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Tout et le reste

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Henri Boyer : hommage de René Bonada

6 Octobre 2017 , Rédigé par René Bonada Publié dans #Famille Boyer, #Henri Boyer, #CCAS, #EDF, #syndicalisme, #Pyrénées Orientales, #Matemale, #Perpignan, #Catalogne

Henri Boyer (à droite) à la Maison familiale de Matemale à l'occasion de la fête pour les trente ans de son ouverture

Henri Boyer (à droite) à la Maison familiale de Matemale à l'occasion de la fête pour les trente ans de son ouverture

Hommage rédigé par René Bonada, ancien employé de la CCAS, suite au décès de Henri Boyer.

 

"Jeudi 1er décembre est tombée la triste nouvelle du décès de M. Henri Boyer. Si pour un grand nombre d'entre nous son nom n'est pas, ou peu, connu, pour quelques uns, il est celui du premier directeur de la Maison Familiale de Matemale.

 

Je suis de ceux-là.

 

Mais j'ai connu Henri Boyer quatre ans auparavant, lorsqu'en 1976 il m'a embauché comme animateur du centre aéré de la CMCAS de Perpignan, dont il était le président depuis 1967. J'avais été impressionné par sa stature physique tout d'abord, mais très vite c'est son énorme charisme, son engagement permanent, sa volonté d'arriver à construire avec toutes les bonnes volontés qui voulaient bien le suivre, qui me l'ont fait apprécier.

 

A la direction de Matemale, dont il avait été l'initiateur de l'installation avec le président de la CCAS d'alors -M. Pierre Rumeau- il avait su créer une véritable symbiose entre toutes les catégories de personnel, les acteurs de la vie locale et même les vacanciers. Homme de convictions, il aimait nourrir les débats d'arguments vigoureux mais toujours justement pesés, savait mobiliser les énergies autour de lui et n'hésitait pas à s'impliquer dans les tâches qui demandaient du renfort.

 

Il avait un sens aigu de la justice, qui l'avait amené sur le terrain de nombreux combats, tant syndicaux que politiques, et l'avait conduit dans une vie sociale riche.

 

Ses mandats d'élu syndical dans le syndicat CGT d'EDF, mais aussi au niveau départemental, au sein du conseil municipal de Perpignan, en suppléant du député André Tourné, puis à la présidence de la CMCAS de Perpignan, et enfin à la direction de la MF de Matemale ont jalonné sa vie d'homme engagé.

 

Mais je retiendrais de lui ce qu'il mettait en avant dans tout ce qu'il entreprenait : l'exigence de l'engagement de chacun qui n'avait d'égale que l'écoute et le respect de l'autre, à la hauteur de l'honnêteté de la relation.

 

Ses années de direction à Matemale ont fortement marqué les "jeunes" salariés que nous étions, et nous ont ouvert la voie d'une envie de Solidarité, de Dignité et de Justice qui soit traduite en acte, et pas uniquement en paroles...

 

Merci pour cela Henri.

 

Adieu Monsieur Boyer."

 

René Bonada

Henri Boyer (à gauche) avec d'autres anciens responsables de la CCAS, lors de la fête des trente ans de la Maison familiale de Matemale

Henri Boyer (à gauche) avec d'autres anciens responsables de la CCAS, lors de la fête des trente ans de la Maison familiale de Matemale

Une salle de la Maison familiale de Matemale a été baptisée au nom d'Henri Boyer, premier directeur de l'établissement, au début des années 1980

Une salle de la Maison familiale de Matemale a été baptisée au nom d'Henri Boyer, premier directeur de l'établissement, au début des années 1980

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Henri Boyer : hommage de Jean Vila

5 Octobre 2017 , Rédigé par Jean Vila Publié dans #Famille Boyer, #Famille, #Henri Boyer, #politique, #Perpignan, #Pyrénées Orientales, #Catalogne, #syndicalisme, #Communisme, #PCF, #EDF, #CCAS, #Bella

Que sa famille sache que Henri, durant toute sa vie, a creusé un sillon, a semé des graines pour une vie meilleure et qu’un jour, grâce à ses luttes, ces graines germeront et cette vie meilleure sera devenue une réalité.

Jean Vila

Eloge funèbre de Henri Boyer, prononcé par Jean Vila, maire PCF de Cabestany, ancien député, le 3 décembre 2016 au crematorium de Perpignan.

 

"Mesdames, Messieurs,

 

C’est jeudi que j’ai appris avec une immense tristesse le décès d’Henri BOYER.

 

Depuis quelques jours, nous redoutions le pire, en nous accrochant à l’espoir d’un possible rétablissement. C’est une affection sincère et pure qui nous guidait.

 

Hélas ce dernier combat, Henri ne l’aura pas gagné, lui que l’on croyait indestructible, il avait gagné tellement de luttes, syndicales et politiques.

 

C’est toute une page de cette vie qu’il faudra tourner.

 

Et c’est un bien triste devoir que je me trouve appelé à remplir aujourd’hui, celui d’apporter l’hommage ému de tous ses amis et camarades, à l’un des nôtres que la maladie vient d’enlever à l’affection des siens et de tous ses amis à l’âge de 87 ans.

 

Henri, un homme d’exception qui se faisait aimer de tous ceux qui l’approchaient.

 

Je faisais partie de ses amis, j’ai eu le privilège de partager avec lui une grande partie de sa vie de militant d’abord, syndicaliste, puis au sein du parti communiste, sa deuxième famille.

 

Mes premières rencontres avec Henri, il y a déjà fort longtemps, au lendemain de la guerre d’Algérie d’où j’arrivais.

 

Ouvrier aux Poupées Bella, nous avions engagé avec l’ensemble des salariés un long combat pour faire aboutir nos revendications. Pendant la grève aux portes de l’usine, quelques syndicalistes du département venaient nous soutenir, et bien sûr, Henri était de ceux-là, le plus fidèle. Une grève dure, de plus d’un mois, et pratiquement tous les jours, Henri n’était pas seulement présent, mais il savait trouver les mots pour nous encourager, nous aider, pour me dire : « Tu verras, la lutte arrive souvent à payer ». Et effectivement, grâce à la volonté des salariés et aux soutiens, comme celui d’Henri, nous avons gagné.

 

Et commençait pour moi le début d’une longue amitié.

 

Mon adhésion ensuite au Parti communiste devint évidente quand on a eu le privilège de connaître des militants comme Henri, tout dévoué à la cause de la justice humaine et au bien-être de tous.

 

Son rayonnement qu’il dégageait, une force de vaincre toutes les injustices et tout devenait possible.

 

Cette rencontre a été la première, mais ces cinquante dernières années nous ont permis de renforcer cette amitié. Les batailles électorales où Henri a été maintes fois candidat, aux cantonales, aux législatives, où il fut le suppléant du député André Tourné, à la mairie de Perpignan, élu conseiller municipal. C’est un livre qu’il faudrait pour raconter sa vie syndicale à la CGT et à notre parti. Je ne voudrais relater, en dehors de la lutte des Poupées Bella, que ce qui m’a le plus marqué.

 

Lors de la guerre du Vietnam, Vietnam envahi par les Américains, nous avons beaucoup manifesté, mais la toute première, Henri décide au tout début, "il faut organiser une marche place Cassanyes, devant la Préfecture". Nous nous sommes retrouvés à six ou sept, et deux gendarmes pour nous escorter et, que croyez-vous, Henri nous dit : "nous allons défiler" et sommes quelques-uns à aller à la Préfecture, escortés de 2 gendarmes. C’était Henri.

 

C’est aussi la fête du Travailleur Catalan au bocal du Tech, sur le terrain actuel, qui était un champ de choux quelques mois avant la fête.

 

Henri, cadre à l’EDF, décide, avec son équipe de camarades de l’entreprise, d’électrifier notre fête, les dimanches et jours de fête, le soir et, mission remplie, c’est toujours la même installation qu’il y a 40 ans.

 

Des élections, je ne vous parlerai que des Cantonales 1976, les candidats du parti remportent 8 sièges sur 24 et deviennent la première force politique du Conseil général. Avec le PS, nous sommes majoritaires, la présidence nous revient. Henri et un des dirigeants fédéral du Parti organiseront une rencontre avec nos alliés pour déterminer les responsabilités au sein du Conseil général. Tout se passe pour le mieux.

 

Et nous fêtons cette première victoire chez Henri.

 

Le lendemain, en séance pour élire le Président qui devait être André Tourné, une partie des élus du PS nous font défaut et permettent l’élection d’un Président de droite.

 

Les trahisons ne datent pas d’aujourd’hui.

 

"De telles aventures forgent l’expérience", me disait Henri.

 

Mais heureusement, ensemble, nous en avons gagné beaucoup d’autres.

 

Henri termine sa carrière à EDF, à l’entreprise, et se voit confié la responsabilité du Centre de vacances de Matemale. Il ne manquait pas de rappeler, à chaque arrivée des vacanciers, le rôle qu’avait joué le Ministre PC à la libération, Marcel PAUL.

 

Après, la vraie retraite, pour se consacrer à sa nombreuse famille, ses enfants et petits-enfants.

 

Nos dernières rencontres étaient souvent à Intermarché où il faisait son marché, et ensemble nous refaisions le monde.

 

Henri nous a quittés, et seul son souvenir nous rappellera que c’était un homme qui aimait faire le bien autour de lui.

 

Cette bonté se manifestait par son esprit d’humanité, sa douceur, son indulgence. Il aimait soulager ses semblables et n’hésitait jamais à rendre service.

 

C’était un homme droit, juste et équitable. La droiture de son caractère était à la base de l’estime qu’on lui portait.

 

Une nature charmante qui le faisait aimer de tous ceux qui l’approchaient.

 

Nous ne pourrons oublier l’exemple qu’il nous a donné, par la droiture de sa vie, par le rayonnement qui émanait de lui.

 

Il a droit à l’hommage de notre reconnaissance.

 

Les êtres chers comme l’était Henri ne disparaissent jamais complètement tant que persiste leur souvenir.

 

Tous ceux qui l’ont connu conserveront fidèlement son souvenir.

 

Aujourd’hui, nous perdons un homme d’honneur et de probité.

 

Et je voudrais m'adresser à la famille, si cruellement touchée, qui l’a entouré jusqu’aux derniers instants, à son épouse Francine, à ses enfants, petits-enfants, les assurer de toute notre sympathie et leur présenter au nom de tous ses camarades de la fédération du PCF, de son journal le TC, de tous ses amis, l’assurance de nos condoléances les plus sincères.

 

Cette foule qui vous entoure, l’affliction qui marque tous les visages, vous montre que votre douleur est partagée.

 

Que ces quelques mots, malgré leur impuissance, servent à adoucir votre peine.

 

Que sa famille sache que Henri, durant toute sa vie, a creusé un sillon, a semé des graines pour une vie meilleure et qu’un jour, grâce à ses luttes, ces graines germeront et cette vie meilleure sera devenue une réalité."

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Hommage de Jacky Mallea à Henri Boyer

4 Octobre 2017 , Rédigé par Jacky Mallea Publié dans #Henri Boyer, #Famille Boyer, #Perpignan, #Pyrénées Orientales, #syndicalisme, #politique, #Communisme, #EDF, #électricité, #économie, #Catalogne, #CCAS

Eloge funèbre en hommage à Henri Boyer, prononcée par Jacky Mallea au crematorium de Perpignan, le 3 décembre 2016.

 

"Avec le départ d’Henri, c’est une vie militante qui s’éteint.

 

Sa vie professionnelle débute dans le privé. Entré à EDF, il va très vite faire partie des bâtisseurs. De la génération de Marcel Paul, ministre communiste de l’industrie, il va lutter pour les nationalisations des industries électrique et gazière. Il a donc connu la naissance d’EDF et de GDF. Ce combat avait une finalité, qui peut paraître incongrue aujourd’hui, celle de fournir à la nation, donc à tous, une énergie au meilleur coût, sans bénéfice.

 

Ceci acquis, il va y tenir beaucoup et au fil des décennies, il luttera sans cesse contre toutes les attaques. Retraité, il participera longtemps à toutes manifestations mettant en danger les acquis sociaux.

 

Aujourd’hui, ces dangers existent, car si Henri a fait partie des bâtisseurs, ce sont les casseurs qui œuvrent.

 

Son engagement politique l’a conduit, comme suppléant aux côtés d’André Tourné, député communiste. Il va se retrouver plusieurs fois candidat aux élections cantonales. Dans les années 80, il sera, au sein du groupe communiste, conseiller municipal à la mairie de Perpignan, où certains diront de lui qu’il était intransigeant dans ses prises de position, compagnon de route sur qui l’on pouvait compter. Une force tranquille qui dégageait une puissance égale à sa stature.

 

Militant progressiste, ayant le sens du partage, de la solidarité, du respect de l’autre, de la tolérance. Profondément humain, il a toujours lutté contre les idées rétrogrades, le racisme, la xénophobie.

 

Toujours à l’écoute, il ne supportait pas la misère et la souffrance. Toujours disponible pour aider les plus faibles, il exercera de nombreux mandats syndicaux au sein de la CGT. Son militantisme l’a conduit pendant de longues années, à la présidence de la CMCAS de Perpignan. Il fut également président de la commission d’activité régionale du Languedoc Roussillon, Midi Pyrénées.

 

Notre première rencontre a lieu fin des années 70, où nous nous retrouvons tous les deux, candidats au même poste, celui de directeur du centre de vacances CCAS de Matemale. C’est lui qui l’emportera et qui va implanter ce centre dans ce coin de notre département. Politiquement, en faisant découvrir tout ce que ces centres apportent au niveau économique et culturel. Sa direction sera un modèle en la matière. Etre près des travailleurs, en étant syndicaliste, tout en dirigeant. Les collègues en vacances repartaient avec une autre opinion de nos activités sociales. Il savait expliquer, convaincre, parque d’abord il y croyait fortement.

 

Henri était connu pour sa disponibilité, son intégrité, son honnêteté. Infatigable combattant des causes justes, il était apprécié par tous ses collègues, mais aussi par ses adversaires.

 

Supporter inconditionnel de l’USSAP, qu’il aura suivi jusqu’au bout, je me souviens des réunions syndicales qui avaient lieu le lundi. Un grand moment étaient consacré au dernier match, où là aussi ses commentaires étaient écoutés.

 

Compagnon de randonnées, lui qui avait plusieurs fois gravi les pentes de notre Canigou, il aura également prêté main forte à notre club de randos.

 

Mais je ne pouvais terminer sans dire que malgré cette vie militante, ses nombreuses activités et mandats, il a toujours été un père exemplaire, toujours présent pour son épouse, ses enfants et petits-enfants, surtout dans les coups durs.

 

Henri était de ceux qui pensaient d’abord aux autres, avant de penser à lui.

 

Adiu l’amic – y gracias"

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