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Impressons - Sarlat - Périgord Noir - Dordogne

Sarlat Périgord Noir Dordogne : textes, photos, vidéos, sons... Guillem Boyer

Retour sur l'info : vrai désaccord autour des fosses septiques

Article paru en août 2011 dans L'Essor Sarladais

Vincent Flaquière et Michel Cuvillon en 2011. En dessous, un extrait du Poil à gratter gratuit

Vincent Flaquière et Michel Cuvillon en 2011. En dessous, un extrait du Poil à gratter gratuit

Canton de Carlux : la redevance de la discorde

Michel Cuvillon dénonce les choix politiques de l’intercommunalité

 

“ Il faut dire la vérité aux citoyens. Ne pas les prendre pour des andouilles. ” Et puisque les élus et les délégués communautaires ne veulent pas le faire, il la dira la vérité, Michel Cuvillon ! “ Je maîtrise parfaitement la chose publique ”, annonce tout de go celui qui présente un CV d’ancien élu local, ancré à gauche, en Pays minier pendant vingt-cinq ans. Venu à l’action citoyenne après Mai 68, l’actuel habitant de Calviac est un passionné de la vie politique. Depuis son arrivée en Carluxais en 1997, il a continué d’observer ce qui se passait. Jusqu’au jour où la marmite a débordé, le lançant de nouveau dans l’action.

 

“ Je suis à la recherche de rien du tout ”, précise celui qui avoue ne pas se retrouver du tout dans le PS actuel. N’empêche qu’en envoyant régulièrement son Poil à gratter gratuit (PAGG) depuis un an et demi à 1 300 foyers du canton de Carlux, il va finir par être très connu. Plus, peut-être, que les “ pignoufs ” dont il soumet les actes à la critique acerbe de sa plume.

 

Fosses septiques.

Tout a commencé à Calviac. Le premier numéro du PAGG évoque un projet de boulangerie installée dans un local appartenant à la mairie. L’intérêt de la collectivité est bafoué, selon Michel Cuvillon. Les élus ne veulent rien entendre. “ Coup de bol, un problème financier a fait déraper le projet ”, annonce l’ancien professeur d’histoire-géo.

 

Mais déjà le Spanc pointe son nez. Service public de l’assainissement non collectif, il est l’objet principal des foudres du rédacteur du PAGG. “ La communauté de communes du Carluxais-Terre de Fénelon (3CTF) a créé un emploi pour le Spanc. Mais comment allait-on le financer ? Ces cornichons ont décidé de faire payer la redevance d’avance. C’est illégal ”, dénonce-t-il. Il décrit ses appels répétés à la raison auprès de la 3CTF depuis des mois. “ C’est la surdité complète ”, dit-il. L’ancien prof cite force références au droit expliquant le pourquoi du comment des erreurs de gestion accomplies par l’institution. “ Quelqu’un d’abusé a le droit de résister. Une redevance ce n’est pas une taxe ! La taxe c’est le fait du roi. Au contraire, la redevance sanctionne un service rendu précédemment.

 

” Résultat, il a déposé fin juillet un recours devant le tribunal administratif de Bordeaux pour faire annuler des délibérations* liées au Spanc. La réponse de la 3CTF est attendue “ dans les deux mois ”. Et d’affirmer que si le juge lui donne raison, “ les responsables du Spanc devront démissionner, car il y a bien des limites à l’irresponsabilité et à l’incompétence ”.

 

Incompétence. Le mot est lâché. “ Les collectivités territoriales ont un déficit de licenciés en droit ”, selon Michel Cuvillon. Le Sarladais, comme le reste du pays, perd à cet amoncellement de petites commu-nes et communautés de communes, aux moyens limités. “ Les gens compétents n’ont pas la parole. ” Les lois de décentralisation, votées au début des années 80, ont donné trop de pouvoirs à des gens non préparés. “ Comment voulez-vous que le maire d’une commune de 200 âmes, qui n’a pas l’expérience de la gestion d’une collectivité de 5 000 habitants, s’y retrouve, le jour où il est propulsé à la tête d’une telle structure ? ”, lance-t-il dans une référence à peine voilée à Vincent Flaquière, maire de Simeyrols et président de la 3CTF (lire ci contre).

 

“ Parce qu’on ne nous écoutait pas, nous avons monté une association de défense locale fin 2010. Nous sommes 70 adhérents ”, informe celui qui en est le président et qui assume seul la rédaction, l’impression et l’envoi du PAGG, quelques amis lui donnant tout de même toners d’imprimante et feuilles A4 de temps à autre.

 

Michel Cuvillon continuera de dénoncer : la construction “ d’un WC pour touristes à 130 000 euros ”, le centre aéré cantonal de Carsac à 100 000 euros par an... Il met ces sommes en parallèle de sombres réalités : par exemple il y a 329 demandeurs d’emploi (sur 5 200 habitants) dans le canton. “ Ici, la seule réponse, c’est le tourisme. Les jeunes sont obligés de partir pour trouver un travail. Les élus doivent être au service de la population d’ici et pas de celle d’ailleurs ! ”

 

Michel Cuvillon soutient l’idée d’une grande intercommunalité, le bassin de vie de Sarlat, qui serait selon lui à même de mener une politique locale ambitieuse, pour répondre aux besoins de la population locale, en terme d’emplois notamment. Loin des querelles de clocher communales et cantonales.

 

Guillem Boyer

* Délibérations votées par le conseil communautaire de la 3CTF en avril et juin.

“ Il ne propose jamais de solutions ! ”

Vincent Flaquière défend les actions de la communauté de communes

 

Le président de la communauté de communes (CC) du Carluxais-Terre de Fénelon (3CTF), Vincent Flaquière, a rencontré pour la première fois Michel Cuvillon début 2010. “ Nous avons eu deux heures d’une discussion qui fut parfois virile. Je lui ai proposé de faire des suggestions aux élus. Quelques jours après, il envoyait aux habitants son premier numéro du Poil à gratter, dans lequel il m’attaquait. ” Cela n’a pas plu au professeur des écoles à la retraite, maire de Simeyrols depuis 2001. Il faillit porter plainte... Depuis, il ne veut plus avoir de relations avec celui qu’il considère comme “ un malade. Il a la nostalgie de son passé d’élu. Mais il ne propose jamais de solutions ! ”

Sur le paiement anticipé de la redevance du Service public d’assainissement non collectif (Spanc), Vincent Flaquière s’explique.“ Un technicien de la 3CTF a en charge les contrôles des installations. Nous avons commencé par envoyer des factures après les contrôles, mais nous avions beaucoup d’impayés. Cela nous a conduit à opter pour un fractionnement anticipé de la redevance. C’est la solution qui nous apparaît la plus cohérente. ” Et il ajoute : “ Il n’y a pas une communauté de communes de la région ayant un Spanc en gestion qui n’utilise le paiement anticipé de la redevance. Michel Cuvillon va-t-il toutes les attaquer ? ” Vincent Flaquière souligne aussi que le projet de Spanc de la 3CTF a été accepté par la préfecture.

Emploi. Face au recours déposé par Michel Cuvillon au tribunal administratif, le président de la 3CTF ne se défile pas : “ Nous allons rédiger un mémoire présentant le fonctionnement de notre Spanc. Et si le tribunal annule finalement les délibérations que nous avons prises, les conséquences seront peut-être étonnantes. Que ferons-nous à la place ? ” En ce qui concerne le projet de halte nautique à Saint-Julien-de-Lampon, ce que Michel Cuvillon appelle le WC à 130 000 euros, “ l’Etat nous avait demandé depuis plusieurs années de le mettre en place. Le projet coûtera 110 000 euros et sera subventionné à 78 %. ”

Vincent Flaquière se sent aussi investi d’une mission en terme d’emploi. Il rejette les accusations du président de l’association de défense locale qui affirme que les élus “ bricolent ”. “ Notre économie locale, c’est principalement le tourisme, car l’agriculture a presque disparu. Il faut soutenir ce secteur. ”

Le rédacteur du Poil à gratter propose que les communes du canton rejoignent le bassin de vie de Sarlat. Mais le maire de Simeyrols affirme que de nombreux élus locaux sont réticents à aller avec la CC de Sarlat-Périgord Noir, notamment pour des questions financières. “ Le projet de piscine couverte va plomber les finances ”, prévoit-il. La 3CTF fusionnera en 2013 avec la communauté de communes du Salignacois.< Evidemment, c’est une erreur... selon Michel Cuvillon.

Guillem Boyer

La communauté de communes du Carluxais Terre de Fénelon

Créée en 2000, elle a fusionné en 2003 avec la communauté de communes Pays de Fénelon. Elle a accueilli au 1er janvier 2011 la commune de Carsac-Aillac. Elle compte 5 341 habitants, répartis dans 11 communes, et regroupe toutes celles du canton de Carlux.

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