous devons accepter cette rencontre. La donne a changé. Je le répète, je n’aurais jamais cru la Ligue capable de prendre une telle décision. Ne pas appeler à voter Chirac, alors qu’ils ont toujours été les opposants acharnés à ce qu’ils appellent faussement « le fascisme »… Sont-ils finalement capables de résister à la pression de la petite-bourgeoisie de gauche ? Peut-être que cela aura aussi des répercussions sur leur façon d’envisager la politique… »

Les militants de LO sont beaucoup moins embêtés au quotidien, car ils vivent et militent essentiellement dans le milieu ouvrier, où on a beaucoup voté Le Pen.

Anthony Peyrolle, un brun costaud en chemisette orange, avec des lunettes carrées, réfute l’optimisme des chefs : « Ils ne changeront jamais… Cela ne sert à rien, du temps perdu. Ils nous referont les combines qu’ils ont déjà faites dans le passé. Le PCF a 150 000 adhérents, il a une large implantation. Nous fondre dans un parti unique avec la LCR ne changera rien au fait que nous n’avons pas la force, ni l’influence nécessaire pour modifier le cours des choses. Il faut y aller pas à pas. La révolution ne se provoque pas, mais elle se prépare et s’anticipe. On ne peut accélérer le cours de l’histoire. Les choses arrivent quand elles doivent arriver ! »

Robert Brassa se demande s’il n’y a pas une forme de sagesse orientale qui s’ignore dans cette conception, classique chez LO, d’un cosmos au fond incompréhensible et imprévisible, auquel il s’agit de s’adapter de la meilleure manière. Mais il ne connaît pas grand-chose à la sagesse orientale (sa seule source est ce qu’en dit à la radio Matthieu Ricard, le moine bouddhiste, fils de l’idéologue réactionnaire Jean-François Revel).

« Le parti communiste que nous appelons de nos vœux sera forgé par la montée de conscience et de combativité de la classe ouvrière, et non par des manœuvres d’état-major. Néanmoins, je pense que cela doit se tenter, réagit François Pagès. Par rapport à 1995, la situation est encore plus dégradée sur le plan du rapport de force politique. La dette a augmenté, les attaques contre les acquis sociaux n’ont pas cessé. Et demain quoi ? La retraite à 64 ans ? 42 ans de cotisation au lieu de 40 ? »

« La conscience socialiste sera introduite par l’extérieur dans la classe ouvrière, contrairement à la conscience de ses intérêts économiques et syndicaux, qui est spontanée, ajoute Robert Brassa. C’est ce qu’a expliqué Vladimir Lénine, dans Que Faire, que chacun ici a, je suis sûr, lu et relu[1]. Si cette main tendue de la Ligue peut faire avancer un tant soit peu la conscience socialiste des masses, il faut y aller. Evidemment, ni avant, ni après nous ne pourrons prétendre être un parti ouvrier, au sens noble et scientifique que nous donnons à cette expression. Cela ne viendra que lorsque la classe ouvrière aura été trempée dans des luttes révolutionnaires. »

Un homme âgé, petit et très mince, le crâne dégarni, Jean-Jacques Prévost, dit Boros, représentant de la Fraction L’Étincelle[2], avoue son pessimisme. « On peut toujours tenter l’expérience… Mais il faudra leur mettre des limites claires. Ils nous ont fait tellement de faux plans depuis 60 ans… J’avoue être totalement dubitatif. »

« Les limites, on les connaît, camarade. On sera vite fixés », conclut José Mangue, agacé par cette prise de parole.

« Christian Képi et quelques autres ont rejoint la tendance rouge et verte du PC, ajoute Arlette Laguiller. Environ 20 % des adhérents de la LCR seulement auraient rendu leur carte, ce qui a surpris agréablement Krivite. Moi-même, je suis étonnée. Finalement, la direction de la LCR a une certaine autorité sur ses troupes ! Ce n’est pas uniquement une girouette qui suit le vent et manœuvre entre les différents courants… »

« Ca, on s’en doutait, renchérit Claire Perret. Ils ont une longue histoire et une certaine cohérence, même si elle diverge de la nôtre. Nous verrons si leur décision a été prise dans l’ivresse du modeste succès d’Olivier, ou s’il s’agit d’un virage vers un marxisme sérieux et responsable devant l’Histoire. »

C’est l’heure d’aller déguster le splendide buffet. Les révolutionnaires s’octroient une petite pause bien méritée. On ne peut pas sauver le monde et l’humanité la panse vide.

Adieu, donc, faucille et marteau, place au couteau et à la fourchette.

 

[1]     Lire Annexe.

[2]     Fraction oppositionnelle de Lutte ouvrière à partir de 1996, constituée à la suite d’un désaccord entre militants sur l’évolution de l’ex-Union soviétique.

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Rakovski, marxiste bulgare : sur le patriotisme

16 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #Politique, #Communisme

Le gouvernement chercha à saper le mouvement gréviste en s’attaquant à Rakovsky. Il tenta de le discréditer en l’accusant d’être Bulgare. Il répondit dans România Muncitoare du 10 avril 1905 qu’il ne reconnaissait « d’autre patrie que la patrie commune du prolétariat international ». Accusé de manque de patriotisme, il répliqua dans l’édition du 22 mai 1905 que si le patriotisme signifiait « préjugé de race, guerre internationale et civile, tyrannie politique et domination ploutocratique », il n’était en effet pas patriote.

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1927 : massacre des jeunes Chinois pro Trotski au Xe anniversaire de la révolution d'octobre

15 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #Chine, #urss, #Communisme

Les efforts de Trotsky pour guider le Parti communiste chinois sur la voie révolutionnaire juste, durant les événements tragiques de 1925-1927, ont grandement préparé le terrain pour son œuvre ultérieure. Plusieurs milliers de jeunes communistes chinois s'étaient rendus à Moscou pour se former à l'Université communiste des travailleurs d'Orient. Nombre d'entre eux, influencés par le combat inlassable de Trotsky pour mener la révolution chinoise à la victoire, rejoignirent les rangs de l'Opposition de gauche. La plupart des autres étaient des adeptes silencieux du programme bolchevique de Trotsky.

Le 7 novembre 1927, dixième anniversaire de la Révolution d'Octobre, alors que Staline s'apprêtait à exiler Trotsky d'Union soviétique, les jeunes révolutionnaires chinois défilèrent sur la place Rouge de Moscou avec d'autres délégations communistes étrangères. Sur leurs banderoles étaient inscrits les slogans jugés appropriés par la clique stalinienne au pouvoir. Mais, en passant devant Staline, ils retournèrent les banderoles et dévoilèrent un slogan : « Vive Trotsky ! » Il ne s'agissait pas seulement d'un hommage personnel au plus grand compagnon d'armes de Lénine, mais d'une déclaration de solidarité avec ses idées.

Les porte-drapeaux furent arrêtés puis assassinés par le régime contre-révolutionnaire de Staline. Quelques révolutionnaires chinois – très peu – présents à Moscou à cette époque échappèrent à la purge sanglante et parvinrent à regagner la Chine pour former le noyau de l'Opposition de gauche, qui devint plus tard la section chinoise de la Quatrième Internationale.

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La Ligue à Léon : épisode 10

15 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #fiction, #France

Chapitre 8 :
Discussions dans la rue

 

Rue Sainte-Catherine, au passage piéton qui traverse le cour Victor-Hugo, jeudi 2 mai 2002, 10 heures.

Jérémy Martin est rasé parfaitement. Aucun poil ne dépasse.

Les badauds déambulent dans la principale rue commerçante de Bordeaux (putative, de l’avis des locaux, plus longue rue commerçante d’Europe). Il y a beaucoup d’étudiants et de lycéens. Quelques Punks font la manche, assez agressifs, devant un supermarché. Les Clochards sont considérés comme des dieux en Inde, mais pas en France. Ce manque de considération, et aussi le fait qu’ils ont encore passé une nuit pénible, contribuent à leur mauvaise humeur. Leurs chiens essaient de dormir, malgré le bruit.

Pas loin d’eux, Jérémy Martin et trois de ses camarades distribuent des tracts du PCF appelant à voter pour Chirac, pour faire barrage à l’extrême droite.

La plupart des gens reçoivent poliment les papiers, peu les regardent. « Et encore moins doivent le lire », pense Jérémy Martin, qui essaie de discuter avec les passants. Peu réagissent à ses interpellations. Les dieux ont pris quelques tracts des mains de Jérémy pour les distribuer à des clients quittant le supermarché.

« Qu’est-ce que vous pensez de la situation politique ? », demande Jérémy Martin à une femme d’une vingtaine d’années, vêtue d’une mini-jupe accordéon marron et d’une chemise blanche. « Je n’ai pas le temps, désolée », réagit la maigre demoiselle en souriant sans s’arrêter.

Les vents ne le découragent pas.

« Un tract du PCF ! Il faut construire une alternative au capitalisme ! Tenez ! », dit Jérémy Martin à un quadragénaire en chemise blanche et pantalon noir, qui porte des lunettes de soleil.

« Ah pas de cela merci ! réagit l’homme avec virulence. Il s’arrête. Votre parti a du sang sur les mains. Cent millions de morts du communisme. Et il reste encore des gens au PCF après les 3 % de Robert Hue ! Vous allez finir par vous réunir dans une cabine téléphonique. Bien fait !

– Eh oui ! L’idéal communiste n’est pas mort, c’est le stalinisme qu’il faut critiquer, répond Jérémy Martin, assez peu déstabilisé par les remarques de l’homme, qui sont d’un genre auquel il a déjà répondu des centaines de fois.

– C’est beau en théorie, mais impossible à mettre en place en pratique, votre communisme, poursuit le passant, qui tient dans sa main droite la poignée d’une mallette en cuir noir. En attendant, le communisme a du sang sur les mains, jeune homme, c’est terminé à présent. Tout le monde s’est rendu compte de ce qu’il y avait derrière la vitrine des idéaux.

– C’est la seule solution face au capitalisme. Le communisme n’est pas une utopie, mais une nécessité. Le capitalisme ne fonctionne que par des crises qui font à chaque fois de nombreuses victimes, continue Jérémy Martin. 1914, 1929, 1939, 1973, 1997… A chaque fois c’est le peuple qui trinque. Cela suffit.

– Ah ah, vous me faites rire, à réciter votre leçon. Je vous laisse, mais heureusement que le communisme est définitivement mort. Les Allemands de l’Est et les Hongrois fuyaient en masse votre belle réussite.

– Prenez au moins un tract, pour le lire…

– Certainement pas, je ne prendrai pas un tel torchon », dit l’homme avant de s’en aller.

Plein de l’enthousiasme du militant, Jérémy Martin n’est pas du tout touché par les propos du passant qui s’éloigne, sa mallette fermement tenue dans sa poignée. Ils sont très nombreux à penser de même, se dit-il tout en se grattant la joue gauche et en vérifiant de son autre main si aucun poil ne dépasse de ses narines.

Avec Le Livre noir du communisme écrit par Stéphane Courtois et d’autres historiens, avec la fin de l’URSS, ce genre d’idées a le vent en poupe.

Jérémy Martin préfère voir le bon côté : il a des discussions très positives avec la plupart des gens qui prennent la peine de s’arrêter pour écouter son argumentaire. Tous ou presque sont d’accord sur le constat : inégalités en hausse, exploitations des peuples du monde, guerre et famine qui se succèdent. Jérémy Martin se sent fier de proposer une solution à tous ces maux. C’est la seule carrière qui vaille la peine d’être menée, selon lui. A de tels moments, il n’a plus aucun doute sur ce qui donne un sens à la vie.

« Vive le communisme ! Votez Robert Hue ! », crie en s’esclaffant un Punk, une cannette de bière à la main. Puis il est bousculé par un cycliste et tombe.

Jérémy Martin n’a pas encore conscience qu’il n’est pas libre. Toute sa vie le destine à penser ainsi à ce moment, tout comme la vie du quadragénaire à la mallette de cuir l’a destiné à penser comme Stéphane Courtois. Et si aussi peu de gens militent, et si aussi peu de gens votent PCF ou LO, ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas compris tel ou tel élément de la réalité ou de la théorie, ce n’est pas parce que les militants n’ont pas assez bien milité.

Jérémy Martin croit encore à la volition, au libre arbitre, il ne pense pas que tout est écrit par Dieu, par le destin, par les lois de la nature, de toute éternité. Bien qu’il soit athée, il a inscrit en lui, comme chaque Français ayant grandi dans cette terre chrétienne, l’idée que l’homme peut choisir, et qu’il peut décider de faire le bien, et ainsi de changer le cours des événements dans le bon sens. Il n’a pas encore vécu de grandes souffrances existentielles, celles de nature à faire évoluer la philosophie de chacun, à donner un point de vue déterministe et fataliste.

Et ainsi Jérémy Martin remplit son rôle de Communiste avec une grande joie. C’est une libération si plaisante, après des années moroses de collégien et de lycéen au cours desquelles il a erré dans le manque de confiance en soi, la peur d’échouer sur le plan scolaire et l’absence de toute histoire d’amour avec une quelconque jeune fille. Il milite en voyant les petites avancées, les étudiants convaincus, les discussions où il apprend aux gens un aspect du fonctionnement du système économique, les adhésions de jeunes rencontrés en manifestation ou à l’université. Et tous ces petits ruisseaux alimentent la grande rivière de la révolution, et ainsi tous ces actes ont un sens, une logique. Et la vie n’est pas absurde, ce qui est rassurant.

Attention, tout de même, à ne pas faire adhérer trois fois la même personne à la JC, par trois militants différents. Lors des Fêtes du Parti, chacun connaît les différents types d’adhésion : ACA, ACI et ACS (adhésions à caractère alcoolique, idéologique ou sexuel).

A ce moment-là, Jérémy Martin a totalement oublié les vertiges du désespoir adolescent. Pas question de se souvenir que le militant joue un rôle dans le théâtre social, comme le ministre, le militaire de carrière ou le fasciste. Au contraire, il nie cet aspect des choses. Il pense toujours de manière dualiste : il est du côté du bien, la vérité existe et il suffit de l’embrasser pour mener une vie parfaite.

Les Punks essaient de convaincre trois policiers municipaux de voter Robert Hue. « Le second tour est passé, monsieur », réagit mollement le fonctionnaire qui a plutôt en tête de les verbaliser pour occupation illégale du domaine public. Les dieux sont décidément passés de mode à l’extrême ouest de l’Eurasie...

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