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La Mondialette va commencer

17 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #Football, #Jeu vidéo

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La Ligue à Léon : épisode 12

17 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #fiction, #France

Chapitre 10 :
Scène de ménage

 

20 h 30, dans un petit appartement d’un quartier du nord-est de Paris. Le chef de LO Robert Brassa est assis dans le canapé de son salon. Sa femme, Muriel, couturière de profession, est assise dans un fauteuil, à côté d’un guéridon sur lequel est posée une lampe. Elle a dans les mains le premier tome du roman de Robert Musil, L’Homme sans qualités.

Robert est concentré sur les différents reportages du journal télévisé de TF1. Muriel, avec laquelle il vit depuis près de 50 ans, regarde cela distraitement.

Robert Brassa écoute les commentaires des journalistes et des experts invités. En plein entre-deux-tours, c’est d’abord Philippe Seguin qui vient défendre Jacques Chirac. Puis nous avons Bruno Mégret qui promeut la candidature de Jean-Marie Le Pen.

Muriel espère enfin pouvoir passer une soirée avec son mari, à regarder un quelconque film sur une des six chaînes de la télévision, ou à visionner à nouveau Un Tramway nommé désir, avec Marlon Brando, un de leurs films favoris. Le parti est entre de bonnes mains, Robert Brassa peut un peu souffler.

Mais avant que ne commence la météo présentée par Sébastien Folin, né le 26 avril 1970 à Antananarivo (Madagascar), Muriel voit son mari se lever péniblement de son canapé. Claudiquant, il se dirige vers le buffet situé à l’autre bout de la pièce. Puis, il contourne la table et attrape son sac dans lequel sont rangés ses affaires du parti et son portefeuille.

« Tu sors, Robert ? », demande Muriel, d’une voix où percent une légère inquiétude ainsi qu’une franche déception.

« Oui, j’ai une réunion au parti. Frank va passer me prendre dans cinq minutes. Je vais me laver les dents », annonce le Chef. Il est déjà en train de se rendre à la salle de bains, empruntant, pour ce faire, le petit couloir mal éclairé au mur duquel sont suspendues des affiches des différentes fêtes de Lutte Ouvrière.

« Robert, reste avec moi, ce soir, chéri, passons un moment ensemble. Qui sait ce que nous réserve l’avenir. Profitons du moment présent. »

Une remarque inattendue de la part de sa femme d’habitude si discrète. Robert Brassa se tourne vers elle.

« Que dis-tu, chérie ? Tu sais bien que je suis obligé d’aller à ces réunions. Je préférerais rester tranquillement ici, mais nous sommes dans une situation compliquée. Les camarades se font attaquer dans la rue, les gens deviennent comme fous. On se croirait revenus à l’époque de la Libération, quand on a tondu les femmes ayant couché avec des Allemands et fusillé les Collabos.

– Justement Robert, tu n’en as pas assez ? Tu n’as pas depuis si longtemps joué à ce jeu de la politique pour avoir compris ce que cela valait vraiment ? »

Muriel a toujours eu des sentiments anarchistes, antiélectoralistes. Elle a autrefois milité à la CNT avec les réfugiés espagnols. Cela fait longtemps qu’ils ne se disputent plus pour des questions politiques.

– C’est la fin de mon parcours politique. Il ne me reste que quelques années, Muriel, c’est probable, mais je ne veux pas abandonner mon poste. J’ai des responsabilités. Je suis le dirigeant du parti, un des derniers présents depuis sa fondation ou presque. Je suis le faible dépositaire d’une immense tradition révolutionnaire. Je n’ai pas le droit de démissionner.

– Et qu’est-ce que cela t’apportera de continuer ? Tu n’es pas fatigué ? Contre qui te bats-tu ? Pour quoi te bats-tu ? Chéri, reste ici avec moi, profite d’un moment avec ta femme, combien de temps cela sera-t-il encore possible ? Le temps passe si vite.

– Mais qu’y a-t-il, Muriel ? Pourquoi de tels propos ? Tu es dépressive ?

– Non, je suis heureuse, fière de la belle famille que nous avons bâtie, mais je pense que tu es comme un enfant qui n’a toujours pas compris le sens de la vie… Tu arrives dans tes dernières années, Robert, ne te voile pas la face. Laisse ce manichéisme derrière toi, les bons, les ouvriers, les exploités, les méchants, les capitalistes, les banquiers… Ne crois-tu pas qu’ils ont leur part de malheur aussi ? Ne crois-tu pas que l’argent ne peut tout acheter ? A quoi te sert-il de te battre pour un monde nouveau si tu rends malheureuse ta femme en la quittant chaque soir pour une maîtresse insatiable ? Est-ce que tu crois qu’on peut rendre le monde entier heureux malgré lui ? Et ce en oubliant ses devoirs familiaux ? Je sais que nous n’avons jamais porté l’institution de la famille dans notre cœur, mais paradoxalement, nous en avons fondé une, et une belle. Le seul combat utile à mener maintenant, c’est pour elle. Laisse tranquilles Le Pen, Chirac, Jospin, Seillière et j’en passe.

– Tu veux que je lâche prise, comme dirait un adepte du yoga. Il n’y a plus de lutte de classe, plus de conflits, plus d’exploitation, nous sommes tous frères, c’est cela Muriel ? C’est ainsi que vous raisonniez à la CNT ? Je ne crois pas.

– Eh là, mon ami, tu t’égares. Il y a bien longtemps que je n’ai plus mis les pieds à la CNT. Je suis apaisée. J’ai un toit, de quoi vivre, des enfants et des petits-enfants. Je ne demande rien d’autre que passer quelques moments agréables avec un mari qui est toujours un gamin, apparemment.

– Tu as renoncé à la lutte, c’est ton choix, pas moi.

– Renoncer à la lutte ? Quelle honte, Robert ! Il fallait bien que quelqu’un s’occupe des enfants, leur père étant parti chaque jour et chaque soirée. Et quand bien même j’y aurais renoncé ? En quoi serait-ce inférieur à ton attitude ? Es-tu si sûr de toi que tu crois sérieusement que ton intervention peut changer quoi que ce soit à la situation ?

– Si tout le monde pensait ainsi, tel Jacques le Fataliste, nous serions toujours sous la monarchie absolue. Il faut des combattants pour entraîner la masse.

– Tu es plein de certitudes. Je crois que c’est Vladimir Lénine, ou bien Léon Trotski, qui disait que personne n’a jamais déclenché une révolution, non ? Les grands événements historiques sont le produit d’une myriade de petits événements qui s’incorporent les uns aux autres et débouchent sur une transformation de la quantité en qualité. Tu devrais prendre exemple sur tes modèles. Personne n’est indispensable et personne, malgré les prétentions des Marxistes à prédire l’avenir, ne sait pourquoi ni comment se déclenche une révolution.

– Tu dis vrai. Donc je devrais abandonner la lutte et cultiver mon jardin, tel un vulgaire petit-bourgeois qui ne manque de rien ?

– Tu devrais t’occuper davantage de ta femme et moins de la révolution, ça oui. Et quand bien même cela te déplaît, oui, tu es un petit-bourgeois, avec des revenus et une situation plus que confortables. Comme la plupart de tes camarades d’ailleurs. Comment pouvez-vous croire qu’être ouvrier en 2002 en France a quoi que ce soit à voir avec la condition ouvrière de l’Angleterre, de la France ou de la Russie du XIXe siècle ? Il n’y a pas un livre, d’un certain Vladimir Lénine, qui annonce l’embourgeoisement de l’aristocratie ouvrière ? N’est-on pas en plein là-dedans, en France, à notre époque ? Vous jouez à la révolution, mais vous vous goinfrez après chaque réunion de Flunch, de McDo et de Nutella…

– Certains camarades, mais pas moi, Muriel. Je mène une vie austère.

– Oui, mais vous vous confortez les uns les autres dans votre aveuglement. Lisez un peu Guy Debord. La société du spectacle, ce ne sont pas que les partis du capital, c’est aussi certains révolutionnaires en chambre qui ne travaillent plus depuis des années et dont les salaires de syndicalistes sont payés par leur infâme patron. Il y en a aussi à LO, et de plus en plus, comme tu le regrettes toi-même.

– Muriel, je ne veux plus parler avec toi, j’ai l’impression que tu ne m’aimes plus. »

Robert Brassa prend son sac et quitte l’appartement en claquant la porte. S’il sent que ce que lui a dit sa femme est vrai, il n’a pas encore le courage d’affronter la chose et de se soumettre à ces dures vérités, car cela signifierait renoncer à une situation de pouvoir fort agréable, qu’il occupe depuis des décennies.

Autre problème : il se croit indispensable.

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Bordeaux en images en 1989

16 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #Bordeaux, #Vidéo, #Histoire

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La Ligue à Léon : épisode 11

16 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #fiction, #France

Chapitre 9 :
LO étonnée par la décision de la LCR

3 mai 2002, siège de LO, dans un immeuble anonyme de la région parisienne. Les membres du comité central sont réunis. Certains ont l’esprit ailleurs…

Charcuterie, viande rouge, volaille, pains blanc et complet, préparations à base de légumes divers, large choix de vin et d’apéritifs, gâteaux salés et sucrés… Ce splendide buffet a été commandé à l’habituel traiteur du parti. Il attend les camarades à la fin de la session, comme un cadeau après les formidables résultats obtenus par Arlette Laguiller.

Le chef, Robert Brassa, alias Harpie, qui a commencé à militer pendant la Seconde Guerre mondiale, synthétise les derniers événements : « Les manifestations se sont bien passées en général ».

Puis, comme s’il voulait se contredire, il ajoute, après un silence de quelques secondes : « Notre présence dans les cortèges a été possible, mais avec d’énormes difficultés. Certains de nos militants et ceux de la LCR ont été molestés par des jeunes des quartiers populaires, par des Cégétistes ou par des membres du PCF. Ce fut le cas à Paris, Bordeaux, Lyon et Grenoble et aussi dans quelques autres villes plus petites, comme Montluçon, je crois. Deux sont en urgence absolue. Dans ces secteurs, nous demandons aux copains de se mettre en retrait, en attendant que l’hystérie du front anti Le Pen soit passée. »

« Un des camarades restera probablement paraplégique », se désole François Pagès, nom de parti : Tumpa. C’est un jeune, grand et brun, affublé de strabisme, membre de la cellule de Bordeaux. Des bruits se font entendre dans la pièce jouxtant la grande salle de réunion : ce sont les employés du traiteur, aidés de quelques militants, qui mettent la dernière main au buffet. Un serveur au visage boutonneux renverse une pleine carafe de sangria.

« Le fait que la LCR s’aligne sur notre position a dû radicaliser la gauche réformiste. Ils vont redoubler de provocations et d’agressions. Nous devons dire à tous les camarades de faire plus attention, à partir de maintenant », ajoute Claire Perret, alias Flamme. Cette militante parisienne, eurodéputée avec Arlette Laguiller, est atteinte de nanisme.

« A signaler que la police n’est pas intervenue pour stopper l’agression des camarades, complète François Pagès. Ils ont laissé faire, comme s’ils cautionnaient. Ils se sont interposés au dernier moment, juste avant qu’il n’y ait un mort. »

« Et nous avons reçu le fameux courrier de la Ligue, auquel nous devons répondre », poursuit José Mangue, avec son accent réunionnais chantant.

Première femme de l’histoire à être candidate à une élection présidentielle, Arlette Laguiller donne son avis : « Je n’aurais jamais cru possible que la Ligue prenne une telle décision. C’est courageux de leur part, car leur milieu petit-bourgeois est consterné, comme il fallait s’y attendre. Nous devons accepter cette rencontre. La donne a changé. Je le répète, je n’aurais jamais cru la Ligue capable de prendre une telle décision. Ne pas appeler à voter Chirac, alors qu’ils ont toujours été les opposants acharnés à ce qu’ils appellent faussement « le fascisme »… Sont-ils finalement capables de résister à la pression de la petite-bourgeoisie de gauche ? Peut-être que cela aura aussi des répercussions sur leur façon d’envisager la politique… »

Les militants de LO sont beaucoup moins embêtés au quotidien, car ils vivent et militent essentiellement dans le milieu ouvrier, où on a beaucoup voté Le Pen.

Anthony Peyrolle, un brun costaud en chemisette orange, avec des lunettes carrées, réfute l’optimisme des chefs : « Ils ne changeront jamais… Cela ne sert à rien, du temps perdu. Ils nous referont les combines qu’ils ont déjà faites dans le passé. Le PCF a 150 000 adhérents, il a une large implantation. Nous fondre dans un parti unique avec la LCR ne changera rien au fait que nous n’avons pas la force, ni l’influence nécessaire pour modifier le cours des choses. Il faut y aller pas à pas. La révolution ne se provoque pas, mais elle se prépare et s’anticipe. On ne peut accélérer le cours de l’histoire. Les choses arrivent quand elles doivent arriver ! »

Robert Brassa se demande s’il n’y a pas une forme de sagesse orientale qui s’ignore dans cette conception, classique chez LO, d’un cosmos au fond incompréhensible et imprévisible, auquel il s’agit de s’adapter de la meilleure manière. Mais il ne connaît pas grand-chose à la sagesse orientale (sa seule source est ce qu’en dit à la radio Matthieu Ricard, le moine bouddhiste, fils de l’idéologue réactionnaire Jean-François Revel).

« Le parti communiste que nous appelons de nos vœux sera forgé par la montée de conscience et de combativité de la classe ouvrière, et non par des manœuvres d’état-major. Néanmoins, je pense que cela doit se tenter, réagit François Pagès. Par rapport à 1995, la situation est encore plus dégradée sur le plan du rapport de force politique. La dette a augmenté, les attaques contre les acquis sociaux n’ont pas cessé. Et demain quoi ? La retraite à 64 ans ? 42 ans de cotisation au lieu de 40 ? »

« La conscience socialiste sera introduite par l’extérieur dans la classe ouvrière, contrairement à la conscience de ses intérêts économiques et syndicaux, qui est spontanée, ajoute Robert Brassa. C’est ce qu’a expliqué Vladimir Lénine, dans Que Faire, que chacun ici a, je suis sûr, lu et relu[1]. Si cette main tendue de la Ligue peut faire avancer un tant soit peu la conscience socialiste des masses, il faut y aller. Evidemment, ni avant, ni après nous ne pourrons prétendre être un parti ouvrier, au sens noble et scientifique que nous donnons à cette expression. Cela ne viendra que lorsque la classe ouvrière aura été trempée dans des luttes révolutionnaires. »

Un homme âgé, petit et très mince, le crâne dégarni, Jean-Jacques Prévost, dit Boros, représentant de la Fraction L’Étincelle[2], avoue son pessimisme. « On peut toujours tenter l’expérience… Mais il faudra leur mettre des limites claires. Ils nous ont fait tellement de faux plans depuis 60 ans… J’avoue être totalement dubitatif. »

« Les limites, on les connaît, camarade. On sera vite fixés », conclut José Mangue, agacé par cette prise de parole.

« Christian Képi et quelques autres ont rejoint la tendance rouge et verte du PC, ajoute Arlette Laguiller. Environ 20 % des adhérents de la LCR seulement auraient rendu leur carte, ce qui a surpris agréablement Krivite. Moi-même, je suis étonnée. Finalement, la direction de la LCR a une certaine autorité sur ses troupes ! Ce n’est pas uniquement une girouette qui suit le vent et manœuvre entre les différents courants… »

« Ca, on s’en doutait, renchérit Claire Perret. Ils ont une longue histoire et une certaine cohérence, même si elle diverge de la nôtre. Nous verrons si leur décision a été prise dans l’ivresse du modeste succès d’Olivier, ou s’il s’agit d’un virage vers un marxisme sérieux et responsable devant l’Histoire. »

C’est l’heure d’aller déguster le splendide buffet. Les révolutionnaires s’octroient une petite pause bien méritée. On ne peut pas sauver le monde et l’humanité la panse vide.

Adieu, donc, faucille et marteau, place au couteau et à la fourchette.

 

[1]     Lire Annexe.

[2]     Fraction oppositionnelle de Lutte ouvrière à partir de 1996, constituée à la suite d’un désaccord entre militants sur l’évolution de l’ex-Union soviétique.

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Rakovski, marxiste bulgare : sur le patriotisme

16 Septembre 2026 , Rédigé par impressons Publié dans #Politique, #Communisme

Le gouvernement chercha à saper le mouvement gréviste en s’attaquant à Rakovsky. Il tenta de le discréditer en l’accusant d’être Bulgare. Il répondit dans România Muncitoare du 10 avril 1905 qu’il ne reconnaissait « d’autre patrie que la patrie commune du prolétariat international ». Accusé de manque de patriotisme, il répliqua dans l’édition du 22 mai 1905 que si le patriotisme signifiait « préjugé de race, guerre internationale et civile, tyrannie politique et domination ploutocratique », il n’était en effet pas patriote.

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