C.C.i.J.P. : RESULTATS DU SECOND TOUR DES ELECTIONS 2018
#journalisme
Journalistes : résultate des élections à la commission de la carte de presse (CCIJP)
Le SNJ CGT conserve finalement deux élus en Commission de première instance de la CCIJP, malgré la présence au second tour d'une liste du syndicat concurrent InfoCom CGT, ce qui avait provoqué un certain émoi dans la confédération.
La CFDT échoue à dépasser le SNJ CGT, ce qui semblait pourtant possible au vu de la présence d'InfoCom.
La participation est en hausse par rapport au premier tour, mais demeure insatisfaisante.
Le SNJ obtient cinq élus avec 53,13%, le SNJ CGT deux élus et la CFDT un élu.
Il y avait également un scrutin régional.
http://www.ccijp.net/article-141-resultats-du-second-tour-des-elections.html
#impressons
Mayotte : surmortalité des enfants et des femmes de 60 ans ou plus
Bonjour,
Je mets en lien une étude de l'Insee sur la mortalité à Mayotte.
"En 2016, 700 personnes domiciliées à Mayotte sont décédées, tandis que dans le même temps 9 500 naissances sont survenues sur le territoire. Comme la population de Mayotte est bien plus jeune que celle de métropole, le nombre de décès rapporté au nombre d’habitants est plus faible. Ainsi, globalement, le taux de mortalité est trois fois plus faible sur l’île (2,9 contre 9,0 pour 1 000 habitants). Mais si la population de Mayotte présentait la même structure par âge que la population métropolitaine, le taux de mortalité y serait 1,5 fois plus élevé qu’en métropole. En effet, à âge égal, la probabilité de décès à Mayotte est plus élevée qu’en métropole".
"La mortalité infantile reste très élevée à Mayotte : en 2016, sur 1 000 enfants nés vivants, dix n’atteignent pas l’âge d’un an. Si ce taux est comparable à celui observé en Guyane, il est trois fois plus élevé qu’en métropole. Le risque de décès de nourrissons au cours de la première semaine de vie est fort à Mayotte, et il augmente même par la suite. Ainsi, 2,8 nourrissons sur 1 000 décèdent avant une semaine à Mayotte et 7,3 sur 1 000 entre une semaine et un an. En métropole, il décède 1,7 bébé pour 1 000 naissances avant comme après une semaine de vie.
Les conditions de vie précaires d’une forte proportion de mères expliquent en grande partie la mortalité infantile élevée sur le territoire mahorais, mais également la plus grande fragilité des nourrissons. En particulier, les naissances prématurées et les nouveaux-nés dont le poids est inférieur à 2,5 kilos y sont plus fréquents qu’en métropole."
Surmortalité des enfants et des femmes de 60 ans ou plus - Insee Flash Mayotte - 68
Du fait de la jeunesse de sa population, Mayotte est le département français où le nombre de décès par habitant est le plus faible : 2,9 décès pour 1 000 habitants en 2016. Mais les taux de
Corée du Sud : élections et victoire des démocrates
Le Président Moon Jae-in apparaît conforté dans sa politique de réformes et d'ouverture au Nord, au lendemain du sommet historique à Singapour entre les présidents américain Donald Trump et nord-coréen Kim Jong-un.
Bonjour,
Je transmets un article intéressant sur les élections locales qui ont eu lieu hier en République de Corée (Corée du Sud).
Les Démocrates ont écrasé les autres formations. La droite conservatrice est celle qui s'en sort le mieux. Les formations écologistes ou de gauche ne s'en sortent pas bien.
Le Président Moon Jae-in apparaît conforté dans sa politique de réformes et d'ouverture au Nord, au lendemain du sommet historique à Singapour entre les présidents américain Donald Trump et nord-coréen Kim Jong-un.
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Elections locales en Corée du Sud : raz-de-marée démocrate - Association d'amitié franco-coréenne
Les élections locales qui se sont tenues en République de Corée (Corée du Sud) le 13 juin 2018 ont consacré la suprématie des démocrates au pouvoir, qui selon les premiers résultats ont rem...
Le Bachelier, Jules Vallès, 1878. Extraits
Le Bachelier (Jules Vallès 1881)
Les trois tomes (L'Enfant, Le Bachelier, L'Insurgé), récits d'une « génération sacrifiée, vaincue en juin 1848, humiliée le 2 décembre 1851, et écrasée en mai 1871 ».
L'histoire du Bachelier se déroule pendant la 2e République et le début du Second Empire.
Projet d'une comédie humaine socialiste.
Jules Vallès (JV) assiste aux cours de Michelet. Aime Michelet, défend Michelet.
Mes bonnes feuilles
« Il faut faire un journal ! […]
« Moi, dit une voix qui a l'air de sortir de dessous terre, je ferai la PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE. »
On cherche, on regarde. C'est Championnet qui a parlé.
Championnet penseur !
- Avant la scène de la manifestation il n'était guère connu de nous que parce qu'il tournait ses souliers en marchant, mais il les tournait, c'est effrayant ! Il les tourne encore. Une paire de bottines neuves lui fait trois jours ; les bottines de ce jeune homme ont toujours l'air de vouloir s'en aller de droite, de gauche, comme si elles étaient dégoûtées de ses pieds...
Il veut faire la PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE.
Comment l'entend-il ? A-t-il une vue d'ensemble sur le déluge, sur les kalifes, sur Omar, sur les croisades, sur Louis-Philippe ?
« Citoyens, fait Renoul qui préside, personne ne dit rien ? Matoussaint, tu n'as pas d'observation à faire ?... Vingtras ?... Rock ?... On ne demande pas la parole? ».
Non, on se tortille sur ses chaises seulement : on a l'air de chercher au fond de sa poche et de ne pas pouvoir atteindre son diable de tabac qu'on a dans le creux de la main... On se tortille beaucoup ; il y a de petites toux et un grand silence, troué de rires qui pétillent...
Championnet a perdu la tête ; il fait comme beaucoup de gens embarrassés qui regardent le bout de leurs souliers. Il ne peut pas voir le bout des siens, c'est impossible ! Il attraperait un torticolis. Il a justement tourné énormément ces jours-ci.
« Citoyen Championnet, reprend Renoul d'un air doctoral, c'est bien la philosophie de l'histoire que vous avez voulu dire, ce n'est pas l'histoire de la philosophie ?
- Non, non, c'est bien la philosophie de l'histoire, c'est assez clair !
- Sans doute, mais pourriez-vous indiquer au comité de rédaction (murmures flatteurs dans l'assemblée) comment vous prendrez la chose ! Montez sur ce tabouret. »
On a justement ciré le plancher. Championnet a l'air de patiner.
« Otez vos souliers !
- Oui, oui.
- Vous savez bien qu'il a été voté que non ! On ne peut pas aller contre un vote. »
Championnet se dirige de nouveau vers le tabouret. C'est difficile avec ses chaussures tournées !
« Qu'il parle assis !
- Non, non. À genoux !
- Assis, assis ! »
Mais il n'y a plus de chaises – on a caché sa chaise. Championnet fut simple et grand.
Il s'accroupit à l'orientale et commença à nous expliquer, les jambes croisées, ce qu'il appelait la philosophie de l'histoire.
Il fut long, très long. Nous écoutâmes avec beaucoup de soin, mais personne n'y comprit goutte – et encore aujourd'hui, je ne suis pas bien sûr, pour mon compte, de savoir exactement ce que c'est que la philosophie de l'histoire. Je me la représente toujours sous la forme d'un homme assis en tailleur avec des bottines tournées.
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X
Mes colères
« Qu'es-tu donc en politique ? Tu n'es pas pour les Girondins, tu détestes Robespierre, tu dis que Chaumette était un bondieusard tout en insultant le bon Dieu, parce qu'il voulait la tête de l'Etre suprême. Qu'es-tu donc ? Je suis bien embarrassée pour répondre. Cependant, je me résume.
« Je suis pour la guillotine. »
C'est mon opinion. Je suis pour qu'on monte sur l'échafaud, pour que les têtes tombent, pour qu'il y ait un Comité de salut public, c'est clair. On n'a qu'à lire l'histoire des Montagnards d'Esquiros, celle de Villiaumé, de M. Thiers même, qui couronne la grosse tête de Danton... mais je ne veux pas qu'on s'arrête en route. Il paraît que les Montagnards tombèrent parce qu'ils s'arrêtèrent en chemin. Le 9 Thermidor, Robespierre fut vaincu parce qu'il ne monta pas à cheval...
Je vais apprendre à monter à cheval et je suis Montagnard. Les Girondins rêvaient une liberté aux yeux bleus. J'ai les yeux noirs. Ils étaient d'Athènes, la Montagne était de Sparte. Je suis de Sparte au brouet noir.
Retourne chez sa parents – sentiment d'échec
« Je me croise à chaque instant avec d'anciens cancres qui ne s'en portent pas plus mal. Ils n'ont pas du tout l'air de se souvenir qu'ils étaient les derniers dans la classe. Ils sont entrés dans l'industrie, quelques uns ont voyagé ; ils ont la mine dégagée et ouverte. Ils se rappellent que je passais pour l'espoir du collège.
« EH, bien, que deviens-tu ? Vas-tu un de ces jours faire parler de toi ?
dis-donc, est-ce vrai que tu t'en es mêlé et que tu as failli être tué en décembre ? »
Il est interrompu par le rire et le coude d'un autre qui dit :
« Allons donc, c'est pas Vingtras qui irait où l'on joue sa peau ! ». […]
que répondre ?
Un matin, je disparaitrai pour n'avoir à rouger devant personne de n'être rien, de ne rien gagner ; sans aucun espoir d'être quelqu'un ni de jamais gagner quelque chose.
Je suis le seul peut-être, à Nantes, qui vive cette vie de malheureux.
P200 régicide
il m'est venu une pensée !...
elle me serre le crâne et me tient le cerveau. Je n'en dors pas de la nuit.
Plus de calme, voyons ! Tes amis ont raison – il faut voiler son oeil, cacher ta fièvre, étouffer tes pas.
Il faut marcher à ton but prudemment, pour pouvoir arriver, sauter et faire le coup...
Notes. Décembre 2008
Regardez le monde bouger en direct !
Salut à tous
Sur la page d'accueil de ce site, on peut voir en direct évoluer le monde, la production économique, la population... Impressionnant !
Personnes n'ayant pas accès à un point d'eau potable : 850 643 619...
Personnes mortes de faim aujourd'hui : 11 515
11 516
11 517...
chanson de l’hippocampe
petit cheval hors du temps enfui
bravant les lès du vent et la vague et le sable turbulent
petit cheval
dos cambré que salpêtre le vent
tête basse vers le cri des juments
petit cheval sans nageoire
sans mémoire
débris de fin de course et sédition de continents
fier petit cheval têtu d’amours supputées
mal arrachés au sifflements des mares
un jour rétif
nous t’enfourcherons
et tu galoperas petit cheval
sans peur
vrai dans le vent le sel et le varech
Aimé CÉSAIRE Recueil Moi, laminaire
Mayotte : vers un mai 68 local ?
80 000 jeunes vont être à la recherche d'un emploi dans les quelques années qui viennent
Il y a quelques jours s'est tenu à Mamoudzou un colloque intitulé : Développement économique régional de Mayotte. Il a été organisé par le Conseil départemental de Mayotte.
A cette occasion, des informations et des données très intéressantes ont été publiées. La presse s'en est fait l'écho. Certaines statistiques sont très éclairantes, à mon avis, et permettent de se faire une idée, à la lumière notamment de ce qui a pu se passer ailleurs dans un contexte plus ou moins proche, des évolutions que pourrait connaître Mayotte, et l'archipel des Comores en général, lors des prochaines années et décennies.
Un document issu de ce colloque devrait être disponible en septembre.
Je vais faire une étude un peu détaillée de ces données d'ici à quelques semaines. Mais d'ores et déjà, je vous livre un élément, qui me parait assez incontournable : 80 000 jeunes vont être à la recherche d'un emploi dans les quelques années qui viennent.
Rappelons qu'à Mayotte, la population est officiellement de 260 000 habitants. C'est donc un tiers de cet effectif qui va se retrouver sur le marché de l'emploi.
Autre donnée à mettre en parallèle : il n'y a qu'une trentaine de milliers d'emplois, actuellement, sur l'île ! Et le taux de chômage est déjà fort élevé. Même si on ajoute les emplois informels, le compte n'y est pas, et de loin, pour donner un débouché économique à chaque nouveau travailleur.
Le patronat, les collectivités locales et le gouvernement parviendront-ils à créer les emplois nécessaires ? C'est plus que douteux, avouons-le.
Ces quelques renseignements nous permettent de dire, avec une crainte modérée de se tromper, que les années qui viennent devraient être marquées par des mouvements sociaux assez puissants de cette jeunesse qui voudra s'insérer et accéder à la sphère économique.
Peut-être que les mouvements sociaux de 2011, 2016 et 2018 n'étaient pas des séismes, mais de simples déplacements tectoniques annonciateurs de secousses ô combien plus intenses...
Mayotte : Philippe Martinez a rencontré des militants de la CGT locale
Dans un monde parfait, il n'y aurait pas de patrons
Vendredi 8 juin 2018 à 8h30, dans la salle plénière du conseil départemental de Mayotte, à Mamoudzou, Philippe Martinez, secrétaire général (SG) de la CGT, a rencontré environ soixante-dix militants locaux de la CGT Mayotte (CGT Ma). La presse était présente. J'y ai assisté. Voici un compte-rendu rapide.
Pêle-mêle, voici quelques sujets évoqués : dockers, santé, fonctionnaires territoriaux, éducation, primes, retraites, conventions collectives, marins, aéroport, commerce, Casino, répression, code de la sécurité sociale, et même polygamie (qui existe encore ici).
Si les hommes étaient presque tous vêtus à l'occidentale, les femmes avaient pour la plupart revêtu un salouva, un habit traditionnel de l'île, avec un châle recouvrant la tête.
Philippe Martinez était notamment entouré de Salim Nahouda, SG de la CGT Ma, de Quentin Sédès, responsable local de la CGT Educ'Action et de deux militants : l'un du conseil départemental, l'une du groupe Casino. Ils étaient assis dans les sièges généralement réservés aux président et vice-présidents du Département, sous la grande photo de Younoussa Bamana, un des leaders du combat pour le maintien de Mayotte dans la république française et contre les velléités d'indépendance comoriennes, ancien président du conseil général.
Philippe Martinez s'est vu remettre un collier de fleurs (tradition d'accueil locale), tout comme les membres de la tribune. La plupart des autres participants ont eu droit à une fleur de jasmin agrafée à leur chemise.
Philippe Martinez a expliqué qu'il souhaitait avant tout connaître la situation des salariés et des syndicats à Mayotte : "Je suis venu écouter vos besoins". Il a pu noter les nombreuses discriminations subies par les travailleurs de Mayotte par rapport à ceux de la métropole.
Quentin Sédès a pris la parole pour décrire la situation épouvantable, selon lui, de l'Education nationale. Les annonces du gouvernement suite au mouvement contre l'insécurité ne sont que des enfumages, qui ne sont pas du tout à la hauteur.
Le militant du conseil départemental présent à la tribune a notamment évoqué le problème de la reprise de l'ancienneté des agents suite à leur intégration dans la fonction publique de droit commun. Beaucoup partent avec des retraites de 300 ou 400 euros. Ils ne peuvent subvenir aux besoins de leur famille. Nombreux sont ceux qui décèdent moins de cinq ans après leur départ à la retraite, selon ce syndicaliste.
Une militante a parlé d'un problème qui existe depuis quelques mois, pour les agents masculins du public : la remise en cause du supplément familial de traitement (SFT). Une attaque générale mais dont la forme et la force diffèrent d'une administration à l'autre. Certains hommes, polygames, ne peuvent plus percevoir le SFT pour tous leurs enfants, ce qui cause de grosses pertes de salaires. Ces travailleurs doivent faire le choix d'un seul foyer. Selon le syndicaliste du Département, il n'y a pas d'ambiguïtés. Tous les enfants pris en charge effectivement par le monsieur doivent entrer dans le calcul du SFT. Si ce n'est pas le cas, il faut saisir les commissions paritaires, voire aller en justice.
Abdou Maoulida, secrétaire du syndicat CGT du centre hospitalier de Mayotte, a expliqué que ces problèmes se retrouvaient dans son établissement. Il a regretté l'attitude des autres syndicats, trop tentés de négocier des bouts de chandelle, et rappelé que seule la lutte collective pouvait faire avancer les revendications.
Une grande partie de la rencontre a été consacrée aux conventions collectives. Le code du travail est applicable à Mayotte depuis le 1er janvier 2018. Mais pas les conventions collectives ! Seules celles qui seront signées après cette date seront appliquées. Il n'y a ici que trois conventions collectives locales : BTP, assainissement et pétrole.
Bruno, un militant, a demandé à Philippe Martinez d'exiger l'extension des conventions collectives sur le 101e département français. Un marin a ainsi décrit que la convention collective des marins n'était pas appliquée, avec des conséquences négatives sur les conditions de travail, les mutuelles, les salaires, la retraite, etc. Bruno a poursuivi en rappelant l'urgence de la mise en place du code de la sécurité sociale : "Il y a des retraites de maximum 400 ou 500 euros ici".
Philippe Martinez a informé l'assistance de l'objectif des gouvernements successifs de réduire le nombre de conventions collectives. Pour leur application, les syndicalistes mahorais doivent faire remonter aux négociateurs CGT des conventions et accords leurs recommandations concernant les différents textes : "Il faut recenser le nombre de conventions collectives concernées à Mayotte et travailler ensemble".
Un représentant des dockers a pris la parole pour décrire un des aspects de l'épineux problème du port de Longoni, le port en eaux profondes de Mayotte. Il y a des années, un appel d'offres pour la gestion a été remporté par une nouvelle entreprise. Du coup, des professionnels du métier ne peuvent pas travailler. Ils sont remplacés par des salariés "non professionnels", selon ce militant.
Un adhérent, agent de la direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Deal), a ensuite raconté la situation dans ce service de l'Etat.
La militante du groupe Casino est revenue sur le code du travail. Elle aussi a demandé l'application du code de la sécurité sociale à Mayotte, notamment pour que les retraites soient réévaluées : "La retraite dans le privé, c'est 300 euros". Elle a décrit la répression et les menaces subies lors des mobilisations. Elle a demandé au secrétaire général de la CGT de faire connaître les luttes menées à Mayotte dans le reste du pays, ainsi que les répressions.
Le délégué syndical des salariés de l'aéroport de Pamandzi a parlé des "vieux travailleurs usés" qui font face à une direction selon lui très dure.
Un autre salarié est revenu sur l'application du code du travail depuis quelques mois. Selon lui, cette application se fait à l'avantage des employeurs. Ils peuvent supprimer des heures supplémentaires (cas de temps partiels par exemple), ou demander que les salariés réalisent la même tâche qu'avant, mais en moins de temps, ce qui conduit à des harcèlements. Les embauches ne sont pas, ou pas assez, au rendez-vous. C'était pourtant "la philosophie" de la réduction du temps de travail que de créer des emplois (l'accord RTT s'est en plus accompagné souvent de mesures de baisses ou de suppressions de cotisations sociales favorables aux employeurs, mais pas aux budgets de la sécurité sociale).
Philippe Martinez a eu des phrases fortes, très à gauche : "Dans un monde parfait, il n'y aurait pas de patrons. L'idéal du patronat, c'est l'esclavagisme. Pour eux, appliquer la loi serait un privilège accordé aux salariés". Selon lui, la seule méthode efficace pour faire avancer les choses est "la mobilisation". Il a dit sa volonté qu'il y ait plus d'échanges entre les deux confédérations CGT (française et mahoraise) et aussi entre les fédérations.
Le SG de la CGT a redit que, lors des négociations de branches ou de conventions collectives, les négociateurs de la confédération doivent avoir en tête la question de Mayotte, afin que l'île obtienne la mise en place des mêmes droits qu'ailleurs (ou mieux bien sûr). Philippe Martinez a rappelé qu'avec la loi El Khomri et les ordonnances Travail, une entreprise peut imposer un recul des droits, dans certaines conditions, par rapport aux accords d'entreprise, de branche ou aux conventions collectives. Mais il n'empêche que le combat pour que les accords de branche ou les conventions collectives soient tous appliqués à Mayotte demeure.
Salim Nahouda a conclu la réunion.
Comme on le constate, l'intervention de la CGT et de ses militants dans le mouvement social de janvier-avril contre l'insécurité (mais aussi en partie contre l'immigration) n'a pas été évoquée au cours de cet échange.
Philippe Martinez est à La Réunion ce week-end, pour l'anniversaire des cinquante ans de la CGTR.
La retraite dans le privé, c'est 300 euros
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Le secrétaire général de la CGT à la rencontre des militants Mahorais - Mayotte la 1ère
Philippe Martinez a participé à une réunion organisée au conseil départemental ce matin. De nombreux thèmes ont été abordés ; l'application des conventions collectives nationales, le code ...
Martinez (CGT) fustige des discriminations dans le droit du travail à Mayotte
" Il y a de la discrimination à Mayotte en termes des règles sociales de la part des employeurs du privé comme du public... Même quand la loi existe, il faut toujours se battre pour la faire ...
Mayotte. Séismes : naturels ou liés aux activités humaines ?
Depuis le 10 mai, plus de mille séismes, dont des centaines ressentis, ont touché la population de l'île de Mayotte (Maoré en shimahorais, une des langues locales), dans le canal du Mozambique. Le plus puissant tremblement a atteint une magnitude de 5,9 ou 5,8 (selon les organismes) sur l'échelle de Richter. De nombreux autres ont dépassé 4,5 et 5.
Selon les organismes scientifiques (BRGM notamment), l'épicentre de la plupart des secousses est situé à une soixantaine de kilomètres à l'est de Mayotte. L'origine naturelle des secousses ne fait pas de doutes selon les géologues et sismologues de l'Etat.
Des salles de classe, voire des établissements scolaires entiers ont été fermés. Le ministre de l'Education, M. Blanquer, s'est fendu d'un communiqué vidéo de quelques minutes pour apporter son soutien. Aucun ministre ne s'est rendu à Mayotte pour apporter le soutien, au moins moral, de l'Etat.
Cet essaim de séismes est exceptionnel pour l'archipel des Comores. Ce phénomène peut se rencontrer ailleurs, de temps à autre, notamment, par exemple, ces dernières années, au Maroc ou en Guadeloupe. Au Chili, les séismes ressentis font partie de la vie de la population, avec parfois des événements destructeurs. Il faut savoir que, tous les jours, il y a des dizaines ou des centaines de séismes ressentis ou non, sur la planète.
La population mahoraise est très inquiète. Elle n'est pas très aidée par les diverses autorités, qui se contentent de la rassurer en parole. Une cellule d'alerte a été mise en place à la préfecture. Mais les habitants auraient besoin de gens sur le terrain, venant les voir, leur expliquant, les réconfortant, les informant sur leurs droits. Il faudrait aussi un soutien concernant la prise en charge des bâtiments, dont la plupart ont désormais des fissures plus ou moins importantes. La population mahoraise est globalement beaucoup plus pauvre que celle de France. Ce serait donc la moindre des choses qu'elle soit aidée financièrement si des travaux sont nécessaires.
A l'antenne de la radio Mayotte 1ere, il y a quelques jours, un expert sismologue de l'Etat, venu en mission, a souligné qu'il serait impossible de faire venir un ingénieur structure dans chaque maison ou bâtiment du parc immobilier de Mayotte (dizaines de milliers d'édifices) pour vérifier les dégâts. Il n'y a pas assez de ces ingénieurs. Même si effectivement, ce genre de phénomènes ne se produit pas tous les jours, on sait qu'ils peuvent arriver (notamment aux Antilles). N'est-ce pas regrettable que l'Etat n'ait pas mis en place les moyens de prévention et d'intervention nécessaires ?
Si l'Etat décide de placer le département en état de catastrophe naturelle, seulement ceux qui ont une assurance multirisques habitation et dont les maisons ont subi des dégâts pourront éventuellement être indemnisés. Pour les autres, la grande majorité des habitants qui n'a pas d'assurance, que se passera-t-il ? Aucun fonds n'est prévu pour ce genre de cas. Donc s'il y a de gros dégâts, ce sont encore les plus pauvres, ceux sans assurance, qui vont devoir mettre la main à la poche, s'ils le peuvent ! Cela concerne bien sûr les bidonvilles où vivent dans des conditions indignes des dizaines de milliers de migrants, mais aussi tous les autres quartiers.
Beaucoup d'habitants ont construit ou construisent leurs maisons sans permis de construire, certains dans des zones inconstructibles. Avec des entreprises qui ne sont pas déclarées. Pour eux, impossible d'avoir une assurance habitation (les assurances demandent le permis de construire pour faire le dossier).
Les autorités tentent de rassurer par des communiqués. Dans les médias, des spécialistes sont interrogés et expliquent les causes du phénomène. Mais ils ne peuvent pas répondre à la question, quand cela s'arrêtera-t-il ?, car personne ne le sait. Ils affirment par contre qu'il n'y aura pas de secousses supérieures à 6,2.
Penchons-nous sur le communiqué publié par la mairie de Chirongui, une commune située dans le sud de l'île. On peut y lire que "ces secousses sont issues de mouvements de failles plusieurs kilomètres sous l’océan, qui en se cassant libèrent de l’énergie. Cette énergie libérée est mesurée par la magnitude. La longueur des failles responsables de cet essaim ne peut provoquer de magnitude supérieure à 6 sur l’échelle de Richter (ou 6,2 maximum). Attention une secousse de magnitude 6 à 60 km de Mayotte est impressionnante mais l’épicentre n’étant pas sous nos pieds, il n’est pas comparable à des séismes comme celui d’Haïti ou L’Aquila. Les experts nous rassurent, il n’y a aucun indice physique susceptible de prédire une magnitude supérieure à celles déjà observées."
On peut lire également, concernant d'éventuelles recherches scientifiques au niveau de l'épicentre : "A ce stade du phénomène, aller au large ne sert à rien selon les experts. On ne saurait pas quoi chercher. En effet, la faille étant située à 10 km en dessous du plancher océanique, aucun désordre ne pourrait être observé en surface. Les capteurs installés sur terre nous permettent de savoir ce que les ondes des séismes ont traversé. Ces ondes ont une signature caractéristique que les sismologues savent très bien interpréter. Ils savent différencier un séisme d’origine tectonique, volcanique ou encore une onde qui pourrait être causée par un glissement de terrain en mer ou des explorations pétrolières. Dans le cas de Mayotte, les sismologues reconnaissent la signature d’ondes causées par des mouvements de plaques tectoniques. Les sismologues nous expliquent également qu’un nouveau capteur va être installé prochainement à Mayotte et permettra de compléter ceux existants sur le territoire mais aussi ceux des pays de la région (Madagascar, les Comores, Kenya)."
On l'a dit, la population est livrée à elle-même pour gérer cette situation jamais vue. Des théories plus ou moins fumeuses naissent pour tenter de comprendre les causes de cet essaim. Au début des événements, les séismes étaient une punition de Dieu, selon certains Mahorais. Juste pendant le ramadan en plus ! Des prières en mosquées ou dans la rue ont eu lieu pour tenter d'acheter le pardon divin... sans succès jusqu'à ce jour. Des imams - dont certains sont parfois enseignants rémunérés par l'Etat ! - ont expliqué lors de prêches que les séismes étaient une action directe de Dieu !
J'entends moins ce genre d'arguments maintenant. Mais une théorie du complot est très présente (sur la question des théories du complot, cet article est intéressant). Elle apparait plus scientifique et rationnelle. Les séismes ne seraient pas naturels mais liés à des forages pétroliers ou gaziers. La source de cette théorie est notamment des articles de presse, comme celui-ci, sur la possibilité d'extraire du pétrole aux Comores. L'essaim survient justement au moment où ce dossier avance et pourrait se concrétiser dans les prochains mois.
Les forages seraient réalisés actuellement, en secret, et les autorités le cacheraient à la population. Evidemment la préfecture ou le BRGM nient catégoriquement que des séismes puissent être issus de telles recherches sous-marines.
Pourquoi cette théorie du complot demeure-t-elle cependant si populaire ? Peut-être parce que les Mahorais sont habitués à ce qu'on décide en secret, en hauts lieux, à leur place, pour tout un tas de questions, et ce depuis longtemps. L'idée que des grandes multinationales pétrolières puissent faire cela dans leur dos, en complicité avec le gouvernement, peut apparaitre comme logique.
Cette idée d'un forage cause de l'essaim sismique est également corroborée par le fait qu'il existe effectivement des cas où les séismes sont provoqués par l'activité humaine. De nombreux articles sur le sujet sont disponibles sur le Web. Je précise que je ne prétends pas, ni ne pense que la situation soit la même qu'à Mayotte, je n'en ai pas la compétence.
Ces forages qui causent des séismes
Comment se produit un séisme ?
Bâle va rouvrir son puits de géothermie profonde pour éviter les séismes
La Borie de Rivaux chez les Fermiers en Sarladais
Merci à Céline pour m'avoir envoyé les photos !
Le livre La Borie de Rivaux est en vente sur place, aux Fermiers en Sarladais (la boutique de producteurs derrière Pôle Emploi), mais également sur ce site (rubrique Boutique) ou sur Amazon (version kindle également).
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Boutique Producteurs en direct
Plus de 60 producteurs en DIRECT à votre service au sein de la boutique de Sarlat.
Mes projets d'auteur à venir
Bonjour à tous,
voici quelques nouvelles concernant mes travaux d'auteur en cours.
Tout d'abord, je vous annonce la sortie, d'ici à quelques semaines, d'un livre papier sur l'économie du Sarladais et du Périgord Noir. La version kindle est déjà disponible sur Amazon. La version papier est presque prête (tarif : 20 euros). C'est un travail de plusieurs centaines de pages qui évoque les questions économiques en lien avec les problèmes politiques, sociaux et même internationaux. J'ai pu réaliser cet ouvrage grâce à mon expérience de plusieurs années en tant que journaliste localier en Périgord Noir, à L'Essor Sarladais.
Ensuite, l'histoire de la petite Sandrine, initiée dans La Borie de Rivaux, n'est pas terminée. Une suite est en préparation. Pour ceux qui n'ont pas encore découvert le roman feuilleton, vous trouverez ici les moyens de vous le procurer.
Enfin, concernant les questions économiques et le Périgord Noir, sachez que je prépare un autre ouvrage, centré sur les luttes sociales.
N'hésitez pas à me poser des questions, à me faire des remarques, etc.
A bientôt
Guillem
La Borie de Rivaux : pour l'acheter
Salut les amis, j'espère que les épisodes de La Borie de Rivaux diffusés sur ce blog vous plaisent. N'hésitez pas à me faire part de vos remarques, critiques, suggestions, etc.
Si vous voulez connaitre la suite et le dénouement rapidement, vous pouvez vous procurer le livre (11 euros). Il existe quatre moyens différents !
1) A la boutique de producteurs les Fermiers en Sarladais, située au Lander, au nord de Sarlat.
2) Directement sur ce blog, à la page Boutique (paiement sécurisé par Paypal).
3) Sur le site commercial Amazon, en version papier et kindle (tablette).
4) En envoyant un chèque à l'ordre de Guillem Boyer à l'adresse : Boyer
4, place Léon-Duguit, 33800 Bordeaux. N'oubliez pas de préciser l'adresse d'expédition. 11 euros par exemplaire et 1 euro de frais de port jusqu'à deux exemplaires (gratuit au-delà).
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La Borie de Rivaux: Feuilleton sarladais
Journées d'automne à Sarlat, petite ville de Dordogne en plein Périgord Noir. La disparition d'une petite écolière bouleverse la vie paisible des habitants. Parents, gendarmes, élus, habitant...
https://www.amazon.fr/Borie-Rivaux-Feuilleton-sarladais-ebook/dp/B079WQ6DZV
La Borie de Rivaux dans L'Essor Sarladais
Merci à Nicolas Foucher, mon ancien collègue à L'Essor Sarladais, pour son article au sujet de mon livre La Borie de Rivaux, paru dans l'édition du 23 mars 2018 de l'hebdomadaire.
Mon roman est disponible en version papier et liseuse ici.
Je remercie tous mes confrères de la presse dordognote pour leurs articles et interviews, qui m'ont permis de me faire un peu plus connaitre dans le milieu littéraire départemental.
Bonne journée
Guillem
La Borie de Rivaux dans Le Courrier Français 24
Merci à Emma Lassort d'avoir parlé de mon roman dans l'édition du 23 mars 2018 du Courrier Français de la Dordogne ! Je suis en brillante compagnie, avec Jean-Luc Aubarbier et Michel de Caurel, qui publient également des fictions.
A bientôt.
Le roman est disponible en version liseuse et livre ici.
Guillem
La Borie de Rivaux : entretien avec Pascal Gadeaud
Le journaliste de Liberté FM Pascal Gadeaud a eu la gentillesse de m'interviewer par téléphone concernant la parution de La Borie de Rivaux. La webradio a diffusé l'entretien à l'antenne ce matin, à midi, et le fera encore tout à l'heure à 19h, à moins d'un impératif l'empêchant.
Bonne écoute.
Le roman feuilleton est disponible ici en version livre et liseuse.
Ecoutez l'interview ici
La Borie de Rivaux : interview pour Liberté FM
Le journaliste Pascal Gadeaud m'a aimablement posé quelques questions au sujet de La Borie de Rivaux. Il travaille pour Liberté FM, webradio basée à Ribérac. Laquelle espère retrouver une fréquence définitivement, le 96.1, d'ici peu.
L'entretien sera diffusé demain mercredi 21 mars à 8h20, midi et 19h, à moins que l'actualité ne vienne perturber les programmes prévus.
L'ouvrage est toujours disponible sur Amazon en version Livre et Liseuse.
Merci et bonne fin de journée
Guillem
Découvrez la fin du feuilleton La Borie de Rivaux !
Chers amis lecteurs,
Comme vous le savez, j'ai commencé sur ce blog la publication d'un feuilleton que j'ai écrit : La Borie de Rivaux.
J'espère qu'il vous plait.
Il reste encore des dizaines d'épisodes à découvrir avant de connaître le dénouement. J'ai donc pensé à ceux qui souhaitent dès à présent lire le roman en entier... Je vous annonce qu'il est désormais possible de l'acheter en version livre ou liseuse !
Version papier : 11 euros ; liseuse : 7 euros.
C'est ici que l'on peut le commander.
Les lecteurs intéressés pour le recevoir par un autre biais, ou souhaitant me contacter peuvent le faire via ce blog, par ce courriel, via facebook.com/guillem.sarlat ou sur Twitter @guillemsarlat
A bientôt pour de nouvelles aventures...
J'ai acheté ton bouquin sur Amazon et l'ai lu d'une traite, je l'ai trouvé très addictif, les rebondissements ne sont pas artificiels et on a sans cesse l'intérêt retrouvé [...]. On attend la suite !
A toute allure, rue de Cahors [LBR1]
Feuilleton - La Borie de Rivaux
Episode 1
Matin d'automne sur la cité de La Boétie. Le ciel est bas et gris. Comme depuis quelques jours, la pluie menace. La température frôle à peine les 8 °C.
Rue de Cahors, des voitures roulent à faible allure. Entre les parents qui déposent leurs enfants à l'école ou au collège, et les bus qui veulent sortir de leur stationnement, on est à deux doigts de l'embouteillage.
Sur un trottoir étroit et surélevé, Alexandre court vers l'école Ferdinand-Buisson. Il est 8 h 58, ce lundi. Dans quelques secondes, ses camarades de CM1 vont se placer en rang deux par deux devant la salle de classe. La maîtresse va leur demander d'entrer calmement et de s'installer devant les petits bureaux en bois. Une fois leurs fesses posées sur les chaises, elle fermera la porte. Et remarquera son absence...
Ses parents se sont couchés tard hier. Ils ont oublié de le réveiller... Debout à 8 h 35, Alexandre s'est préparé le plus vite possible, engloutissant une tartine de beurre et de confiture. Le petit bonhomme a ensuite enfilé ses vêtements, saisi son cartable et claqué la porte de l'appartement. Sa mère, guère inquiète, l’a laissé se rendre seul à l'école. Cela ne le dérangeait pas, au contraire. Il apprécie de se comporter comme un grand.
Vite, vite... Mme Lardy n'aime ni les retards, ni les excuses.
Il faut être à l'heure ! Point à la ligne. Laissant le cinéma derrière lui, Alexandre traverse à toute allure la chaussée, manquant de passer sous les roues d'un fourgon blanc, sur lequel est inscrit en lettres bleues « Dupont Plomberie ». Sans un regard pour l'artisan, qui a freiné de toute ses forces, affolé, Alexandre saute sur le trottoir. Il continue sa course sur celui-ci, beaucoup plus large que celui d’en face.
Arrive face à lui un couple de retraités. Ils marchent avec lenteur, probablement vers la boulangerie et le magasin de fruits et légumes. L'homme porte un béret noir et, sur un marcel blanc, une chemise à carreau marron clair, blanc et rouge. Son pantalon de toile est noir. Le dos voûté, il s'appuie sur une canne au bois clair et brillant. Sa femme porte, sous un gilet bleu turquin, une robe verte avec des imprimés de fleurs blanches et roses. Ils voient ce marmot maigre comme un fil de fer courir vers eux, la tête penchée vers le sol, cartable ballant dans le dos. La vieille dame se prépare à un choc inévitable, mais, au dernier moment, le petit gamin dévie sa trajectoire vers une grosse berline rouge stationnée au bord de la chaussée. Il se glisse entre la portière et la mamie, à laquelle il sourit et fait un clin d’œil. La tête toujours tournée vers les octogénaires, il leur lance un « excusez-moi ».
Sans qu'il s'en aperçoive, sa course se prolonge sur une place de stationnement. Il entend le bruit d'un moteur. Il se retourne et voit, terrorisé, une voiture noire, de marque allemande, qui avance à vive allure vers lui. Elle est à moins d'un mètre... Il n'a que le temps de voir le visage de l'automobiliste : un obèse au teint rougeaud, avec une épaisse barbe et une casquette rouge. Visiblement rêveur, celui-ci ne voit pas Alexandre...
La suite ici...
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