Feuilleton - La Borie de Rivaux
Episode 3
« Bonjour Madame, c'est Catherine Lardy, la maîtresse de Sandrine. Je vous appelle car nous avons un souci. Nous ne savons pas où est Sandrine. Elle est allée aux toilettes une demi-heure avant la fin du cours, et n'est pas revenue.
- Comment cela ?! Vous avez perdu ma fille ? Vous plaisantez ?
-Je ne doute pas que nous allons la retrouver, Madame Prez. Elle ne doit pas être allée bien loin. Si nous ne la retrouvons pas d'ici à quelques minutes, nous préviendrons la police municipale et la gendarmerie...
- C'est fait pour me rassurer, ce que vous me dites ? Mais cherchez bien bo... ! Elle n'a pas dû aller loin, c'est une fillette ! Elle doit être encore dans l'école.
- Nous avons regardé partout, madame, croyez-le bien. Nous continuons à chercher. Nous faisons le maximum, croyez-le. Je ne cherche pas à vous affoler. Mais il était de mon devoir de vous prévenir. Je suis sûre que tout se terminera bien !
- De toute façon, j'arrive, là. Je viens pour la chercher. Je suis sûre que je vais la retrouver, moi ! »
Catherine Lardy n'a pas le temps de dire « au revoir ». La maman a déjà raccroché. L'enseignante retourne voir Florence Lirelle, la directrice : « La maman de la petite Sandrine Prez va arriver. Tu penses qu'il faut prévenir la gendarmerie dès maintenant ?
- Non, attendons un peu. Continuons à chercher pendant que les enfants sont à la cantine. Je vais aller voir dans la rue devant si quelqu'un l'a vue ou recueillie.
- D'accord. Moi je vais refaire un tour des toilettes, des classes et des salles vides à l'étage. »
Pourvu qu'on la retrouve... Il est impossible qu'il lui soit arrivé quelque chose de grave…
Sandrine est une petite fille très sage. L’enseignante ne l'imagine absolument pas faire une fugue ou partir se balader en ville, toute seule. Mais pourquoi alors cette boule au ventre ?
Le ciel est toujours bas et gris. Les premières recherches ne donnent rien. Les professeurs font appel à la gendarmerie, puis à la police municipale. Pendant l'après-midi, une puissante averse traverse le ciel. La ville ruisselle.
En classe, Catherine Lardy est rongée par le remord. Les écoliers ont demandé des nouvelles de leur camarade. « Elle ne se sentait pas bien. Elle a préféré rentrer chez elle avec sa maman », leur a dit la maîtresse. Elle se remémore le regard noir, puis désespéré de la mère de la petite fille. Le père est arrivé peu après, le visage impassible. Il l'a regardée un instant avant de se détourner.
Alexandre est triste. À l'heure de déjeuner, il a attendu Sandrine pendant dix minutes devant le réfectoire. Puis une dame de service lui a brisé le cœur : « Sandrine ne déjeunera pas avec nous à midi. Entre, Alexandre, on a déjà servi les entrées. »
Le garçon, les yeux noyés de chagrin, n'a touché à aucun plat… Son estomac était trop tiraillé pour cela.
La suite bientôt...
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