Grande distribution à La Réunion : « Je n’ai jamais vu une concentration aussi grande… »
Cinquième extrait de mon livre Où va La Réunion ?
Revenons à La Réunion.
Aujourd'hui, la majeure partie de l’alimentation de la population est assurée par les importations de produits. Qui fournit ce service ? Ce sont les grandes surfaces, au premier rang Carrefour, propriété de la famille Hayot qui exploite cette marque à La Réunion. Cela leur donne un poids sérieux, qui va de pair avec une grande richesse.
En janvier 2022, Amine Valy, président de l’Association contre la domination économique et pour la défense des citoyens attachés aux libertés outre-mer (Adécalom), réagissait aux difficultés (notamment des retards de paiement aux fournisseurs et prestataires) touchant un des acteurs de la grande distribution, Run Market. Elles confirment « les craintes que nous avions eues, dès l’annonce du rachat, pour le secteur de la distribution à La Réunion ; celles de voir apparaître une domination économique d’un groupe autour d’un secteur commercial duopolistique, s’étendant à terme à tous les secteurs stratégiques de l’économie réunionnaise ».
En l’occurrence, E.Leclerc et surtout le groupe Bernard-Hayot (GBH), qui exploite l’enseigne Carrefour. Pour Amine Valy, « aujourd’hui, il est temps de rompre ce silence assourdissant de nos acteurs économiques et politiques sur ce dossier. Personne ne souhaite la mort économique d’entreprises, mais si les éléments recueillis récemment se révèlent être la face émergée de la situation réelle de Makes distribution, alors comme nous l’avons déjà annoncé, ce sont des problèmes sociaux considérables qui nous attendent prochainement. La domination économique d’un groupe est déjà dramatique pour une société, mais l’avenir de plus de 750 emplois directs et indirects mérite autre chose que « l’omerta » observé aujourd’hui vis-à-vis des stratégies économiques opérées à La Réunion par les grands groupes. »
Amine Valy en appelait aux syndicats (qui doivent connaître et rendre publiques les informations économiques), au conseil régional (qui subventionne certaines entreprises fournisseuses de la grande distribution), ainsi qu’à l’État (chargé de veiller à un meilleur équilibre concurrentiel sur notre territoire).
Pour comprendre ce qui est en jeu, le consultant Christophe Girardier avait remis en perspective les évolutions de ce secteur clé de l’économie. En 2020, M. Girardier a rédigé un rapport sur le rachat de Vindémia par le groupe Bernard Hayot (GBH), pour le compte de l’Observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR). Il y a calculé que le chiffre d’affaires (CA) de la grande distribution généraliste (hors magasins spécialisés) était de 2,2 Md€ en 2018, comme l’année suivante. Depuis, le CA du secteur a connu un bond important (+ 9 %) en 2020 à cause de la pandémie Covid. Celle-ci a mis en difficulté bien des secteurs, tels l’hôtellerie et la restauration ou le tourisme, mais a globalement profité aux grandes et moyennes surfaces (GMS), vers lesquelles les consommateurs se sont davantage tournés. Le consultant estime la hausse du CA à 1,7 % en 2021, avec un poids global de 2,4 Md€. Ce montant équivaut à environ 12 % de la richesse annuelle (produit intérieur brut) du territoire.
Cette augmentation du CA ne bénéficie pas de la même manière à toutes les entreprises, loin de là. Outre Carrefour, GBH est présent via plus d’une cinquantaine de filiales : Mr. Bricolage, Décathlon, Yves Rocher, La Brioche Dorée, vente automobile et poids lourds (Renault, Dacia, Jeep, Volkswagen, Mercedes, Mitsubishi, Skoda, Audi, Smart, Suzuki, Hyundai et Renault Truck, Iveco…), Norauto, Speedy, Michelin, BF Goodrich, Bourbon pièces auto, Comptoir de l’océan Indien, Hertz, Rent a car, ITC Tropicar.
Il distribue aussi de nombreuses marques agroalimentaires, de produits ménagers ou cosmétiques. Par ce moyen, il fournit donc en gâteaux, biscuits et autres jus de fruits ses propres concurrents de la grande distribution. Conclusion de Christophe Girardier dans son rapport : après le rachat de Vindémia, GBH atteindrait un CA à La Réunion d’1,7 Md €, soit environ 45 % des dépenses de consommation courante (hors loyer) des ménages réunionnais. Depuis, il juge que cela a encore augmenté.
GBH a contesté les évaluations faites alors, les jugeant surestimées, évoquant plutôt 10 % des dépenses courantes. Christophe Girardier estimait à environ 37 % les parts de marché de Carrefour après le rachat de Vindémia, à 27 % celles de E.Leclerc et à 13,8 % celles de Système U, loin derrière. Les deux tiers du secteur se retrouvaient dans les mains de deux intervenants. Ces deux premières marques sont celles qui auraient le plus bénéficié de la hausse du CA du secteur, ayant eu lieu depuis. Au contraire, certains concurrents ont été fragilisés.
En difficulté, Run Market opère dans un secteur difficile. Ses quatre magasins sont à proximité de GMS bien implantées (hypermarchés Carrefour à Sainte-Suzanne, Sainte-Clotilde et au Port, nouvel E.Leclerc à Sainte-Marie notamment). Un modèle économique efficace est obligatoire pour tenir. Facteur déterminant : le prix auquel les produits sont achetés par les acteurs de la grande distribution locale auprès des centrales d’achat.
Christophe Girardier a affirmé, dans son rapport, que sur ce point-là, il y avait de sérieuses différences entre les acteurs, ce qui augmente ou réduit d’autant les coûts. « Je n’ai jamais vu une concentration aussi grande sur un territoire… », assure le consultant. Chacun l’a constaté : les tarifs ont augmenté ces derniers mois. Christophe Girardier évalue cette croissance entre 4 et 12 % en 2021. Trois raisons à cela, selon lui : la pénurie des matières premières, un marché local trop concentré dans lequel la concurrence ne joue pas assez et, enfin, la hausse du prix du fret, qui constitue entre 5 et 7 % du prix de la marchandise.
Un danger pèse sur l’économie locale : la trop grande dépendance économique des producteurs et des fournisseurs locaux vis-à-vis d’un acteur dominant. À l’opposé, Christophe Girardier imaginait il y a deux ans un modèle réunionnais dans lequel industriels locaux, coopératives, et des institutions publiques (Région, OPMR…) s’associeraient pour organiser une répartition plus équitable de Vindémia et ainsi favoriser l’innovation.
Face à un modèle de grandes surfaces qu’il juge limité, Christophe Girardier propose plutôt de développer les petits commerces. Ils ont quasiment disparu en métropole et ne pèsent plus que 4 % à La Réunion.
Les entreprises de la grande distribution ont donc un grand pouvoir dans l’île. Elles sont parmi les principaux employeurs. Les multinationales de l’industrie agroalimentaire sont également très influentes, qu’elles aient ou non une implantation locale. Le prix du fret a bondi et cela pourrait bien durer. La relocalisation, notamment alimentaire, apparaît à certains comme une solution de bon sens. À condition que des moyens suffisants soient mobilisés… Là commencent les problèmes. Selon les chiffres du conseil régional, les coûts du fret maritime en provenance d’Europe auraient augmenté de 30 % et ces derniers auraient été « multipliés par 2,5 pour l’Asie » ces derniers mois.
Pour des agriculteurs, cette hausse des prix a un effet négatif très concret. Le prix des intrants a presque doublé. Et ils ne peuvent pas répercuter toute cette différence sur les consommateurs. Ils ne pourraient plus acheter leur production, sinon. Bref, les petits patrons agriculteurs et les consommateurs paient les profits des multinationales de l’agro-industrie ou des compagnies de fret.
A suivre...
Des milliers de Réunionnais à l'aide alimentaire
Quatrième extrait de mon livre Où va La Réunion ?
Réunion 2050 : se nourrir et boire, toujours plus cher ?
Sur le plan alimentaire, de l’accès à la nourriture et à l’eau, où va La Réunion ? Doit-elle maintenir un système de dépendance vis-à-vis de la France métropolitaine, avec tous les risques que cela comporte, mais aussi les avantages en termes de variété et de quantité des produits disponibles ? Y a-t-il un risque de rupture de l’approvisionnement, d’inflation intenable, entre hausse des coûts du fret, difficulté d’obtenir des matières premières par les transformateurs ?
Se nourrir, boire et manger, est un des besoins physiologiques évidents, avec respirer et dormir. Dans notre société capitaliste, ce sont les entreprises qui assurent le fonctionnement de l’économie, l’État étant là pour surveiller que tout se fait en adéquation avec la loi, dans l’objectif de satisfaire l’intérêt général. Ca, ce sont les grands principes, gravés dans la constitution et la déclaration des droits de l’Homme et enseignés à des générations d'écoliers depuis plusieurs décennies.
Néanmoins, aujourd’hui, à La Réunion, c’est comme ailleurs. Le revenu de solidarité active (RSA) est de 565,34 € pour une personne seule : cela peut être insuffisant ! Même des travailleurs pauvres connaissent les fins de mois difficiles. Des milliers d’habitants ne mangent qu’une fois par jour ou ont besoin d’aide alimentaire. Certains vont pêcher pour se nourrir. J’ai pu le constater au cours de différents reportages auprès des associations humanitaires. Cela représente peut-être 10 %, voire plus, des 865 000 Réunionnais.
Les deux principales structures d’aide alimentaire à La Réunion sont la Banque alimentaire (BA) et la Croix Rouge française (CRF). Numéro 1 : la BA qui diffuse l’équivalent de 2,5 millions de repas gratuits par an, pas directement, mais via ses 40 partenaires. Les besoins ont crû d’environ 20 % en 2020. « Sur 8 semaines de confinement, la demande a quadruplé », m’expliquait il y a quelques mois Bruno Prochasson, président de la BA des Mascareignes.
Les responsables de l’aide alimentaire s’attendaient à ce que 2021 retrouve le niveau de 2019. Ils ont été déçus. « Sur les paniers de fruits et légumes, 2020 était déjà une année record, mais nous sommes à 1,8 % de hausse en 2021, souligne Joris Verdier, responsable de l’action sociale à la CRF. Nous restons en tension. »
Au global, 2020 avait vu un bond de 73 % de l’action de la CRF, passant de 290 à 490 tonnes (t) d’aide alimentaire. « Il y a plusieurs raisons. Notre dispositif est jeune, il a été lancé en 2016-2017, poursuit-il. Avant nous passions par la BA. Désormais davantage de personnes nous sont adressées. Mais il est vrai qu’il y a de plus en plus de besoins. »
À la BA, même constat : 930 t de nourriture distribuées en 2019, puis 1 230 t en 2020. Un tiers de plus. « Sur les 9 premiers mois, la distribution est de 992 t : nous sommes partis pour dépasser 2020… », dixit M. Prochasson en novembre 2021. Le nombre de bénéficiaires n’a lui augmenté que de 10 %. « C’est que nous avons donné un peu plus à chacun, détaille le président. Le colis annuel moyen réunionnais est inférieur à celui de la Métropole : 25 kg contre 40. Nous avons encore du chemin à faire. »
Le nombre de colis distribués augmente aussi à la CRF. « Sur le terrain, les équipes remarquent que de plus en plus de jeunes viennent en récupérer, notamment à Saint-Denis », décrit Joris Verdier. « Depuis cinq ans, la demande a augmenté de 10 % par an. Nous aurons le même rythme à l’avenir. La pauvreté ne sera pas éradiquée demain matin, estime Bruno Prochasson. Les données sociales ne sont pas bonnes. Nous devons être capables d’augmenter notre approvisionnement. »
Cette difficulté d’alimentation est aussi à comptabiliser dans le bilan. L’État français a failli ici, comme ailleurs, et d’ailleurs ce n’est pas le seul pays qui ne parvient pas à résoudre cette difficulté : le problème de la faim est un des principaux obstacles à une marche plus harmonieuse du monde. Et ce alors que la production agricole a les capacités de nourrir deux fois la population mondiale.
Qu’est-ce qui cloche alors, à La Réunion et ailleurs ? Depuis son peuplement, l’île Bourbon a été une terre agricole, elle fut le grenier de l’île de France. Sa population vivait en autarcie ou presque. Elle n’était pas aussi nombreuse que maintenant, mais souvent, les habitants ont dû passer par des périodes de manque.
Quelques informations en guise de tapas… Aujourd’hui : 7 milliards d’habitants à 2 000 kilocalories (kC) par jour en moyenne. Production mondiale : 14 000 milliards de kC par jour, via l’industrie agroalimentaire, l’autosubsistance et l’autoproduction. C’est l’industrie agroalimentaire qui est le nouvel élément.
Le capitalisme, donc sa classe possédante et dirigeante, a permis, avec bien des aléas, en quelque deux cents ans de domination sur le monde :
1) une augmentation exponentielle à plusieurs milliers de pour cent de la production de calories, d’énergie, donc de richesse. Elle est fondamentale, car elle explique tout le reste ;
2) une augmentation énorme de la population mondiale ;
3) une augmentation de l’espérance de vie globale par rapport à la période précédente, avec encore de grosses différences selon les régions ; c’est dû surtout à la baisse de la mortalité infantile ;
4) une diminution de la mortalité, de pair avec une amélioration de la santé humaine.
Une immense majorité de la population des pays riches ne souffre plus de la faim. L’obésité est une conséquence de la démocratisation de l’accès à l'alimentation. Pour les personnes privées de moyens économiques, la solidarité humanitaire permet d'avoir accès à l'alimentation. Un pourcentage élevé des habitants des pays riches a accès à l'alimentation. Peut-on imaginer qu’une révolution populaire profonde se fasse jour dans un contexte où 90 % de la population a assez de calories pour, si ce n'est vivre dignement, du moins survivre ? C'est une question souvent débattue : fait-on la révolution pour les idées, pour le ventre, ou pour un savant mélange des deux ?
L’augmentation de la population mondiale est la preuve irréfutable qu’il y a assez de calories produites pour l’humanité, pour le moment.
Dans un certain contexte, les acquis décrits plus hauts peuvent être revus à la baisse voire disparaître. Les augmentations de la production et des connaissances techniques depuis un siècle ont été tels qu’il paraît compliqué d’imaginer qu’on puisse rapidement revenir au niveau de production connu il y a cinquante ans ou un siècle. Mais cela se peut. La crise Covid-19 nous montre qu’une économie est fragile par nature.
A suivre...
Il est où le bonheur à La Réunion ?
Fin du premier chapitre de mon livre Où va La Réunion ?
J'y réflechis aux différents chemins que peut emprunter l'île et l'océan Indien dans son développement.
Notre île ne trouverait-elle pas son bonheur dans le BNB promu par le Bhoutan ?
Le bonheur national brut est un indice de développement popularisé et utilisé par le Bhoutan, Etat asiatique, depuis 50 ans. Il est promu par certains Réunionnais qui ont organisé le premier Sommet de l’Altruisme Réunionnais, en novembre 2021. « Le projet Isopolis est une expérimentation visant à faire de la Réunion la cité de l’innovation sociétale, un démonstrateur mondial vivant d’une société agile et résiliente, capable de conjuguer préservation de l’environnement, équité sociale et économie prospère », expliquent mes confrères Kévin Bulard et Benjamin Cohen dans Le Quotidien le 14 novembre 2021.
« Est-ce que le bonheur peut devenir la finalité de l’action publique ? », s’interroge Jaëla Devakarne, coordinatrice du projet Isopolis. Encore faut-il caractériser le bonheur. « On va objectiver la perception subjective que chacun a de son propre bonheur. Par rapport à ça, on procède par questionnaire, sur un échantillon de 1 000 Réunionnais. Il se base sur 9 domaines, tels que : la bonne gouvernance, la culture, l’éducation, la santé psychologique, l’environnement, la santé globale, l’économie, la gestion du temps. Alors que le PIB ne se focalise que sur l’économie. »
La Réunion a tous les ingrédients pour être dans un environnement propice au bonheur. On a une société riche dans sa multiculturalité. On a une biodiversité incroyable, aussi bien marine que terrestre. Et un savoir-vivre ensemble exceptionnel. Selon Rodolphe Sinimale, « Nous sommes tous interdépendants. Lorsque l’on mange, c’est parce qu’il y a toute une chaîne d’être humains qui l’a permis. Quand on jette nos poubelles, elles ne disparaissent pas par enchantement. Que ce soit la route que nous empruntons pour nous déplacer ou les habits que l’on porte, notre bien-être et notre bonheur dépendent d’autrui. Personne ne peut vivre sans les autres. Prendre un peu plus soin des autres, cela permet que tout marche mieux, que ce soit dans l’économie, dans le social, etc. Or, tout comme on peut entraîner ses muscles en faisant des pompes, on peut entraîner son cerveau à l’altruisme. »
Il me paraît évident que l’économie doit se subordonner à cet altruisme, à cette conscience de l’interdépendance, et ne plus être dans la main de quelques puissances financières et politiques décidant du destin de régions ou de pays entières selon des critères égoïstes.
En finir avec le PIB, à La Réunion comme ailleurs
La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles...
Charles Baudelaire, "Correspondances", Les Fleurs du mal.
Voici le début du premier chapitre de mon dernier livre : Où va La Réunion ?
Du PIB au Bonheur réunionnais brut ?
C’est la fin d’une ère où productivisme et bonheur étaient quasiment synonymes. Le PIB n’est désormais plus un dogme chez les économistes, qui, pour beaucoup d’entre eux, en voient enfin toutes les limites. Désormais, la décroissance, ou du moins la croissance durable, peuvent être le nouvel étalon de la recherche d’un bien-être plus profond, plus spirituel. Du moins dans nos contrées occidentales, qu’elles soient septentrionales ou tropicales.
Car ailleurs la survie est encore à l’ordre du jour, avec des milliards de personnes ne mangeant pas à leur faim et n’ayant pas accès à l’eau potable. Dans ce contexte, où va La Réunion ? Poursuivra-t-elle dans la voie de la productivité à outrance et de la dépendance aux importations ? Optera-t-elle pour un altruisme général, avec ses voisins de l’océan Indien, comme entre chaque habitant ?
Il n’est pas question ici de sanctifier le Produit intérieur brut (PIB), qui est la somme de toute la production (valeur ajoutée) de ressources, d’objets et de services d’une région ou d’un pays donnés. On sait que la manière de calculer cet indicateur, et l’idéologie qui le sous-tend, posent question, car il n’est pas centré sur le développement humain ou sur les activités utiles à la population. Ceci dit, le citer permet d’illustrer, comme pour les autres indicateurs, une certaine tendance du développement.
Le PIB mondial est passé de 1 373 milliards de dollars US en 1960 à 85 910 milliards en 2018, soit une hausse de… 6 157,1 % en 58 ans. Cette hausse n’a pas été également répartie sur la planète. Le PIB des pays occidentaux et de quelques dragons asiatiques s’est développé beaucoup plus que celui des pays du tiers-monde ou de la sphère dite soviétique ou socialiste.
La dette des Etats a explosé et a été un moyen pour les puissances européennes et les Etats-Unis de garder les Etats issus de la décolonisation sous leur emprise. En France, par exemple, le PIB est passé de 62,23 milliards de dollars US en 1960 à 2 778 milliards de dollars US (Md$) en 2018 (source Banque mondiale), soit une hausse de 4 364 %.
Celui de La Réunion a également beaucoup augmenté. Il est le plus important de la zone Sud océan Indien, autour des 20 milliards d’euros (Md€) annuels, soit plus que Madagascar. En 2020, les Comores avaient un PIB de quelque 1,5 Md$, un peu plus que les Seychelles. L’Île Maurice était à environ 12 Md€ en 2020. En 2017, la Tanzanie était à 47,18 Md€, le Mozambique à 11,17 Md€, l’Afrique du Sud (pays le plus riche du continent africain) à 316,49 Md€.
Le PIB est certes un outil très contesté. On souligne qu’il agrège tout un tas d’activités pas vraiment positive pour l’économie ou l’humanité. Quand il y a une catastrophe écologique ou un accident, cela fait par exemple augmenter le PIB, lequel compte bien évidemment dans son calcul l’activité de secours, de nettoyage, de remorquage.
Bref, le PIB ne peut pas être pris comme une mesure ultime du bien être humain.
Personne, en réalité, ne prend cet indicateur pour l’alpha et l’oméga. A l’inverse, certains lui imputent un pouvoir magique. A chaque baisse des indices boursiers un peu sérieuse, comme en 2007/2008 ou lors de l’épisode Covid-19, ou à bien d’autres occasions dans le passé, à chaque stagnation ou diminution de PIB, des gens prédisent ou signalent qu’il s’agit de l’annonce d’une crise économique, avec licenciements et faillites de sociétés en cascade.
Evidemment, le capitalisme se régénère par des crises régulières qui écrasent les classes moyennes et populaires, la petite-bourgeoisie, le petit commerce et aggravent les conditions d’exploitation des travailleurs. Ces crises peuvent même muter et devenir des conflits armés locaux ou régionaux, quand le simple jeu économique ne suffit plus à résoudre les contradictions.
Et parfois, rarement, cela se termine – quand toutes les crises se coagulent et se contractent autour d’une tension politique – par une révolution dans le personnel politique, voire dans le mode de production lui-même, comme ce qui s’est passé dans les premières décennies du XXe siècle, notamment en Russie à partir de 1917 : on est passé, suite à une série d'événements, d'une société féodo-capitaliste à un système socialiste bureaucratique.
Lors de la dernière crise, dite des subprimes, de laquelle nous ne sommes toujours pas sortis alors que nous sommes dans celle consécutive au Covid-19, la crise économique et financière ne s’est pas muée en crise politique sévère, du moins dans la triade (Europe, Etats-Unis, Japon). Les répercussions s'annoncent plus sérieuses dans les pays plus fragiles politiquement, comme on le voit déjà au Sri Lanka.
Le système politico-économique a acquis, suite à ses immenses difficultés de la période 1850/1945, une capacité de résistance et de résilience. L’épisode criminel de « socialisme réel stalinien », encore récent, et les erreurs stratégiques de ce qu’on appelle la gauche ou le mouvement ouvrier, sont certes aussi un facteur parmi d’autres pour expliquer que le capitalisme mondial a pu traverser cette crise des subprime sans casse majeure, voire s’est renforcé.
La crise Covid 19, sanitaire et économique, qui se développe au moment où ces lignes sont écrites, sera-t-elle le catalyseur des colères populaires et de la conscience politique ? Permettra-t-elle de remettre en cause certaines inégalités ? Rien n’est moins sûr.
PIB par habitant en hausse, mais inégalement
Tu peux avoir un gros PIB, mais si ton PIB par habitant est rikiki… Tu es un peu comme ces colosses au pied d’argile… Le PIB par habitant est passé au niveau mondial de 5 498,504 dollars US en 1990 à 17 912,368 en 2018, soit une hausse de 225,77 % en 28 ans. Mais comme il s’agit pour beaucoup d’une hausse de la masse financière, soit de l’argent virtuel, il ne faut pas croire que cela correspond à une hausse du pouvoir d’achat ou de la qualité de la vie générale.
Le PIB par habitant en France est passé de 1 335 dollars US en 1960 et 21 793 dollars US en 1990 à 41 463 dollars US en 2018, soit une hausse de 3 005 % en 58 ans ou de 90,26 % en 28 ans.
Cet indicateur prouve indubitablement qu’il y a eu une augmentation globale de richesse. Mais en faveur de quels groupes sociaux a-t-elle eu lieu ? Paysannerie pauvre, ouvriers et employés, cadres, banquiers d'affaire, traders, grands bourgeois ? De nombreuses études ont mis en exergue que la part de la richesse créée par l’économie mondiale qui revient au capital a augmenté au détriment, en proportion, de la part revenant au travail.
Dans les graphiques sur ce thème, les courbes représentant les revenus du travail (salaires, salaires différés que sont les cotisations sociales, etc.) sont tournées vers le bas, globalement, tandis que celles représentant les revenus du capital (bénéfices, valorisations boursières, etc.) ont plutôt le nez tourné vers le haut. Ces études portent surtout sur les pays riches (ceux appartenant à l’OCDE), mais les indices pour les pays moins développés nous laissent penser que l’évolution a été la même. Qu’on pense à la Chine, dont le nombre de milliardaires a beaucoup augmenté.
Les inégalités s’accroissent entre une toute petite minorité de grands riches toujours plus riches (même pas 5 % de la population) et une masse de salariés, cadres y compris, et petits patrons, artisans ou agriculteurs se paupérisant. Les catégories supérieures des salariés ou de la petite bourgeoisie n’en ont pas conscience souvent. Beaucoup de leurs membres ne se rendent pas compte pas qu’en réalité, dans les pays développés, ils se prolétarisent. Ce qu’Emmanuel Todd appelle « la fausse conscience » dans un de ces livres, les Luttes de classes en France.
Dans son ouvrage Capital et idéologie, Thomas Piketty souligne que les plus pauvres ont vu leur niveau de vie augmenter légèrement, les ultrariches ont vu leur revenu beaucoup augmenter, et les classes moyennes occidentales ont vu leurs revenus stagner ou baisser.
L’Indice de (sous)-développement humain progresse
L’indice de développement humain (IDH) a pour objectif de mesurer plus finement le développement des sociétés en prenant en compte trois critères : le PIB par habitant, l’espérance de vie à la naissance et le niveau d’éducation des enfants de 17 ans et plus.
Les IDH de chaque grande région mondiale ont tous augmenté depuis 1975, hormis celui des pays d’Europe Centrale et Orientale et de CEI pendant la décennie suivant l’implosion de l’URSS.
Plus on se rapproche de 1, plus l’IDH d’une zone (continent, pays, grande région, etc.) est bon. Plus on se rapproche de 0, plus l’IDH d’une zone est mauvais. Le nombre de pays ayant un IDH entre 0,9 et 1 est passé de 0 en 1975 à 38 en 2007. Le nombre de pays ayant un IDH entre 0,8 et 0,899 est passé de 22 en 1975 à 45 en 2007. Le nombre de pays ayant un IDH entre 0,7 et 0,799 est passé de 15 en 1975 à 40 en 2007. Une hausse spectaculaire.
A l’inverse, le nombre de pays ayant un IDH entre 0,6 et 0,699 est passé de 16 en 1975 à 13 en 2007. Le nombre de pays ayant un IDH entre 0,5 et 0,599 est passé de 14 en 1975 à 22 en 2007. Enfin, le nombre de pays ayant un IDH entre 0,2 et 0,299 est passé de 34 en 1975 à 24 en 2007. Une baisse également notable du nombre de pays au faible développement humain.
Pour résumer, en 1975, 22 % des pays avaient un niveau d’IDH élevé, 45 % un niveau moyen et 34 % un niveau faible. En 2007, soit 32 ans plus tard, la proportion était de 46 % à un niveau élevé, 41 % à un niveau moyen et 13 % à un niveau faible.
Il ne s’agit pas de dire que cet indicateur est pertinent pour juger du bonheur et de l’émancipation des individus. Néanmoins, cet IDH a une évolution objective positive. C’est cette trajectoire, irréfutable car reposant sur des statistiques fiables, du moins le pensons-nous, que nous entendons mettre en avant ici.
Mon prochain livre : où va La Réunion ?
Bonjour à tous,
J'ai écrit il y a quelque temps un essai sur la situation globale de l'île de La Réunion. Il s'appelle Où va La Réunion ? Dix choses à avoir en tête.
Ne faut-il pas remplacer le sinistre PIB par le Bonheur réunionnais brut ?
On ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche : en 2050, combien coûtera un kilo de tomates et un pack d’eau ? Pourra-t-on encore se loger, si les prix augmentent encore sans que les revenus suivent ?
L’électricité sera-t-elle disponible en assez grande quantité pour faire tourner nos voitures qui auront abandonné les hydrocarbures ? Et comment la produirons-nous ?
Le diabète et l’obésité ne seront-elles qu’un lointain souvenir ?
En 2050, La Réunion, encerclée par des voisins (Inde, Chine, Afrique) toujours plus puissants, sera-t-elle toujours un Département et une Région française et européenne ?
Le fameux « grand remplacement » cher à Eric Zemmour sera-t-il devenu une réalité ? Quels seront les visages de l’île ? Y aura-t-il plus de mosquées que d’églises ?
Chaleurs suffocantes, inondations et cyclones rythmeront-ils notre quotidien ?
Restera-t-il encore des fonctionnaires ? Le CDI sera-t-il la norme ou l’exception ?
Le peuple se révoltera-t-il contre les injustices ? Le pourra-t-il seulement ?
Face à tous ces enjeux, où va La Réunion ? Ce sera la question lancinante, au fil des chapitres de ce livre. L’île connaît et va connaître une croissance démographique continue, sur un territoire déjà en difficulté à cause des inégalités sociales.
Dans cet ouvrage, je vais tenter de mettre en avant les thèmes qui vont structurer l’avenir des Réunionnais, en retournant en quelque sorte la pyramide de Maslow, laquelle décrit les besoins humains. Il y a cinq types de besoins : les besoins physiologiques (le socle de la pyramide), les besoins de sécurité, les besoins d'appartenance et d'amour, les besoins d'estime, et, au sommet de la pyramide, le besoin d'accomplissement de soi.
Je vais plutôt m’intéresser au bas de la pyramide. Mon argument, ici, est que plus un besoin est fondamental, plus celui qui le fournit est puissant. En cherchant qui fournit l’alimentation, le logement à La Réunion, nous aurons une indication sur ce qu’il faudrait faire pour un avenir meilleur.
En annexes sont proposées des textes permettant de mieux connaître certains concepts et thèmes qui me semblent fondamentaux : mode de production, population mondiale, techniques antimortelles, eau potable et assainissement, antisepsie, vaccination, taux de fécondité, espérance de vie, scolarisation...
J'espère que ce livre trouvera son public, celui d'habitants de l'île soucieux de son évolution dans un monde en pleine recomposition.
Du Donbass à... Mayotte : l'avenir de l'archipel des Comores
Le bateau d'un des fondateurs de Microsoft au mouillage dans le lagon de Mayotte, entre Mamoudzou et Dzaoudzi.
Comment Mayotte passerait sous le giron comorien... Un peu de géopolitique fiction.
Les conditions de vie des habitants de Mayotte sont insatisfaisantes, comparées au standard de vie en France européenne, sur le plan des services publics et de la sécurité des biens et des personnes notamment. Une des preuves de cet état de fait est l'abstention électorale, ainsi que le score réalisé par Marine Le Pen, du Rassemblement national, lors de la dernière élection présidentielle. Son score a d'ailleurs été excellent, tout comme celui de M. Mélenchon, de l'Union populaire, dans bien des départements et collectivités d'outre-mer, telle La Réunion voisine.
L'Union des Comores maintient ses revendications de retour de la quatrième île de l'archipel des Comores dans son giron. Pour le moment, le rapport de force est défavorable à ce pays. Son produit intérieur brut (PIB) total est inférieur à celui de la seule île de Mayotte, pourtant département le plus pauvre de France, et de loin. Le PIB des îles de la Lune est constitué pour une notable part de fonds envoyés par la diaspora résidant à l'étranger, notamment en France. Les Comores pourvoient Mayotte en main d'œuvre clandestines, donc peu chère, par exemple dans le secteur du bâtiment, satisfaisant ainsi à la volonté constructrice de nombreux Mahorais, individuels ou entreprises. Ils en ont les moyens grâce aux transferts de fonds venus de la France : salaires presque équivalent à la France, surrémunération, investissements public (France et Union européenne) et privé.
Un monde multipolaire
Un des enseignements éclatants de la guerre de la Russie en Ukraine, c'est que les Etats du Sud ne sont plus parfaitement alignés sur les grandes puissances impérialistes occidentales. Les grands Etats des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) n'ont pas conformé leur attitude à l'égard de l'invasion russe aux consignes des Etats-Unis et leurs alliés d'Europe de l'Ouest.
Beaucoup de commentateurs favorables à un monde multipolaire font valoir que le rapport de force actuel au niveau mondial évolue : ainsi, dans les décennies qui viennent, le PIB mondial devrait toujours davantage se répartir plus harmonieusement entre les différentes régions du monde. Il n'est pas impossible notamment, comme nous allons le décrire dans un ouvrage à paraitre dans quelques semaines, que l'océan Indien, avec la Chine et l'Inde en tête de file, deviennent la région la plus riche et influente du monde au XXIe siècle.
Parallèlement, l'Europe de l'Ouest devrait voir son influence décroitre, plus ou moins lentement. La crise ukrainienne est déjà une douloureuse prise de conscience pour une partie des élites et opinions publiques occidentales, qui découvrent ou se souviennent qu'il est loin le temps où l'Occident seul maitrisait les outils de la modernité (technologique, scientifique ou militaire).
Rue Oudinot et Quai d'Orsay
Pour le moment, l’État comorien se tient prudemment à l'écart de toute rébellion vis-à-vis de l’État français. Suite à la réponse de la Russie à l'appel au secours des Républiques de Longansk et Donetsk, il a rompu ses relations diplomatiques avec la Russie. Un adage fameux est que "Mayotte est gérée rue Oudinot, et les Comores au Quai d'Orsay" (lieux de situation des ministères de l'outremer et des Affaires étrangères respectivement). Mais la diplomatie comorienne est ouverte à tous les soutiens, qu'ils soient africains, musulmans ou asiatiques.
Selon certains spécialistes de géopolitique, la distance temporelle qui nous sépare d'un potentiel conflit mondial entre les Etats-Unis, leurs alliés, et la Russie, pourrait n'être que de quelques années. Cette guerre aurait peut-être pour but, pour l'économie américaine, de s'approprier, directement ou via un ou des Etats fantoches, les gigantesques ressources russes. Mais l’État américain doit d'abord se doter de missiles hypersoniques avant de se lancer dans un conflit de front. Ce type de missiles peut dépasser plusieurs fois la vitesse du son. La Russie en possède d'ores et déjà sept, et en a testé certains lors de la guerre contre le régime de Kiev.
La Nouvelle-Calédonie
Ce scénario de troisième guerre mondiale (la "seconde" devenant alors la "deuxième") n'est évidemment qu'une simple hypothèse parmi d'autres. Selon ce scénario toutefois, si d'aventure la France est toujours dans le giron étatsunien, elle sera particulièrement en danger, étant la seule puissance nucléaire indépendante sur le vieux continent. Rappelons que la dissuasion nucléaire a été mise en place par le général de Gaulle pour rendre la France indépendante à la fois de l'URSS (cela va sans dire, étant donné le caractère anticommuniste du gaullisme, sanctionné par les accords de Yalta) mais aussi, on l'a oublié, des Etats-Unis.
Selon ce scénario désastreux pour notre pays, qui se réaliserait dans le cas où la France serait toujours un agent majeur et déterminé de l'Otan, l'Hexagone (voire des outremer ayant une puissance économique, comme la Nouvelle-Calédonie ?), dans ses centres vitaux et stratégiques, pourrait être frappé parmi les premiers par des frappes russes, détruisant le pays en quelques heures, quelques journées. Il n'y aurait pas forcément de combats au sol, comme en Ukraine, les Russes se contentant de frappes aériennes.
Et l'on revient à l'archipel des Comores. Si loin... et si près. Car dans l'outremer français, les conséquences pourraient être directes. Plusieurs scénarios se font jour, dépendant de multiples facteurs :
1) la capacité de l'Etat français, plus ou moins détruit par une offensive russe, à maintenir sa puissance, notamment militaire, sur ses outremer ;
2) la volonté de cet Etat de maintenir cette domination : serait-ce une priorité ou non ? ;
3) la réaction des Etats voisins des outremer français : dans l'océan Indien, on parle évidemment de la côte est-africaine (pensons au Mozambique et ses pirates frayant autour des stocks pétroliers marins), de Madagascar, de Maurice et de l'Union des Comores ;
4) la politique des grandes puissances mondiales d'abord, indocéaniques ensuite, parmi lesquelles on retrouve la Chine, l'Inde... et la Russie, dont le développement en Afrique est continu.
La Crimée et Mayotte
Selon ce scénario, il n'est pas du tout impossible que l'Union des Comores change de vassalité, par exemple suite à un effondrement des transferts de fonds provenant d'Occident, de la France en premier lieu. L'archipel pourrait alors tout à fait décider de se placer sous la houlette de la Chine ou de la Russie, avec laquelle des liens ont pu exister dans le passé. Certes, la Russie utilise le fait mahorais pour justifier le retour de la Crimée dans le cadre de l'Etat fédéral, ce qui a provoqué l'irritation des dirigeants comoriens qui font chaque année voter une résolution contre l'occupation française de Mayotte. Néanmoins, dans le cadre de leur soutien décennal, voire séculaire, au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes (une notion certes discutée par les Mahorais), la Fédération de Russie, et avant elle l'URSS, a toujours soutenu le combat comorien pour l'indépendance dans le cadre des frontières issues de la colonisation.
Ce contexte peut laisser ouvert la possibilité d'un soutien de la Russie et/ou de la Chine à une invasion de Mayotte par les Comores. Ce serait possible si la France était à genoux après avoir été tout ou partie détruite par l'armée russe. Dans ce cadre, il se pourrait aussi que la France abandonne le dernier des Départements, au rattrapage économique et social encore non terminé. Un territoire dont la culture populaire est enracinée dans le monde musulman, malgache et africain, l'Occident n'intervenant qu'à titre accessoire, du fait de la lenteur avec laquelle la France a commencé à installer des services publics dans l'île, notamment sur les plans éducatif, social et sanitaire. Les Mahorais, et en cela ils sont plus Français que les Français, vouent un culte au service public, et ont mené de nombreuses luttes pour qu'ils se développent chez eux.
Une invasion de Mayotte par les Comores ne serait pas forcément une guerre civile. Mais il y a des enjeux de propriété foncière très anciens qui sont toujours irrésolus, et pourraient donner lieu à des affrontements violents. Qui sait aussi, si, dans un cadre géopolitique bouleversé suite à l'effondrement de la puissance coloniale séculaire, Madagascar ou un Etat africain (Mozambique, piraterie, Afrique du Sud ?) ne jouerait pas sa partition, visant à créer un Etat fédéral régional ?
Les Sorodas désormais seuls
En tous les cas, il est probable qu'une guerre civile surgisse si les tenants de la vengeance et de la loi du Talion deviennent dominants dans chacun des camps en place. Comment réagiraient les dirigeants comoriens dans ce contexte, eux qui ont pour la plupart la nationalité française ? Les Comoriens voudront châtier les Sorodas protégés par la France depuis les années 1970. Les Sorodas, désormais seuls, seront dans une situation délicate. Du niveau d'affaiblissement de l'Hexagone dépendra pour une bonne part l'attitude des cadres comoriens. Leurs avoirs en France seront-ils à l'abri ?
Un problème immédiat à résoudre serait l'alimentation de tant de personnes vivant à Mayotte, dans un contexte de dépendance quasi totale à l'importation pour les produits de base : riz, sucre, viande, lait, farine... Comment éviter une catastrophe humanitaire, que ce soit pour Mayotte ou pour tous les pays de la région d'ailleurs, dans le cadre d'un effondrement de la puissance française ?
Bien sûr il est également possible que, sous la direction de dirigeants ayant pour objectif le bien-être de leurs peuples, et non leur propre soif de pouvoir, un tel scénario n'advienne pas. Il faut espérer et se battre pour que cette marche belliqueuse (que l'on en juge par la hausse des budgets militaires de chaque pays, en premier des Etats-Unis) actuelle soit contrôlée par les dirigeants mondiaux guidés par des idéaux de paix.
Une troisième voie, enfin, serait peut-être que la France quitte l'Otan, du moins son commandement intégré, ce qui serait de nature à satisfaire tout particulièrement la Fédération de Russie. En l'état actuel des choses, cependant, et dans l'attente des résultats des élections législatives, cela semble être hors de l'horizon de vue des dirigeants de la République française.
Quelques nouvelles littéraires
Bonjour à tous,
Ce blog n'est certes plus tellement alimenté ces derniers mois. Néanmoins, j'ai tenu parole par rapport à ce que j'avais dit en 2021 : j'ai fait paraître trois romans. Ils ont été rédigés entre 2009 et 2020.
Au moins un autre est en prévision.
Comme je le dis à chaque fois, mon objectif en tant qu'auteur est d'être lu. Donc si certains veulent que je leur envoie les livres gratuitement en PDF, ils peuvent me contacter. Ce que j'apprécie, c'est un retour des lecteurs, un avis, une idée, une discussion sur le sujet ou une inspiration du moment après la lecture...
J'aimerais aussi que ceux qui ont aimé mes textes laissent un avis sur la plateforme du vendeur. Cela me permet d'être plus visible face à la masse de livres en compétition ^^. Vous pouvez me suivre sur ma page d'auteur ici.
Merci à tous et belle journée !
Guillem
Photo Ejov Staline
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La retouche photographique, l'arme redoutable de Staline durant la Grande Purge
Près de 70 ans avant l'avènement de Photoshop et des logiciels de retouche photographique, Staline avait régulièrement recours au trucage d'images afin
https://dailygeekshow.com/staline-censure-retouche-trucage-images-photographie/
DRH en danger
« Les DRH sont à la fois sujets aux risques psychosociaux (RPS) et porteurs de la responsabilité des RPS pour toute l’entreprise. La santé mentale, on oublie toujours à quel point c’est important : un actif sur cinq est susceptible d’être en détresse liée à un trouble mental. Et plus la période dépressive est longue, plus la surface du cerveau affectée est importante », explique le professeur Gaillard. Or la crise sanitaire a renforcé les principaux facteurs associés au trouble mental : le déséquilibre vie privée-vie professionnelle, l’incertitude, le manque de soutien des collègues ou de sa hiérarchie et enfin les difficultés de communication au travail.
Incertitude chronique, vie sociale réduite à la relation de travail, déséquilibre vie privée-vie professionnelle, communication dégradée… la crise sanitaire augmente les fragilités psychosociales des salariés. Le DRH en est parfois rendu responsable. Source : Le Monde, 14 avril
Girondins Marcio Santos 1994 Valderrama - choc cosmique
Dialectique télévision réalité
1994
Eté 1994 : la coupe du monde aux USA, le plus grand pays du monde au niveau économique, militaire, influence.
Valderrama est un joueur très technique mais lent. Son équipe est médiocre mais dans l’inconscient du spectateur, la Colombie est une équipe mythique.
Le soleil, l’été, les vacances, le repos après l’année scolaire, les matches agréables à regarder.
Marcio Santos, défenseur central des Girondins, est membre de la sélection brésilienne de football.
Le Brésil remporte la coupe du monde.
Le football est le sport qui passe le plus à la télévision.
Le football passe dans la télévision gratuitement.
Bordeaux est une des meilleures équipes françaises, qualifiée pour la coupe d’Europe.
Bordeaux passe à la TV, mais passe aussi au stade, en réalité, dans le stade situé à côté de chez toi.
On parle de Zidane, là. On parle de Witschge là. Dugarry, Lizarazu. Valdéir. International brésilien.
Dans le cerveau d’un garçon de onze ans, issu d’une famille sportive et lui-même modérément sportif, il y a de quoi faire rêver…
Rêver à la coupe d’Europe…
Rêver à la victoire…
Rêver à l’ambiance chaleureuse et folle d’un virage d’ultras…
Rêver au sentiment de joie collective…
Dialectique réalité télévision
La télévision donne du bonheur
Le bonheur se trouve dans ta ville, dans le stade, avec ces joueurs qui donne du bonheur à la télévision.
La dialectique rassurante, bouclée, de la télévision au stade de Bordeaux, à l’équipe de France, à l’équipe du Brésil championne du monde, même si Marcio Santos quitte Bordeaux juste après.
Il y a un an : le confinement
Ce matin j’écoute Jean-Marc Daniel sur BFM business. Il parle de dictature médico technocratique concernant notre gouvernement. Il cite Churchill concernant les accords de Munich : « vous avez voulu le déshonneur pour éviter la guerre ; vous aurez le déshonneur et la guerre. »
Daniel dit que nous avons sacrifié l’économie pour sauver la santé, mais qu’au final nous sacrifierons la santé et l’économie. Il dit cela avec son ton calme de petit bonhomme rondouillard.
Il faudra demander aux millions de personnes en situation de pauvreté si l’économie n’avait pas déjà été sacrifiée quelque temps avant.
Mais il faut se rappeler du contexte : les soignants demandaient depuis des années des moyens supplémentaires. Le gouvernement était lui occupé à faire des économies pour contrôler notre dette. Comme ses prédécesseurs. Il ne voulait pas ouvrir les lits et les services d’hôpitaux mais les fermer.
évidemment aujourd’hui les travailleurs ont peur de la maladie, ceux qui peuvent se payer le luxe de ne pas aller travailler et d’être payés demandent que le confinement se poursuive. Les autres constatent que les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux concernant le covid, mais une chose est sûre : 99 morts sur cent du covid ne meurent pas uniquement du covid, mais du covid et d’une maladie associée préexistante. Dans ce contexte, si le gouvernement avait fait son travail de prospective, il aurait eu un plan pandémie en main, avec grosse augmentation des moyens humains et des services médicaux dédiés (réanimation, infectiologie...), campagne de tests et distribution de masques et de gel en cas d’arrivée du covid. Cela et les gestes barrières et de distanciation sociale auraient suffi.
là où les travailleurs se seraient sentis en danger, ils auraient dû imposer par leur mobilisation la fin de l’activité ou au moins la mise en place de conditions de travail permettant d’assurer la sécurité de tous.
Mais comme l’alpha et l’oméga du gouvernement est de réduire la dette pour enrichir les plus grandes entreprises, il s’est retrouvé devant le covid sans plan. Et ce alors qu’il y a paraît-il des dizaines de têtes pensantes dans chaque ministère...
Il y a un an, le confinement
17 avril 2020. Le temps est un peu moins ensoleillé aujourd'hui.
J'écoute BFM Business, histoire de prendre le pouls d'une certaine partie de notre élite économique.
Jean-Marc Daniel estime que l'extrême-gauche actuelle est encore plus réactionnaire que lui, il a de l'humour.
Il souligne que Marx se moquait déjà des socialistes utopiques, et considère que l'extrême-gauche actuelle a plus à voir avec Fourier ou Owen, qu'avec le socialisme scientifique. Comment lui donner tort ?
Dans le journal communiste de référence, on apprend que les gens ayant déjà attrapé le covid-19 pourraient ne pas être immunisés. L'immunité collective et la stratégie de déconfinement tombe à l'eau ?
Notre Dame de Paris a brûlé il y a un an. Les cinq ans pour la reconstruire seront tenus, assure le chef de l'Etat.
Je reste héberlué par les chiffres du covid en Europe protestante : Allemagne, Danemark. La Belgique a deux fois plus d'habitants que le royaume des bords de la Baltique, mais plus de dix fois plus de décès. Est-ce une différence dans le comptage des morts ?
Le patron d'Amazon France est en colère après es syndicats. Il a fait fermé ses entrepôts, suite à la décision d'un tribunal de lui infliger une amende de 1 million d'euros par jour s'il continue de vendre des marchandises non essentielles. C'est la faute de Sud Commerce, assure-t-il. Le syndicat lui répond qu'il faut faire passer la santé avec les profits.
Dans une tribune parue dans le Monde, des notables musulmans s'inquiètent du manque de sépultures pour les fidèles qui meurent actuellement. Le jeûne du mois sacré de Ramadan commence dans quelques jours, d'aucuns se demandent comment cela va se passer, cette période de partage traditionnelle alors que nous devons nous confiner.
L'observatoire des inégalités veut publier un rapport sur les riches en France. Il a déjà été récolté près de vingt mille pour cette publication. Espérons que, dans un an, il aura paru.
Il y a un an, le confinement
Temps de fin de printemps.
Aujourd'hui, jeudi 16 avril, il y avait une forme de déconfinement léger à Bordeaux Saint-Michel, vers 18h, heure à laquelle je suis sorti effectuer mon exercice quotidien, à base de randonnée pédestre, dans un rayon d'un kilomètre autour de mon domicile. J'étais évidemment porteur de ma déclaration sur l'honneur remplie, datée et signée.
Beaucoup de petits apothicaires traditionnels-à vélo (ceux qui vendent des drogues originaires de pays plus secs) de ce quartier populaire et cosmopolite, le dernier, ont un masque. Où l'ont-ils eu ? Des infirmières aimeraient avoir des masques, ou du moins qui ne soient pas périmés, nous apprend un article du quotidien communiste de référence, qui publie des témoignages de soignants.
Les CRS et autres agents des forces de l'ordre sont assez discrets, semble-t-il, dans ce secteur du centre. On devine que, peut-être, cette période est pour eux celle du répit, après des années 2015/2020 où ils ont été sur tous les fronts nationaux (osons le mot) : du terrorisme au maintien de l'ordre face à la lie de notre pays, ces gueux jaunes et autres archaosyndicalistes voulant empêcher que l'on entre dans la modernité. Patrouiller dans des rues vides et effectuer quelques contrôles doit être moins usant, physiquement et moralement, que de maintenir l'ordre.
Les morts s'accumulent, mais des discussions avec des amis me font penser au fait que le pays qui n'a pas confiné, l'Allemagne, a beaucoup moins de morts du coronavirus que nous. Est-ce que ce sera toujours le cas dans un an ? Est-ce uniquement dû à la différence de richesse entre nos deux pays ? Est-ce dû au comptage, différent d'un pays à l'autre ?
Je pense à tous mes concitoyens légitimistes, et ils sont une grosse minorité, pro Sarkozy, pro Hollande et maintenant pro Macron, qui pensent que la France est au bord de la faillite et qu'il faut donc soutenir le régime malgré tous ses défauts. J'entends leur argument. Vous croyez que l'opposition ferait mieux, cette bande de clowns ? Ils ont fait mieux quand ils y étaient ? Et la Le Pen, elle ferait mieux peut-être ? Ces débats seront peut-être dépassés dans un an... Qui sait.
Surgit une idée, triste, enrageante : et si nos élites avaient la haine du peuple de France ? Et si ce peuple était encore trop excité pour complaire à nos dirigeants ? Comment expliquer que chaque ministre, notre président, accumulent chaque jour les contradictions et les contre vérités ? Comment imaginer que c'est seulement de l'incompétence ?
Pourquoi les Allemands ont-ils tellement mieux réussi que nous cette épreuve ? Il y a des choses que nous ignorons encore, on le saura dans un an, peut-être. Notamment si ce virus est si dangereux que cela, ou n'est au fond qu'une grippe, plus ou moins virulente suivant chacun.
On parle de maintenir le confinement pour les personnes de plus de 65 ans.
Les lits de réanimation créés pour l'épidémie seront-ils pérennisés ?
Le déconfinement ne va-t-il pas relancer l'épidémie ? Notre économie est-elle si pauvre qu'il faille travailller tout de suite ? N'y a-t-il pas quelque économie accumulée sur les comptes off shore et légaux de notre élite de la villa Montmorency. En ces temps de confinement, mon surmoi peine à stopper la logorhée gauchiste qui m'envahit.
Adiu...
Confinement covid : il y a un an
La Comparaison avec les autres pays concernent l’approvisionnement en masques (Espagne), les respirateurs, les tests et le confinement (Allemagne), le gel hydro alcoolique énerve certains Français. Certains disent que le gouvernement est constitué de « criminels » ou de « cyniques ».
Il y a également des légitimistes qui disent qu’il est facile de critiquer...
Que se passera-t-il au deconfinement le 11 mai ? Reprise de l’épidémie ? Pourquoi ouvrir les écoles mais pas les facultés ? Le régime aurait-il peur des réactions populaires ?
Pour mémoire : confinement
Bonjour à tous,
Que se passait-il y a un an ? Hier soir, le président a parlé aux Français lors d’une allocution télévisée.
Une sorte de déconfinement aurait lieu le 11 mai. Les enseignants ne sont pas contents, parce qu’ils devront retourner au boulot alors que l’épidémie sera toujours là.
Du côté du tourisme et de l’hôtellerie restauration, on fait grise mine. La réouverture ne serait pas pour tout de suite… pas avant juillet. N’est-ce pas finalement une bonne chose pour éviter que la maladie ne se propage ?
Le patronat voudrait que l’économie reparte au plus vite. Les salariés ont peur de tomber malade en retournant au boulot et on se des confinant. Tout le monde se doute que la crise va être payée par les classes populaires. Les profits des grandes entreprises, la chose la plus importante dans le capitalisme, devront être maintenus.
Globalement, il semble que les gens considère que Macron et son gouvernement sont incompétents et naviguent sans cap, mais ce n’est pas une nouveauté.
Bonne journée,
Guillem.
Il y a un an : le confinement
Bonjour à tous,
J'ai écrit ce texte il y a un an jour pour jour, au moment du confinement lié à l'épidémie de Covid 19.
Ce soir Emmanuel Macron doit parler. Annoncera-t-il un prolongement du confinement, décidé il y a un mois ?
Probable. Certains assurent que l'école et l'université ne reprendra pas avant septembre. Certains annoncent un déconfinement en juillet. Mes amis du matin, Jean-Marc Daniel et Nicolas Doze, exhibent les cas de l'Autriche, de la Suède, des Pays-Bas où il n'y a pas un confinement contraint comme dans les pays du Sud.
Le patronat, via le président du Medef, a annoncé que les salariés devront travailler davantage après le déconfinement. Fin des RTT ? Augmentation du temps de travail ? Les experts économistes sont plein d'idées : Jean-Marc Daniel et Nicolas Doze, sur BFM Business, nous l'assurent : c'est inévitable. Jean-Marc Daniel rappelle que si l'on ne produit pas, on ne peut pas avoir de pouvoir d'achat. C'est un principe élémentaire d'économie. C'est Greg Mankiw qui en a édicté dix, et celui-ci est le huitième apparemment.
Jean-Marc Daniel n'évoque pas le cas des milliardaires qui ne produisent pas grand-chose, à part des chômeurs et de l'austérité, mais ont un pouvoir d'achat énorme. Pardon, c'est un reste d'archaomarxisme, je me soigne à coup d'éditoriaux de Christophe Lucet, dans Sud Ouest ou de François Leglet, sur TF1, entre autres, mais cela ressort en spasmes de temps à autre.
"Faut-il protéger la santé au risque de tuer l'économie ?", demandent nos experts sur BFM Business. Il me semble que, pour beaucoup de gens, l'économie n'allait déjà pas si fort que cela, avant le covid.
Tout le monde annonce la pire crise depuis 1945. Le PIB va baisser de plusieurs points. Le gouvernement, acquis aux thèses libérales, va appliquer un programme keynésien de relance, assurent les commentateurs. Cela résoudra-t-il les problèmes de pouvoir d'achat, de chômage ? On comprend à demi-mot que non, que cela ne sera qu'un moyen d'amoindrir la violence du choc économique et social à venir.
Boris Johnson vient de sortir de l'hôpital. Canal+ a annoncé qu'il ne paierait plus les droits TV pour la retransmission du Top 14 de rugby, à moins qu'il ne reprenne. Les bouquets TV ont donné l'accès gratuit à certaines chaînes de dessins animés, soupape nécessaire afin de contribuer à l'amélioration des relations parents enfants.
Comment ce texte aura-t-il vieilli dans un an ?
A suivre...
Marché de l'emploi Michelin
« Il y a aussi eu ceux – plusieurs centaines – dont le poste a été supprimé et qui ont dû se retrouver un poste sur le marché de l’emploi interne à l’entreprise. Cela a été très violent et très mal vécu. » José Tarantini, le délégué syndical central de la CFE-CGC. Chez Michelin, les salariés, moins nombreux, sommés de faire mieux : cC’est la partie immergée de l’iceberg. Derrière les 2 300 suppressions d’emplois annoncées le 6 janvier par Michelin se pose la question des quelque 17 000 salariés qui vont continuer de travailler sur les sites français du numéro deux mondial du pneumatique. Source : Le Monde, 23 mars.
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Dialogue social très moyen
"La qualité du dialogue social perçue par les instances représentatives du personnel et par les salariés reste très moyenne. En plus, ils anticipent majoritairement une détérioration.” Olivier Laviolette, membre du comité de direction de Syndex. En apparence, la crise sanitaire a pour effet de valoriser et de pacifier le dialogue social dans les entreprises. À y voir de plus près, la convergence entre directions et syndicats face au risque sanitaire cache une tension latente.
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Charcutage électoral
“Ce découpage ne répond pas aux besoins de représentation des agents. Il aggrave leur éloignement des représentants du personnel”. CGT RATP. Les grandes manœuvres commencent à la RATP, dans la perspective des élections professionnelles prévues au quatrième trimestre. La direction de la régie propose de modifier l’accord-cadre relatif à la qualité du dialogue social, signé en 2018 pour une durée indéterminée.
Bosch : la mort du site
"Bosch aime mettre en avant le fait que c’est une fondation, que les bénéfices sont réinvestis dans le groupe, mais ils se comportent comme la pire entreprise du CAC 40. Garder seulement 500 salariés, c’est la mort du site." Patrick, 30 ans d’ancienneté au compteur à Bosch (Aveyron). Une marée humaine pour défendre l’emploi. Dimanche, à Decazeville (Aveyron), 3 200 salariés, syndicalistes, élus politiques de tous bords, commerçants ou simples citoyens ont défilé à l’appel du collectif Tous ensemble, pour dire stop à la casse sociale. Les annonces de ces dernières semaines ont réveillé les fantômes pas si lointains de la désindustrialisation. Avec 750 suppressions de postes prévues chez Bosch, à Onet-le-Château, près de Rodez, d’ici à 2025, c’est tout le département qui prend un coup sur le casque. Source : L'Humanité, 23 mars
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« Mdr ça va les mitos ? Je travaille à #Chronodrive, je vous dis même pas combien d’aliments on nous force à jeter simplement parce que l’emballage est un peu abîmé. Et on peut même pas les récupérer sinon on est accusé de vol… Très écolo Chronodrive dit donc. » Rozenn Kevel, employée au magasin Chronodrive de Basso-Cambo, à Toulouse (Haute-Garonne). L'étudiante toulousaine risque d’être licenciée après avoir dévoilé les mauvaises pratiques de Chronodrive. Syndiquée CGT, elle s’était auparavant engagée contre le sexisme au sein de l’enseigne de courses en ligne. Source : L'Humanité, 23 mars.
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« Tout est surveillé, on doit dire qui vient nous voir, à quelle heure. Mais je ne suis plus mineure ! On est des mamans, on est grandes. Ça ne donne pas envie d’avoir quelqu’un chez soi, donc on reste avec les enfants. Mais ce n’est pas une vie, on va craquer. » Laura, hébergée au CHU Ariane, Paris. Au centre Ariane, dans le XIVe arrondissement de la capitale, les familles ont leur propre appartement : les enfants peuvent profiter de leur chambre et les adultes retrouvent une certaine intimité... même si les lieux restent sous surveillance. Source : Libération, 23 mars.
Seniors jetés des entreprises ?
Seniors jetés dehors
« Le choc pétrolier avait alors pénalisé l’activité pour vingt ans, dans une période de forte inflation, où l’Etat avait une faible capacité d’endettement. Aujourd’hui, l’activité a fortement ralenti mais la crise est provisoire. L’endettement est efficace face à une crise temporaire. Quels que soient les dispositifs qui ciblent les seniors, la grosse différence est qu’on est en capacité de les financer. Les taux d’intérêt sont à un niveau très faible et, pour l’instant, on ne voit pas d’inflation qui arrive. Donc aucun élément factuel n’indique que l’endettement est un risque pour l’économie. » L’économiste Antoine Bozio. Selon lui, le risque macroéconomique pour la société est bien moindre que dans les années 1980. Avec la crise liée au Covid-19, les vagues de départs touchant les plus de 50 ans se multiplient. En 2020, cette catégorie d’âge représentait les deux tiers du volume des ruptures de contrat enregistrées par Pôle emploi dans le cadre de plans sociaux. Les conséquences sont majeures. Source : Le Monde 21 mars.
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Galère pour trouver un stage
« En 2020, le nombre d’entrées en stage ayant fait l’objet d’une déclaration par les entreprises (encadré) s’établit à 225 000, après 289 000 en 2019, soit une baisse de 22 % (figure 1). En 2019 comme en 2018, le nombre d’entrées en stage augmentait régulièrement (+4 % par an). » Dares. Il chute aux mois de mars, avril et mai, suite au premier confinement lié à la crise de la Covid-19. Les personnes de moins de 20 ans sont les plus touchées par cette baisse. À l’exception de la santé, la totalité des secteurs d’activité sont affectés. Source : Dares, mars 2021.« En 2020, le nombre d’entrées en stage ayant fait l’objet d’une déclaration par les entreprises (encadré) s’établit à 225 000, après 289 000 en 2019, soit une baisse de 22 % (figure 1). En 2019 comme en 2018, le nombre d’entrées en stage augmentait régulièrement (+4 % par an). » Dares. Il chute aux mois de mars, avril et mai, suite au premier confinement lié à la crise de la Covid-19. Les personnes de moins de 20 ans sont les plus touchées par cette baisse. À l’exception de la santé, la totalité des secteurs d’activité sont affectés. Source : Dares, mars 2021.
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Libertariens
« Il faut aussi prendre en compte l’idéologie libertarienne du milieu du numérique, qui pousse à un certain mépris pour la dimension humaine, politique. Tout ce qui compte, c’est la science. » Isabelle Collet, professeure à l’Université de Genève et spécialiste des questions de genre dans la tech. En France, comme aux Etats-Unis, les crises publiques traversées par les Gafam ont traîné la lente politisation de leurs employés, mobilisés d’un bout à l’autre de l’échelle sociale pour un autre modèle de société. Source : Libération, 22 mars.
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